Lettres: Témoignage sur Octobre 70
William Tetley justifie le recours à la Loi sur les mesures de guerre en octobre 1970 parce que ça chauffait au Québec (Le Devoir, 24 octobre 2003). Il note toutefois que «plusieurs parmi les 497 personnes arrêtées n'auraient pas dû l'être, mais au moins 238 d'entre elles ont porté plainte à l'ombudsman du Québec et 103 ont pu obtenir une compensation».
La Loi sur les mesures de guerre m'est tombée dessus le 16 octobre 1970. Réveillée à 4h le matin par des policiers en civil qui m'ont montré la photo d'une personne que je ne connaissais pas avant de fouiller l'appartement, en vain, j'ai ensuite eu la surprise de me faire jeter en prison sans savoir ce qu'on cherchait ni ce qu'on me reprochait. Heureusement, ce jour-là, mon bébé de 20 mois était avec son père, en visite chez mes parents à Québec.
Je suis restée en prison pendant neuf jours, incommunicado. J'ignorais ce qu'on allait faire de moi, combien de temps j'allais rester emprisonnée, et je ne pouvais téléphoner ni à un avocat ni à ma famille.
On m'a interrogée à deux reprises, puis remise en liberté sans aucune explication. La seule explication qui me vient à l'esprit pour cette histoire kafkaïenne, c'est qu'ayant participé à quelques manifestations contre la guerre au Vietnam en compagnie de mon mari vietnamien, quelqu'un, quelque part, en avait déduit que cela faisait de moi un dangereux personnage!
En ce qui concerne les compensations mentionnées par M. Tetley, tout ce que j'ai pu recevoir, c'est un remboursement pour mon salaire perdu (environ 200 $) et rien pour les souffrances morales subies par moi et mes proches.
Les Hells sont mieux traités que ça!
La Loi sur les mesures de guerre m'est tombée dessus le 16 octobre 1970. Réveillée à 4h le matin par des policiers en civil qui m'ont montré la photo d'une personne que je ne connaissais pas avant de fouiller l'appartement, en vain, j'ai ensuite eu la surprise de me faire jeter en prison sans savoir ce qu'on cherchait ni ce qu'on me reprochait. Heureusement, ce jour-là, mon bébé de 20 mois était avec son père, en visite chez mes parents à Québec.
Je suis restée en prison pendant neuf jours, incommunicado. J'ignorais ce qu'on allait faire de moi, combien de temps j'allais rester emprisonnée, et je ne pouvais téléphoner ni à un avocat ni à ma famille.
On m'a interrogée à deux reprises, puis remise en liberté sans aucune explication. La seule explication qui me vient à l'esprit pour cette histoire kafkaïenne, c'est qu'ayant participé à quelques manifestations contre la guerre au Vietnam en compagnie de mon mari vietnamien, quelqu'un, quelque part, en avait déduit que cela faisait de moi un dangereux personnage!
En ce qui concerne les compensations mentionnées par M. Tetley, tout ce que j'ai pu recevoir, c'est un remboursement pour mon salaire perdu (environ 200 $) et rien pour les souffrances morales subies par moi et mes proches.
Les Hells sont mieux traités que ça!
Haut de la page

