Les médecins se dissocient de Loft Story
Yves Lamontagne - Psychiatre et président du Collège des médecins du Québec
15 novembre 2003
Qu'une émission comme Loft Story soit une formule payante pour les médias et les commanditaires, il n'y a pas à en douter! Nous tenons cependant à nous dissocier entièrement d'une telle expérience en vertu de nos mandats respectifs, soit, dans le cas du Collège des médecins du Québec, la protection du public et l'encadrement de l'exercice des médecins québécois, et, dans le cas de l'Association des médecins psychiatres du Québec, la promotion du professionnalisme des psychiatres. Nous sommes particulièrement en désaccord avec l'utilisation d'opinions médicales à l'emporte-pièce comme éléments de controverse et de spectacle.
Le format même de l'émission nous inquiète. Nul ne peut prédire les effets que l'isolement des participants pourra avoir sur eux pendant la série et après. En recherche et en médecine, l'éthique exige que nous obtenions de nos patients un consentement libre et éclairé. Quand les lofteurs se sont engagés dans cette aventure, savaient-ils à quel point leurs moindres gestes seraient analysés par un psychiatre sur les ondes? Les a-t-on bien informés que leurs parents pourraient aussi être impliqués et faire l'objet de jugements en direct?
Depuis le début de l'émission, le Collège des médecins et l'Association des médecins psychiatres ont reçu, en provenance tant du grand public que de médecins, un nombre croissant de commentaires s'indignant des propos portés sur la santé mentale ou le comportement des participants et de leur famille. Les jugements portés sur des tiers, en particulier les parents, choquent ceux qui nous écrivent. Ces personnes dénoncent même le fait qu'un médecin, psychiatre de surcroît, participe à cette expérience discutable.
Tout comme ces personnes, le Collège des médecins du Québec, avec le soutien de l'Association des médecins psychiatres du Québec, déplore que, pour des raisons de spectacle et de cotes d'écoute et sous le manteau de la liberté d'expression, des médecins s'associent à de telles émissions qui ne sont pas sans risque pour les participants et affectent la crédibilité de la profession. À ce stade, nous privilégions la voie de la raison et du gros bon sens et exhortons nos membres à la prudence!
Le format même de l'émission nous inquiète. Nul ne peut prédire les effets que l'isolement des participants pourra avoir sur eux pendant la série et après. En recherche et en médecine, l'éthique exige que nous obtenions de nos patients un consentement libre et éclairé. Quand les lofteurs se sont engagés dans cette aventure, savaient-ils à quel point leurs moindres gestes seraient analysés par un psychiatre sur les ondes? Les a-t-on bien informés que leurs parents pourraient aussi être impliqués et faire l'objet de jugements en direct?
Depuis le début de l'émission, le Collège des médecins et l'Association des médecins psychiatres ont reçu, en provenance tant du grand public que de médecins, un nombre croissant de commentaires s'indignant des propos portés sur la santé mentale ou le comportement des participants et de leur famille. Les jugements portés sur des tiers, en particulier les parents, choquent ceux qui nous écrivent. Ces personnes dénoncent même le fait qu'un médecin, psychiatre de surcroît, participe à cette expérience discutable.
Tout comme ces personnes, le Collège des médecins du Québec, avec le soutien de l'Association des médecins psychiatres du Québec, déplore que, pour des raisons de spectacle et de cotes d'écoute et sous le manteau de la liberté d'expression, des médecins s'associent à de telles émissions qui ne sont pas sans risque pour les participants et affectent la crédibilité de la profession. À ce stade, nous privilégions la voie de la raison et du gros bon sens et exhortons nos membres à la prudence!
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