Libre opinion: Un débat stérile sur le lait
Dr Carol Vachon - Consultant en nutrition
4 novembre 2003
Ex-chercheur universitaire d'expérience, j'analyse le dossier du lait sous toutes ses facettes depuis 15 ans et j'ai produit d'importants dossiers à ce sujet. Mais, depuis les prises de position de M. Montignac, nous assistons encore à un débat stérile entre, d'une part, nos autorités qui se montrent incapables d'aucun esprit critique envers le mauvais lait vendu en épicerie et, d'autre part, ses détracteurs qui aboutissent à la conclusion que l'humain n'est pas fait pour prendre du lait, une pratique datant pourtant de 10 000 ans. Par conséquent, j'accuse les autorités d'inconscience dans le dossier du lait.
On ne veut pas se rendre compte que le lait ordinaire est un véritable «cocktail suspect» mal toléré. Ce «produit» n'a rien à voir avec le «nectar divin» que nous ont légué nos ancêtres. Pourtant, on ne se gêne pas pour faire référence au lait d'autrefois pour auréoler le mauvais lait. Car le lait ordinaire vendu en épicerie a été pasteurisé, homogénéisé, écrémé, désodorisé, pompé durement à répétition.... et quoi d'autre.
On prétend spontanément que ce lait n'a pas perdu ses propriétés et vertus. C'est comme prétendre qu'une compote de pommes vaut une pomme fraîche. Je mets au défi quiconque de démontrer que le mauvais lait est de qualité acceptable et qu'en plus il vaut le bon lait nature, et de soutenir cela en débat direct et non derrière des déclarations sous forme de faux-fuyants tablant sur les habituels clichés sur le lait.
Le lait ordinaire est un usurpateur de la réputation du lait que nous ont légué nos ancêtres et la nature. Promouvoir la mauvaise qualité attise la critique comme le démontre si bien la controverse qui ne cesse de s'accroître au cours des ans. Des critiques comme celle de M. Montignac, il y en aura de plus en plus.
Je suis l'initiateur de la Coalition québécoise en faveur du fromage au lait cru en 1996 pour lutter contre le projet fédéral d'interdiction. Toutes les explications sur ce dossier sont fournies dans mon livre Pour l'amour du bon lait, publié l'an dernier. Mon analyse n'est pas une analyse naturiste à la va-vite. Par ma longue carrière de chercheur universitaire, je peux démontrer, entre autres à partir des nombreuses données sur l'ostéoporose, que le lait ordinaire est mauvais, mal toléré et n'a pas les effets santé qu'on s'acharne à lui trouver. Après la ménopause, la majorité des études montrent qu'il nuit aux os, même s'il conserve de bonnes valeurs nutritives.
J'ai présenté cette analyse devant les plus hautes autorités scientifiques. [...] On a conclu à la rigueur de mon analyse mais malheureusement on ne fait pas de vagues, selon un comportement que les sociologues appellent «l'accommodation des élites». Je favorise un retour au lait nature (cru) qui est légal dans la plupart des pays mais toujours interdit au Québec. Nous n'allons pas avancer dans le dossier du lait tant qu'on refusera d'y voir un problème de qualité.
Montignac affirme que le lait est la cause de l'obésité chez les enfants. Que se passe-t-il? Sa consommation n'a-t-elle pas baissé au Québec et au Canada depuis les 20 années qu'existent les statistiques sur le sujet, comme le démontre Statistique Canada? La source du problème est qu'on s'est mis à transformer lourdement le lait pour des considérations commerciales sans en vérifier les conséquences sur la santé des consommateurs. Pendant que les spécialistes de la nutrition restent obnubilés par sa richesse en calcium, de plus en plus de gens découvrent qu'ils tolèrent mal le lait «ordinaire»: allergies, raideurs musculaires, douleurs articulaires, troubles digestifs, hormonaux...
La critique fait rapidement des adeptes dont M. Montignac et le groupe de médecins américains PCRM (Physician Committee for Responsible Medicine) qui concluent que le lait n'est pas fait pour l'humain. Il y a une supercherie... bien involontaire. Dans leur manque d'esprit critique, les autorités font tellement valoir que le lait ordinaire est LE lait qu'ils entraînent même leurs détracteurs: ces derniers, voyant que LE lait occasionne tant de troubles de santé, déduisent qu'il n'est pas fait pour l'humain alors qu'il s'agit bêtement d'une question de fraîcheur. Montignac tombe dans le panneau et conclut que la consommation de lait est contre nature. [...]
Bien des producteurs laitiers se désolent du fait que le mauvais lait discrédite le fruit de leur travail, mais la société va dans le sens contraire. Aujourd'hui les gouvernements subventionnent la transformation des aliments parce qu'elle génère des emplois... Voilà, en partie, pourquoi on ne voit pas la question de la qualité du lait.
On ne veut pas se rendre compte que le lait ordinaire est un véritable «cocktail suspect» mal toléré. Ce «produit» n'a rien à voir avec le «nectar divin» que nous ont légué nos ancêtres. Pourtant, on ne se gêne pas pour faire référence au lait d'autrefois pour auréoler le mauvais lait. Car le lait ordinaire vendu en épicerie a été pasteurisé, homogénéisé, écrémé, désodorisé, pompé durement à répétition.... et quoi d'autre.
On prétend spontanément que ce lait n'a pas perdu ses propriétés et vertus. C'est comme prétendre qu'une compote de pommes vaut une pomme fraîche. Je mets au défi quiconque de démontrer que le mauvais lait est de qualité acceptable et qu'en plus il vaut le bon lait nature, et de soutenir cela en débat direct et non derrière des déclarations sous forme de faux-fuyants tablant sur les habituels clichés sur le lait.
Le lait ordinaire est un usurpateur de la réputation du lait que nous ont légué nos ancêtres et la nature. Promouvoir la mauvaise qualité attise la critique comme le démontre si bien la controverse qui ne cesse de s'accroître au cours des ans. Des critiques comme celle de M. Montignac, il y en aura de plus en plus.
Je suis l'initiateur de la Coalition québécoise en faveur du fromage au lait cru en 1996 pour lutter contre le projet fédéral d'interdiction. Toutes les explications sur ce dossier sont fournies dans mon livre Pour l'amour du bon lait, publié l'an dernier. Mon analyse n'est pas une analyse naturiste à la va-vite. Par ma longue carrière de chercheur universitaire, je peux démontrer, entre autres à partir des nombreuses données sur l'ostéoporose, que le lait ordinaire est mauvais, mal toléré et n'a pas les effets santé qu'on s'acharne à lui trouver. Après la ménopause, la majorité des études montrent qu'il nuit aux os, même s'il conserve de bonnes valeurs nutritives.
J'ai présenté cette analyse devant les plus hautes autorités scientifiques. [...] On a conclu à la rigueur de mon analyse mais malheureusement on ne fait pas de vagues, selon un comportement que les sociologues appellent «l'accommodation des élites». Je favorise un retour au lait nature (cru) qui est légal dans la plupart des pays mais toujours interdit au Québec. Nous n'allons pas avancer dans le dossier du lait tant qu'on refusera d'y voir un problème de qualité.
Montignac affirme que le lait est la cause de l'obésité chez les enfants. Que se passe-t-il? Sa consommation n'a-t-elle pas baissé au Québec et au Canada depuis les 20 années qu'existent les statistiques sur le sujet, comme le démontre Statistique Canada? La source du problème est qu'on s'est mis à transformer lourdement le lait pour des considérations commerciales sans en vérifier les conséquences sur la santé des consommateurs. Pendant que les spécialistes de la nutrition restent obnubilés par sa richesse en calcium, de plus en plus de gens découvrent qu'ils tolèrent mal le lait «ordinaire»: allergies, raideurs musculaires, douleurs articulaires, troubles digestifs, hormonaux...
La critique fait rapidement des adeptes dont M. Montignac et le groupe de médecins américains PCRM (Physician Committee for Responsible Medicine) qui concluent que le lait n'est pas fait pour l'humain. Il y a une supercherie... bien involontaire. Dans leur manque d'esprit critique, les autorités font tellement valoir que le lait ordinaire est LE lait qu'ils entraînent même leurs détracteurs: ces derniers, voyant que LE lait occasionne tant de troubles de santé, déduisent qu'il n'est pas fait pour l'humain alors qu'il s'agit bêtement d'une question de fraîcheur. Montignac tombe dans le panneau et conclut que la consommation de lait est contre nature. [...]
Bien des producteurs laitiers se désolent du fait que le mauvais lait discrédite le fruit de leur travail, mais la société va dans le sens contraire. Aujourd'hui les gouvernements subventionnent la transformation des aliments parce qu'elle génère des emplois... Voilà, en partie, pourquoi on ne voit pas la question de la qualité du lait.
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