Départ de Jean Chrétien - Le despote éclairé
Au sortir de la Renaissance, le XVIIIe siècle a connu l'avènement d'une nouvelle espèce de souverains: les «despotes éclairés». Comme Pierre le Grand de Russie et Frédéric II de Prusse, notamment, leurs règnes se sont caractérisés par l'éloignement de l'Église du pouvoir étatique, le pragmatisme sans scrupules, le progrès social et économique ainsi que la défense de l'intégrité du territoire contre les nationalismes.
Le règne de Jean Chrétien entre dans cette catégorie, et plus particulièrement sa dernière année. Devant la montée des droites et de l'obscurantisme moral, Jean Chrétien aura fermement tenu la barre. Malgré la mesure authentiquement despotique qu'est la Loi sur la clarté référendaire, Jean Chrétien a quand même laissé un consensus social s'établir en matière d'avortement et limité la circulation des armes à feu tout en se prononçant à plusieurs reprises contre la peine de mort. Au cours de sa dernière année, il s'est nettement détaché des positions de droite en dénonçant, sur la scène internationale, la pauvreté et l'exploitation comme premières causes du terrorisme. Il a établi des ponts avec l'Afrique et favorisé le commerce des médicaments.
De plus, son refus de participer à l'odieuse guerre en Irak, la déjudiciarisation partielle de la possession de cannabis, sa résistance aux commerçants de produits du tabac et la défense de la Charte des droits et libertés sur la question des mariages gais sont autant de combats de haut niveau qui ont conservé au Canada son rôle actif dans la trop lente mais constante émergence d'une civilisation planétaire axée sur la tolérance, le partage et le respect des différences.
La solution de rechange au Canada étant l'Alliance canadienne, Jean Chrétien aura établi des bases solides de résistance au projet allianciste d'un immense satellite américain intégriste chrétien à l'image des plus arriérés des États du sud des États-Unis.
Mais qu'un politicien ne puisse révéler toute sa grandeur que lorsqu'il n'a plus rien à perdre devrait nous inciter à une profonde réflexion sur la démocratie occidentale.
Le règne de Jean Chrétien entre dans cette catégorie, et plus particulièrement sa dernière année. Devant la montée des droites et de l'obscurantisme moral, Jean Chrétien aura fermement tenu la barre. Malgré la mesure authentiquement despotique qu'est la Loi sur la clarté référendaire, Jean Chrétien a quand même laissé un consensus social s'établir en matière d'avortement et limité la circulation des armes à feu tout en se prononçant à plusieurs reprises contre la peine de mort. Au cours de sa dernière année, il s'est nettement détaché des positions de droite en dénonçant, sur la scène internationale, la pauvreté et l'exploitation comme premières causes du terrorisme. Il a établi des ponts avec l'Afrique et favorisé le commerce des médicaments.
De plus, son refus de participer à l'odieuse guerre en Irak, la déjudiciarisation partielle de la possession de cannabis, sa résistance aux commerçants de produits du tabac et la défense de la Charte des droits et libertés sur la question des mariages gais sont autant de combats de haut niveau qui ont conservé au Canada son rôle actif dans la trop lente mais constante émergence d'une civilisation planétaire axée sur la tolérance, le partage et le respect des différences.
La solution de rechange au Canada étant l'Alliance canadienne, Jean Chrétien aura établi des bases solides de résistance au projet allianciste d'un immense satellite américain intégriste chrétien à l'image des plus arriérés des États du sud des États-Unis.
Mais qu'un politicien ne puisse révéler toute sa grandeur que lorsqu'il n'a plus rien à perdre devrait nous inciter à une profonde réflexion sur la démocratie occidentale.
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