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Un attentat anti-italien fait 26 morts en Irak

13 novembre 2003 
Exprimant sa «profonde douleur pour les vies brisées par le terrorisme», le premier ministre Silvio Berlusconi a invité hier le Parlement italien à l’unité, affirmant que «s’il y a une journée où les polémiques doivent cesser, c’est aujou
Photo : Agence Reuters
Exprimant sa «profonde douleur pour les vies brisées par le terrorisme», le premier ministre Silvio Berlusconi a invité hier le Parlement italien à l’unité, affirmant que «s’il y a une journée où les polémiques doivent cesser, c’est aujou
Nasiriya — Un attentat visant pour la première fois le contingent italien en Irak a fait 26 morts et 79 blessés hier à Nasiriya (sud), à un moment où les États-Unis, confrontés aux lenteurs de la reconstruction, songent à accélérer le transfert du pouvoir aux Irakiens.

D'après un bilan provisoire, 16 militaires italiens, huit civils irakiens et deux civils italiens ont été tués dans cet attentat, l'un des plus sanglants contre les forces de la coalition. 20 Italiens, dont 19 militaires, ont été blessés, ainsi que 59 Irakiens.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a exclu le rappel, réclamé par l'opposition de gauche, des 2400 militaires italiens encore déployés en Irak. «Il était peut-être inévitable que les terroristes cherchent à s'acharner contre nos soldats tant aimés», a déclaré M. Berlusconi.

Le ministre italien de la Défense, Antonio Martino, devrait se rendre aujourd'hui à Nasiriya, selon le président de la commission de la Défense de la Chambre des députés, Luigi Ramponi.

L'attentat de Nasiriya a été vécu comme un drame national en Italie, qui rend hommage à ses morts mais commence à s'interroger sur le maintien de ses soldats en Irak.

Exprimant sa «profonde douleur pour les vies brisées par le terrorisme», Silvio Berlusconi a invité le Parlement à l'unité, affirmant que «s'il y a une journée où les polémiques doivent cesser, c'est aujourd'hui, c'est maintenant».

Massimo D'Alema, président des Démocrates de gauche (DS, ex-communistes), le principal parti d'opposition, a, dans sa réplique, immédiatement donné le ton du débat après les pertes les plus graves subies par les militaires italiens depuis la Seconde Guerre mondiale.

«Je ne crois pas qu'en ce moment d'horreur, un ordre de retrait [des troupes italiennes d'Irak] puisse arriver du Parlement. Ce ne serait ni raisonnable ni digne d'ouvrir une dispute maintenant», a-t-il dit, ajoutant toutefois que le «moment pour en parler viendra plus tard».

Les carabiniers sont traditionnellement très appréciés en Italie, présents dans chaque village ou bourg de la péninsule, aussi petit soit-il.

Toutes les communes d'Italie seront en deuil aujourd'hui, avec les drapeaux en berne, et les sportifs porteront un brassard noir lors des compétitions jusqu'à dimanche.

En dépit des affirmations de M. Berlusconi selon lesquelles le pays demeure «déterminé» à poursuivre sa mission en Irak et qu'«aucune intimidation» ne le fera changer d'avis, la majorité de l'opinion publique italienne est de longue date opposée à une intervention militaire dans ce pays. Une grande manifestation avait réuni trois millions de personnes à la mi-février à Rome pour protester, avant le conflit, contre une guerre en Irak.

À Washington, le président américain George W. Bush a salué la volonté du chef du gouvernement italien de «ne pas céder au terrorisme» après l'attentat.

Peu avant, il avait eu une réunion de travail avec l'administrateur américain en Irak, Paul Bremer, pour examiner, selon la Maison-Blanche, «les moyens d'accélérer nos efforts sur tous les fronts: celui de la sécurité, le front politique, la reconstruction et l'économie».

Les États-Unis veulent «accélérer le rythme de la réforme» politique en Irak, a confirmé le chef de la diplomatie américaine Colin Powell. «Nous examinons toutes sortes d'idées. Nous voulons accélérer le rythme de la réforme. Nous voulons accélérer notre travail pour que le gouvernement irakien repose sur une base légale», a-t-il dit à des journalistes.

M. Powell, tout comme M. Bremer, n'a pas donné de détails sur les initiatives envisagées par Washington. Mais Paul Bremer a clairement mis la pression sur le Conseil de gouvernement irakien pour qu'il présente d'ici le 15 décembre un calendrier pour une nouvelle Constitution et la tenue d'élections alors que les attaques contre la coalition ne cessent de croître. «La question à laquelle nous faisons face est de savoir comment le Conseil de gouvernement peut faire cela. Ils devront prendre leurs propres décisions à ce sujet», a-t-il dit.

D'après les médias américains, plusieurs scénarios sont à l'étude pour changer le Conseil de gouvernement irakien et le calendrier de remise du pouvoir. Des élections sous quatre à six mois seraient envisagées, de même qu'un président irakien et une Constitution intérimaires.

À Londres, le chef de la diplomatie britannique Jack Straw a confirmé à la BBC que Washington entend désormais «remettre le pouvoir au peuple irakien le plus rapidement possible». «Il se pourrait bien que cela ait lieu plus rapidement que prévu», a-t-il dit.

L'attaque contre le contingent italien a eu lieu vers 8h locales à Nasiriya (375 kilomètres au sud de Bagdad) à l'aide d'un «camion-citerne piégé» à bord duquel se trouvaient deux personnes, a indiqué à l'AFP un officier de policier irakien.

L'attentat, qui a fortement endommagé un bâtiment de la base, marque une extension de la violence au sud de l'Irak, jusqu'à présent relativement épargné.

Selon le ministre italien de la Défense, Antonio Martino, l'attaque a été «planifiée et réalisée» par les fedayins de Saddam Hussein, la milice dévouée à l'ex-président irakien.

À Bagdad, une série d'explosions a retenti la nuit dernière tandis que l'armée américaine annonçait avoir procédé à deux opérations dans la capitale durant lesquelles deux combattants présumés ont été tués et trois blessés.

L'armée américaine a aussi annoncé la mort mardi de deux soldats américains dans des attaques à Bagdad et au nord de la capitale. Depuis le 1er mai, 156 militaires américains ont été tués au combat en Irak.

À Falloujah (50 kilomètres à l'ouest de Bagdad), cinq civils irakiens ont été tués et quatre blessés lorsque des militaires américains ont ouvert le feu contre un camion à l'entrée de cette ville.

Des messages de condoléances et de solidarité ont afflué du monde entier après l'attentat anti-italien.

L'Espagne, qui a envoyé 1250 hommes en Irak et a déjà perdu trois soldats sur le terrain, a fait savoir que sa volonté de maintenir des troupes restait «intacte». Le Portugal a confirmé le départ hier soir d'un contingent de 128 gendarmes, dont quatre femmes, précisément vers Nasiriya, un départ déjà maintes fois reporté. Le Japon est lui aussi toujours décidé à envoyer des soldats en Irak d'ici la fin de l'année.

La France a réclamé un «transfert sans délai» de la souveraineté aux Irakiens. Dans une déclaration conjointe, le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre indien Atal Behari Vajpayee ont plaidé pour «la restauration rapide de la souveraineté de l'Irak» sous l'égide de l'ONU.
Exprimant sa «profonde douleur pour les vies brisées par le terrorisme», le premier ministre Silvio Berlusconi a invité hier le Parlement italien à l’unité, affirmant que «s’il y a une journée où les polémiques doivent cesser, c’est aujou Selon le ministre italien de la Défense, Antonio Martino, l’attaque a été «planifiée et réalisée» par les fedayins de Saddam Hussein, la milice dévouée à l’ex-président irakien.
 






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