Bush dans l'urgence
Serge Truffaut
5 novembre 2003
Au lendemain du coup le plus rude que la résistance irakienne ait infligé à l'armée américaine, le Congrès a voté le plan financier conçu par la Maison-Blanche pour reconstruire l'Irak. Des 87 milliards alloués à cette opération, les deux tiers seront consacrés au militaire, la différence sera accordée aux travaux publics mais surtout à la constitution d'une force policière dont on attend une implication rapide et prononcée dans tout ce qui a trait à la sécurisation du pays.
Dans l'enceinte du Congrès, la qualification des sommes décidées par le président Bush donnait lieu à un débat particulièrement vif à la suite du dépôt d'un amendement confectionné par les démocrates. Ceux-ci souhaitaient que les sommes en question soient considérées comme des prêts alors que les républicains voulaient qu'elles soient désignées comme des dons. Ces derniers ont remporté la partie.
De prime abord, on pourrait estimer que la scène jouée au Congrès a donné lieu à un changement de rôles. Que des républicains veuillent donner et non prêter... Ce paradoxe n'en est qu'un d'apparence ainsi que le démontre la divergence d'appréciation financière du dossier irakien qui oppose les comptables de Bush à ceux de la Banque mondiale. Prenons, par exemple, la remise à niveau du réseau électrique. Selon la Banque, près de six milliards sur deux ans seraient nécessaires. La Maison-Blanche en a décidé autrement en doublant le montant, et ce, sur un an.
On pourrait citer d'autres exemples qui montrent que bien des acteurs du cas irakien sont avares là où les hommes de Bush sont prolixes. Tout cela veut dire ou plutôt éclaire combien l'administration Bush entend accélérer le processus de reconstruction en caressant l'espoir que la situation se conjugue l'an prochain, année électorale, avec apaisement et non avec enlisement. Le calcul, évidemment, est politique. Les récents sondages laissant présager une défaite de Bush lors de l'élection de novembre à moins d'un revirement de la situation irakienne, l'actuelle administration compose avec le changement, le mouvement. À cet égard, on retiendra les propos tenus il y a deux jours à peine par l'administrateur en chef Paul Bremer à l'effet que le transfert du pouvoir aux Irakiens «serait accéléré».
Le calcul est politique mais également économique. Le pari de Bush est, grosso modo, le suivant: en donnant un grand coup financier dans un laps de temps réduit, on devrait être en mesure de sécuriser le pays et d'éviter l'écueil qui pointe à l'horizon. Lequel? Pour faire tourner la machine militaire en place actuellement, il faudra constituer deux nouvelles divisions pour faire face à la rotation des troupes moyennant un déboursé supplémentaire de cinq milliards par année.
L'administration Bush est désormais dans le temps de l'urgence.
Dans l'enceinte du Congrès, la qualification des sommes décidées par le président Bush donnait lieu à un débat particulièrement vif à la suite du dépôt d'un amendement confectionné par les démocrates. Ceux-ci souhaitaient que les sommes en question soient considérées comme des prêts alors que les républicains voulaient qu'elles soient désignées comme des dons. Ces derniers ont remporté la partie.
De prime abord, on pourrait estimer que la scène jouée au Congrès a donné lieu à un changement de rôles. Que des républicains veuillent donner et non prêter... Ce paradoxe n'en est qu'un d'apparence ainsi que le démontre la divergence d'appréciation financière du dossier irakien qui oppose les comptables de Bush à ceux de la Banque mondiale. Prenons, par exemple, la remise à niveau du réseau électrique. Selon la Banque, près de six milliards sur deux ans seraient nécessaires. La Maison-Blanche en a décidé autrement en doublant le montant, et ce, sur un an.
On pourrait citer d'autres exemples qui montrent que bien des acteurs du cas irakien sont avares là où les hommes de Bush sont prolixes. Tout cela veut dire ou plutôt éclaire combien l'administration Bush entend accélérer le processus de reconstruction en caressant l'espoir que la situation se conjugue l'an prochain, année électorale, avec apaisement et non avec enlisement. Le calcul, évidemment, est politique. Les récents sondages laissant présager une défaite de Bush lors de l'élection de novembre à moins d'un revirement de la situation irakienne, l'actuelle administration compose avec le changement, le mouvement. À cet égard, on retiendra les propos tenus il y a deux jours à peine par l'administrateur en chef Paul Bremer à l'effet que le transfert du pouvoir aux Irakiens «serait accéléré».
Le calcul est politique mais également économique. Le pari de Bush est, grosso modo, le suivant: en donnant un grand coup financier dans un laps de temps réduit, on devrait être en mesure de sécuriser le pays et d'éviter l'écueil qui pointe à l'horizon. Lequel? Pour faire tourner la machine militaire en place actuellement, il faudra constituer deux nouvelles divisions pour faire face à la rotation des troupes moyennant un déboursé supplémentaire de cinq milliards par année.
L'administration Bush est désormais dans le temps de l'urgence.
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