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Libre opinion: Ne s'improvise pas nutritionniste qui veut

17 novembre 2003 
Nous assistons depuis quelque temps à une vague de désinformation au sujet de la nutrition provenant de pseudo-spécialistes qui tentent de renverser les recommandations nationales en la matière, plus particulièrement en ce qui concerne l'obésité et ses causes. Les motivations de ces spécialistes improvisés sont, de notre point de vue, plus que discutables, puisque ceux-ci semblent parfois motivés par des considérations relevant plus du marketing que de la science.

Bombardé de toutes parts d'informations souvent contradictoires, le public risque de ne pas toujours s'y retrouver lorsque vient le temps d'adopter ou de modifier certaines habitudes alimentaires. C'est pourquoi l'Ordre professionnel des diététistes du Québec voit dans le questionnement soulevé récemment sur l'obésité et ses causes, une occasion de faire passer un message d'intérêt public en matière de nutrition et d'expliquer les règles qui encadrent la pratique des diététistes/nutritionnistes.

Des énoncés préjudiciables à la santé

D'aussi loin que l'on se souvienne, l'importance de la nutrition dans le maintien de la santé n'a jamais fait autant l'unanimité. L'intérêt du public pour de l'information de qualité sur l'alimentation n'a jamais été aussi présent. Toutefois, la quantité des sources d'information à notre disposition n'est pas forcément un gage de qualité, encore moins de rigueur scientifique. Certains conseils peuvent s'avérer douteux, voire préjudiciables au maintien d'une bonne santé.

C'est le cas pour certains propos énoncés — quoique commercialisés serait peut-être un terme plus approprié — à l'égard du lien entre l'alimentation de la femme enceinte, l'obésité chez l'enfant et le concept de l'index glycémique. L'Ordre tient à relativiser l'importance des affirmations concernant le concept de l'index glycémique, utilisé à des fins de prévention de l'obésité, puisqu'elles n'ont pas été confirmées par des recherches scientifiques reconnues.

Les besoins nutritionnels particuliers durant la période de la grossesse et pendant l'enfance, et la façon d'y pourvoir, sont garants d'une bonne santé à long terme. Les diététistes/nutritionnistes le savent bien puisqu'ils interviennent en cas de grossesse normale ou à risque dans le but précis de favoriser un développement optimal pour la future mère et le foetus, assurant ainsi au bébé un poids normal à la naissance. L'exclusion d'un aliment de base qui regorge d'éléments nutritifs, tel que le lait, pourrait entraîner certaines conséquences de malnutrition maternelle et, ultimement, des répercussions importantes sur la santé du bébé à naître.

Les autodidactes

Quiconque le désire peut s'intéresser à l'alimentation, aux recherches en cours, aux articles publiés dans les médias, à la chimie alimentaire, etc. Cet intérêt de la part du public accroît la popularité du domaine de la nutrition et contribue à nous rendre tous plus responsables de notre santé et de celle de nos proches. Cependant, il arrive que cet intérêt amène des autodidactes à s'improviser spécialistes sur la place publique sans posséder les connaissances scientifiques nécessaires pour conseiller les consommateurs adéquatement.

Certains vont même jusqu'à reprocher aux diététistes/nutritionnistes de pratiquer la «pensée unique» et d'être des adeptes du «consensus» alors qu'il est connu qu'au Québec, le diététiste/nutritionniste doit respecter les règles déontologiques de sa profession et s'assurer que les actes qu'il effectue sont conformes aux normes professionnelles et aux données actuelles de la science. Peu importe son lieu d'activité — centre hospitalier, clinique privée, industrie alimentaire ou autre —, il doit tenir compte de l'ensemble des conséquences que peuvent avoir ses recherches, ses travaux et ses interventions sur la santé publique. Son code de déontologie à ce sujet est très clair et lui rappelle ses devoirs et ses obligations envers le public, ses clients, ses patients et ses pairs.

Conséquemment, les diététistes/nutritionnistes doivent s'abstenir de commercialiser en leur nom propre des produits, ce qui n'est pas le cas de certains autodidactes, comme M. Montignac, qui s'activent en ce moment à essayer de déboulonner des vérités scientifiques, tout en faisant une habile mise en marché de leurs produits alimentaires et de leurs livres au passage.

L'apport important des diététistes/nutritionnistes est légalement reconnu par le Code des professions du Québec. En effet, le législateur québécois a, lors de la récente réforme des professions de la santé, confirmé que le champ de compétence des diététistes tait d'évaluer l'état nutritionnel d'une personne, de déterminer et d'assurer la mise en oeuvre d'une stratégie d'intervention visant à adapter l'alimentation en fonction des besoins pour maintenir ou rétablir la santé.

De plus, dans les cas précis où la nutrition fait partie intégrante du traitement médical d'une personne et fait l'objet d'une ordonnance individuelle, seule un diététiste/nutritionniste peut accomplir les activités réservées qui consistent à déterminer le plan de traitement nutritionnel, y compris la voie d'alimentation appropriée, lorsqu'une ordonnance individuelle indique que la nutrition constitue un facteur déterminant du traitement de la maladie ainsi que de surveiller l'état nutritionnel des personnes dont le plan de traitement nutritionnel a été déterminé.

L'Ordre professionnel des diététistes du Québec contribue à l'amélioration de la santé de la population et des individus en favorisant, entre autres, l'accès à une information pertinente, rigoureuse et d'intérêt public qui permet une prise de décision éclairée en matière d'alimentation. Voilà pourquoi l'Ordre contrôle l'exercice de la profession, le maintien et le développement de la compétence professionnelle de ses membres dans le but d'assurer la protection du public.






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