Quelle cause ?
Jean-Robert Sansfaçon
30 octobre 2003
L'arrestation mardi de sept individus, «miliciens» d'une «cellule combattante» proche du Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ), était prévisible. Les sept hommes, âgés entre 19 et 48 ans, ont été pris sur le fait au moment où ils barbouillaient de graffitis les murs de l'hôtel de ville de Baie-d'Urfé. Sur les lieux de l'arrestation, les policiers ont trouvé des engins explosifs non fonctionnels mais qui auraient pu l'être.
On se rappellera qu'il y a deux ans, Rhéal Mathieu, 53 ans, felquiste de la première heure (la vague la moins bien organisée du mouvement terroriste des années 60), avait été condamné à six mois de prison pour avoir tenté d'incendier des restaurants Second Cup. Fait aggravant, des armes à feu avaient été découvertes au domicile de Mathieu.
D'autres arrestations ont aussi eu lieu au cours des dernières années, dont certaines impliquaient des mineurs pris en flagrant délit de graffitis à la gloire du FLQ (mauvais jeu de lettres pour Front linguistique du Québec), autre appellation du MLNQ de Raymond Villeneuve, lui aussi membre de la première vague du Front de libération du Québec, au début des années 60.
Or il eût été surprenant que les forces policières ne fussent pas au courant des moindres faits et gestes de chacun des membres de ces groupuscules. Villeneuve fait le faraud et, à chacune de ses sorties publiques, il joue au chef historique qui comprend et approuve les gestes de ses militants sans rien savoir de plus. En réalité, il sert probablement de piège à mouches entre les mains des policiers qui le trouvent sans doute un peu collant mais bien commode pour attraper les pauvres naïfs qui rôdent autour de lui.
Il faut reconnaître que le simplisme du discours du chef attire dans la névrose quelques adeptes bien intentionnés mais devenus progressivement disciples au service d'une cause. Il ne faut donc ménager aucun effort pour rappeler à ceux qui seraient tentés par l'aventure «révolutionnaire» qu'aucune nation démocratique n'est jamais parvenue, en temps de paix, à faire avancer la cause des siens par la violence et dans la haine de l'autre. Si le français a acquis ses lettres de noblesse dans toutes les sphères de la société québécoise, c'est grâce à la patiente lutte démocratique et à rien d'autre.
Un seul doigt dans l'engrenage de la violence et c'est tout le corps qui y passe à coup sûr. Rien ne sera jamais assez important pour justifier un tel recours. Les coups de gueule de quelques dinosaures comme cette vénérable mais si têtue représentante de Baie-d'Urfé, Anne Myles, ou comme le provocateur Brent Tyler ne peuvent rien contre la force tranquille de ce petit peuple francophone rompu à l'exercice exigeant d'une démocratie qui lui permet de vivre en paix, chez lui, avec les autres, dans sa langue.
On se rappellera qu'il y a deux ans, Rhéal Mathieu, 53 ans, felquiste de la première heure (la vague la moins bien organisée du mouvement terroriste des années 60), avait été condamné à six mois de prison pour avoir tenté d'incendier des restaurants Second Cup. Fait aggravant, des armes à feu avaient été découvertes au domicile de Mathieu.
D'autres arrestations ont aussi eu lieu au cours des dernières années, dont certaines impliquaient des mineurs pris en flagrant délit de graffitis à la gloire du FLQ (mauvais jeu de lettres pour Front linguistique du Québec), autre appellation du MLNQ de Raymond Villeneuve, lui aussi membre de la première vague du Front de libération du Québec, au début des années 60.
Or il eût été surprenant que les forces policières ne fussent pas au courant des moindres faits et gestes de chacun des membres de ces groupuscules. Villeneuve fait le faraud et, à chacune de ses sorties publiques, il joue au chef historique qui comprend et approuve les gestes de ses militants sans rien savoir de plus. En réalité, il sert probablement de piège à mouches entre les mains des policiers qui le trouvent sans doute un peu collant mais bien commode pour attraper les pauvres naïfs qui rôdent autour de lui.
Il faut reconnaître que le simplisme du discours du chef attire dans la névrose quelques adeptes bien intentionnés mais devenus progressivement disciples au service d'une cause. Il ne faut donc ménager aucun effort pour rappeler à ceux qui seraient tentés par l'aventure «révolutionnaire» qu'aucune nation démocratique n'est jamais parvenue, en temps de paix, à faire avancer la cause des siens par la violence et dans la haine de l'autre. Si le français a acquis ses lettres de noblesse dans toutes les sphères de la société québécoise, c'est grâce à la patiente lutte démocratique et à rien d'autre.
Un seul doigt dans l'engrenage de la violence et c'est tout le corps qui y passe à coup sûr. Rien ne sera jamais assez important pour justifier un tel recours. Les coups de gueule de quelques dinosaures comme cette vénérable mais si têtue représentante de Baie-d'Urfé, Anne Myles, ou comme le provocateur Brent Tyler ne peuvent rien contre la force tranquille de ce petit peuple francophone rompu à l'exercice exigeant d'une démocratie qui lui permet de vivre en paix, chez lui, avec les autres, dans sa langue.
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