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Lettres: L'absence de cohérence

Étienne Dubois-Roy - diplômé en éducation, Sherbrooke, le 20 octobre 2003  27 octobre 2003 
On lisait le 20 octobre dernier à la une du Devoir que «les universités s'attaquent au piètre français des enseignants». À la suite de la lecture de l'article, je crois plutôt que les universités s'attaquent aux futurs enseignants.

Le constat est le suivant: les étudiants en éducation ont une connaissance insuffisante du français. Le moyen avancé est le suivant: l'imposition d'un examen national uniforme à l'université comme condition obligatoire pour l'obtention du diplôme. Où se trouve la cohérence? Si un jeune éprouve des difficultés au niveau secondaire, lui impose-t-on un examen supplémentaire? Non. En fait, on lui propose plutôt davantage d'exercices, des périodes de rattrapage, etc. Pourquoi alors agir différemment avec la problématique du niveau de maîtrise du français chez les futurs enseignants?

Il existe un manque de cohérence majeur entre le constat et les solutions proposées. Les vraies solutions se trouvent évidemment dans le passé étudiant de ces futurs enseignants. Les critères de réussite pour les cours de français, autant au niveau secondaire qu'au niveau collégial, sont nettement insuffisants. Ils ne permettent pas à l'élève d'arriver à une connaissance convenable du français. Il existe également un manque de cohérence par rapport à l'examen uniforme du cégep. Pourquoi les futurs enseignants qui sont médiocres à plus de 40 % au niveau de la maîtrise du français (rapport Larose) ont-ils réussi, souvent sans problème, l'examen au collégial? Les critères de réussite sont-ils adéquats? Laissez-moi en douter...

En fait, la conséquence logique de l'imposition d'un nouvel examen de français sera certainement un taux moins élevé de diplômés. Ce ne sera certainement pas une élévation du niveau du français des futurs enseignants.

Si les universités et les professionnels de l'éducation s'entendent pour exiger une meilleure connaissance du français dans le cas des futurs enseignants, alors ils doivent assumer leur choix et prendre des mesures cohérentes. Cela n'exclut pas un examen national uniforme au niveau universitaire, mais ils ont pour le moment, implicitement, le devoir de fournir les outils nécessaires aux étudiants.
 
 
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