Mégahôpitaux: Mulroney et Johnson à la rescousse
Photo : Jacques Nadeau
Une atmosphère très détendue régnait hier lors de l’annonce de la nomination de Daniel Johnson et de Brian Mulroney à la tête de la commission d’analyse des projets d’hôpitaux universitaires. À l’arrière-plan, le ministre de la Santé, P
Les ex-premiers ministres du Canada, Brian Mulroney, et du Québec, Daniel Johnson, auront quatre mois pour décider si les projets revus et corrigés des deux hôpitaux universitaires de Montréal peuvent répondre aux nouvelles exigences posées par le gouvernement libéral.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a déclaré hier que la nomination de ces deux hommes de calibre aux commandes de la commission d'analyse des projets témoignait du «sérieux» de son gouvernement à l'égard de ces deux projets d'envergure. «C'est un signal que le gouvernement est sérieux face à ce projet. Notre lit est fait. Quant à moi, l'engagement de deux milliards, c'est une affaire passée», a déclaré hier le premier ministre.
Si le gouvernement a retenu les services de ces deux ténors de la politique, a indiqué M. Charest, c'est en raison de leur grande expérience de l'administration publique, de «leur connaissance intime du Québec», ainsi que de celle des milieux privés.
L'ex-premier ministre canadien, Brian Mulroney, notamment recruté pour ses qualités de médiateur, n'a toutefois pas caché que de récentes expériences vécues dans le milieu hospitalier montréalais l'avaient convaincu de la nécessité et de l'urgence d'améliorer le réseau de la santé. «Les médecins, les infirmières, l'équipe hospitalière sont formidables. Mais je trouve que notre réseau est dans un état lamentable. Et ça mérite une infusion de capital rapidement. On se compare de moins en moins favorablement avec nos amis en Ontario et ailleurs», a affirmé l'ancien premier ministre conservateur.
Quant à l'ex-premier ministre libéral, Daniel Johnson, il a indiqué que son implication s'inscrivait en droite ligne avec l'appui que son gouvernement a apporté, en 1994, au projet amorcé par l'Université McGill. «J'avais étudié le projet de McGill et j'avais indiqué le soutien de mon gouvernement pour ce type de projet», a dit ce dernier.
MM. Johnson et Mulroney auront jusqu'au 27 février 2004 pour analyser si les nouvelles propositions que déposeront le CHUM et le CUSM, le 15 décembre prochain, concordent avec les nouvelles balises imposées par le gouvernement Charest et son ministre de la Santé, Philippe Couillard. Les émoluments des deux ex-politiciens, dont le rapport devra mener à une décision finale du gouvernement au printemps 2004, atteindront 1100 $ par jour.
Les deux commissaires devront s'assurer que les coûts d'immobilisations des projets déposés par le CHUM et le CUSM n'excéderont pas 800 millions chacun, et qu'au moins 200 millions seront récoltés auprès de partenaires privés.
Chaque projet devra garantir, à même ce budget, le maintien d'un hôpital de soins généraux au centre-ville, et proposer des solutions de rechange pour l'usage des bâtiments résiduels.
Le CHUM et le CUSM, qui avaient prévu ériger leurs nouveaux centres universitaires sur le site Saint-Denis/Rosemont, dans le premier cas, et sur les terrains de la Cour de triage Glen, dans le second cas, devront cette fois proposer d'autres sites à Québec.
«Ils devront nous présenter une hypothèse alternative. Il faut qu'il y ait un second choix pour le site», a confirmé hier Marcel Villeneuve, l'ex-directeur général de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal, qui sera le secrétaire de la Commission.
On se souviendra que le gouvernement du Parti québécois avait déjà donné son aval au projet de sites uniques dès 2000, mais avait sans cesse repoussé depuis trois ans les décisions devant mener à la construction. À leur arrivée au pouvoir, les libéraux se sont engagés à créer deux centres universitaires, mais dans un cadre budgétaire réduit.
Même si des millions ont déjà été dépensés pour analyser, scruter et même ébaucher les projets antérieurs, le premier ministre Charest affirme que la création de cette nouvelle commission s'impose, compte tenu des questions laissées en plan par le gouvernement précédent.
«Ce qui nous apparaît évident, c'est que des aspects fondamentaux avaient été laissés de côté. Les projets doivent s'inscrire dans une logique de services de base [dans la région] et dans une dimension des budgets d'opération», a-t-il dit.
Le premier ministre Charest s'est dit particulièrement préoccupé par l'atteinte d'une plus grande complémentarité entre les deux universités, la contribution des deux projets au développement de la recherche médicale au Québec, et par leur impact sur la trame urbaine.
Chose certaine, les deux centres universitaires auront peu de temps pour refaire leurs devoirs. Les nouveaux projets devront être présentés d'ici au 15 décembre au plus tard.
Sites à réévaluer
Le directeur général du CHUM, le Dr Denis Roy, heureux de ces nominations, n'a pas caché que son hôpital devrait réétudier sérieusement des sites autres que le site Saint-Denis, qui avait été retenu par le gouvernement précédent. «Nous avons des sites alternatifs. Nous choisirons le site qui permettra de faire le mieux notre mission. Le site Saint-Denis était immense», a-t-il dit, laissant entendre que ce lieu devra être approprié pour recevoir un projet ramené à des proportions plus modestes. À l'époque, trois sites, dont celui du Faubourg Québec dans le Vieux-Montréal, avaient été envisagés pour construire le CHUM.
Quant à la nécessaire complémentarité exigée des deux centres universitaires par le gouvernement Charest, le Dr Roy l'estime réalisable, puisque de nombreux services, comme les soins aux grands brûlés et la transplantation pulmonaire, n'existent déjà que dans un seul des deux réseaux universitaires. «Il faut avoir si on peut aller plus loin», a-t-il dit, donnant en exemple la chirurgie de la reconstruction de la main, pour laquelle le CUSM détient une expertise indéniable.
Du côté du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), on juge encore le projet Glen réalisable. «Je suis très enthousiaste et rassuré. Nous ne pensons pas avoir à changer nos plans. Pour nous, il n'y a pas d'alternative plus valable que Glen», a-t-il dit. Au départ, pas moins de huit sites avaient été envisagés, dont le site de l'hippodrome.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a déclaré hier que la nomination de ces deux hommes de calibre aux commandes de la commission d'analyse des projets témoignait du «sérieux» de son gouvernement à l'égard de ces deux projets d'envergure. «C'est un signal que le gouvernement est sérieux face à ce projet. Notre lit est fait. Quant à moi, l'engagement de deux milliards, c'est une affaire passée», a déclaré hier le premier ministre.
Si le gouvernement a retenu les services de ces deux ténors de la politique, a indiqué M. Charest, c'est en raison de leur grande expérience de l'administration publique, de «leur connaissance intime du Québec», ainsi que de celle des milieux privés.
L'ex-premier ministre canadien, Brian Mulroney, notamment recruté pour ses qualités de médiateur, n'a toutefois pas caché que de récentes expériences vécues dans le milieu hospitalier montréalais l'avaient convaincu de la nécessité et de l'urgence d'améliorer le réseau de la santé. «Les médecins, les infirmières, l'équipe hospitalière sont formidables. Mais je trouve que notre réseau est dans un état lamentable. Et ça mérite une infusion de capital rapidement. On se compare de moins en moins favorablement avec nos amis en Ontario et ailleurs», a affirmé l'ancien premier ministre conservateur.
Quant à l'ex-premier ministre libéral, Daniel Johnson, il a indiqué que son implication s'inscrivait en droite ligne avec l'appui que son gouvernement a apporté, en 1994, au projet amorcé par l'Université McGill. «J'avais étudié le projet de McGill et j'avais indiqué le soutien de mon gouvernement pour ce type de projet», a dit ce dernier.
MM. Johnson et Mulroney auront jusqu'au 27 février 2004 pour analyser si les nouvelles propositions que déposeront le CHUM et le CUSM, le 15 décembre prochain, concordent avec les nouvelles balises imposées par le gouvernement Charest et son ministre de la Santé, Philippe Couillard. Les émoluments des deux ex-politiciens, dont le rapport devra mener à une décision finale du gouvernement au printemps 2004, atteindront 1100 $ par jour.
Les deux commissaires devront s'assurer que les coûts d'immobilisations des projets déposés par le CHUM et le CUSM n'excéderont pas 800 millions chacun, et qu'au moins 200 millions seront récoltés auprès de partenaires privés.
Chaque projet devra garantir, à même ce budget, le maintien d'un hôpital de soins généraux au centre-ville, et proposer des solutions de rechange pour l'usage des bâtiments résiduels.
Le CHUM et le CUSM, qui avaient prévu ériger leurs nouveaux centres universitaires sur le site Saint-Denis/Rosemont, dans le premier cas, et sur les terrains de la Cour de triage Glen, dans le second cas, devront cette fois proposer d'autres sites à Québec.
«Ils devront nous présenter une hypothèse alternative. Il faut qu'il y ait un second choix pour le site», a confirmé hier Marcel Villeneuve, l'ex-directeur général de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal, qui sera le secrétaire de la Commission.
On se souviendra que le gouvernement du Parti québécois avait déjà donné son aval au projet de sites uniques dès 2000, mais avait sans cesse repoussé depuis trois ans les décisions devant mener à la construction. À leur arrivée au pouvoir, les libéraux se sont engagés à créer deux centres universitaires, mais dans un cadre budgétaire réduit.
Même si des millions ont déjà été dépensés pour analyser, scruter et même ébaucher les projets antérieurs, le premier ministre Charest affirme que la création de cette nouvelle commission s'impose, compte tenu des questions laissées en plan par le gouvernement précédent.
«Ce qui nous apparaît évident, c'est que des aspects fondamentaux avaient été laissés de côté. Les projets doivent s'inscrire dans une logique de services de base [dans la région] et dans une dimension des budgets d'opération», a-t-il dit.
Le premier ministre Charest s'est dit particulièrement préoccupé par l'atteinte d'une plus grande complémentarité entre les deux universités, la contribution des deux projets au développement de la recherche médicale au Québec, et par leur impact sur la trame urbaine.
Chose certaine, les deux centres universitaires auront peu de temps pour refaire leurs devoirs. Les nouveaux projets devront être présentés d'ici au 15 décembre au plus tard.
Sites à réévaluer
Le directeur général du CHUM, le Dr Denis Roy, heureux de ces nominations, n'a pas caché que son hôpital devrait réétudier sérieusement des sites autres que le site Saint-Denis, qui avait été retenu par le gouvernement précédent. «Nous avons des sites alternatifs. Nous choisirons le site qui permettra de faire le mieux notre mission. Le site Saint-Denis était immense», a-t-il dit, laissant entendre que ce lieu devra être approprié pour recevoir un projet ramené à des proportions plus modestes. À l'époque, trois sites, dont celui du Faubourg Québec dans le Vieux-Montréal, avaient été envisagés pour construire le CHUM.
Quant à la nécessaire complémentarité exigée des deux centres universitaires par le gouvernement Charest, le Dr Roy l'estime réalisable, puisque de nombreux services, comme les soins aux grands brûlés et la transplantation pulmonaire, n'existent déjà que dans un seul des deux réseaux universitaires. «Il faut avoir si on peut aller plus loin», a-t-il dit, donnant en exemple la chirurgie de la reconstruction de la main, pour laquelle le CUSM détient une expertise indéniable.
Du côté du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), on juge encore le projet Glen réalisable. «Je suis très enthousiaste et rassuré. Nous ne pensons pas avoir à changer nos plans. Pour nous, il n'y a pas d'alternative plus valable que Glen», a-t-il dit. Au départ, pas moins de huit sites avaient été envisagés, dont le site de l'hippodrome.
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