De la musique en ligne dès décembre
En lieu et place du traditionnel CD, plusieurs Québécois trouveront peut-être sous le sapin de Noël un certificat leur permettant d'acquérir légalement de la musique sur Internet. En effet, Le Devoir a appris que Quebecor lancera en décembre prochain son propre service de vente de musique en ligne. C'est ce qu'a confirmé hier Luc Lavoie, vice-président exécutif aux affaires commerciales et porte-parole de la société.
En décembre, Quebecor proposera aux amateurs de musique sa boutique de vente de musique numérisée. Conçu pour tenter de mettre un frein au piratage et enfin offrir un choix légal aux consommateurs québécois, ce nouveau service reprendra en grande partie la formule qui fait en ce moment le succès de la société Apple, aux États-Unis, un service uniquement réservé, pour des raisons de droits d'auteur, aux consommateurs américains, et de PureTracks.com, un service canadien récemment apparu sur la toile.
Discret, et ne voulant pas révéler en détail, «pour des raisons stratégiques », l'ampleur du catalogue qui sera proposé aux internautes, Luc Lavoie a cependant confirmé au Devoir que ce catalogue sera tout aussi important que ceux des services du canadien PureTracks.com et de l'américain iTunes Music Store d'Apple.
De plus, une place importante sera faite aux artistes québécois, ce qui n'est pas le cas avec iTunes. Quant au canadien Puretracks.com, bien qu'il fasse une place aux artistes québécois, il favorise beaucoup plus les vedettes de l'heure et les artistes canadian.
Les prix de Quebecor devraient êtres comparables à ceux des autres services, soit 99 ¢ pour une pièce musicale téléchargée ou environ 9,99 $ pour un album complet.
Solange Drouin, directrice générale et vice-présidente aux affaires publiques de l'ADISQ, «applaudit» à l'initiative de Quebecor et se réjouit de la prolifération des sites permettant d'acquérir légalement de la musique numérisée.
Cependant, elle demeure sceptique à l'égard de ces initiatives. «Doit-on voir les iTunes Music Store, PureTracks.com et la future boutique de Quebecor comme la solution à tous les maux qui affectent l'industrie du disque? Cela sera-t-il suffisant pour changer les habitudes des gens et limiter le piratage?» Citant une récente étude de la firme conseil Forrester, qui affirme que les services de vente de musique en ligne ne sauraient éliminer complètement le piratage, Madame Drouin émet elle-même des doutes, mais demeure ouvertement optimiste.
Toutefois, malgré cette initiative de Quebecor, pas question pour l'ADISQ de remettre en cause ses demandes aux fournisseurs d'accès Internet, comme Bell, Telus ou Vidéotron, de lui verser une redevance de 3 % de leurs profits. «Cela ne veut pas dire, parce que Quebecor, ou tout autre fournisseur d'accès, commence à vendre de la musique dans Internet, que nous cesserons nos demandes. Bien au contraire. Ce sont deux dossiers totalement différents.» Or, cette demande, Quebecor ne semble pas près d'y acquiescer.
«Nous sommes en total désaccord, affirme Luc Lavoie, avec les demandes de l'ADISQ. Nous croyons même qu'elles pourraient nuire à l'industrie elle-même en envoyant un signal aux consommateurs que, une fois payés les redevances sur les CD vierges et autres supports magnétiques et leurs frais d'accès mensuels à Internet, il est à toutes fins utiles légal de copier et d'échanger de la musique.» Bref, tout pour éviter le syndrome «j'ai payé mes redevances, donc je peux copier légalement».
Le stratège Internet Philippe Le Roux, de la firme conseil VDL2, qualifie de «fabuleuse» l'arrivée d'un joueur comme Quebecor. «Il était temps qu'un tel projet arrive au Québec, même si nous n'en savons pas beaucoup sur l'adéquation du projet par rapport aux grands enjeux.»
Cependant, dans l'optique de la stratégie de convergence de Quebecor, l'ouverture de cette première boutique en ligne a un caractère hautement stratégique. Et, en cela, Le Roux croit qu'elle aura des «retombées positives pour l'industrie locale». Tout en émettant certains bémols.
«Est-ce la meilleure chose qui puisse arriver aux artistes locaux?, s'interroge-t-il. Du point de vue des productions et des artistes indépendants, on constate encore une fois que c'est un major qui mènera le bal et qui deviendra LE joueur incontournable entre l'artiste et le producteur, d'un côté, et le consommateur, de l'autre côté.»
Toutefois, précise Philippe Le Roux, «avec l'immobilisme dont l'industrie locale fait preuve depuis des années, on ne pourra pas reprocher à Apple et à Quebecor d'occuper le terrain vide et d'occuper le monopole de fait».
En décembre, Quebecor proposera aux amateurs de musique sa boutique de vente de musique numérisée. Conçu pour tenter de mettre un frein au piratage et enfin offrir un choix légal aux consommateurs québécois, ce nouveau service reprendra en grande partie la formule qui fait en ce moment le succès de la société Apple, aux États-Unis, un service uniquement réservé, pour des raisons de droits d'auteur, aux consommateurs américains, et de PureTracks.com, un service canadien récemment apparu sur la toile.
Discret, et ne voulant pas révéler en détail, «pour des raisons stratégiques », l'ampleur du catalogue qui sera proposé aux internautes, Luc Lavoie a cependant confirmé au Devoir que ce catalogue sera tout aussi important que ceux des services du canadien PureTracks.com et de l'américain iTunes Music Store d'Apple.
De plus, une place importante sera faite aux artistes québécois, ce qui n'est pas le cas avec iTunes. Quant au canadien Puretracks.com, bien qu'il fasse une place aux artistes québécois, il favorise beaucoup plus les vedettes de l'heure et les artistes canadian.
Les prix de Quebecor devraient êtres comparables à ceux des autres services, soit 99 ¢ pour une pièce musicale téléchargée ou environ 9,99 $ pour un album complet.
Solange Drouin, directrice générale et vice-présidente aux affaires publiques de l'ADISQ, «applaudit» à l'initiative de Quebecor et se réjouit de la prolifération des sites permettant d'acquérir légalement de la musique numérisée.
Cependant, elle demeure sceptique à l'égard de ces initiatives. «Doit-on voir les iTunes Music Store, PureTracks.com et la future boutique de Quebecor comme la solution à tous les maux qui affectent l'industrie du disque? Cela sera-t-il suffisant pour changer les habitudes des gens et limiter le piratage?» Citant une récente étude de la firme conseil Forrester, qui affirme que les services de vente de musique en ligne ne sauraient éliminer complètement le piratage, Madame Drouin émet elle-même des doutes, mais demeure ouvertement optimiste.
Toutefois, malgré cette initiative de Quebecor, pas question pour l'ADISQ de remettre en cause ses demandes aux fournisseurs d'accès Internet, comme Bell, Telus ou Vidéotron, de lui verser une redevance de 3 % de leurs profits. «Cela ne veut pas dire, parce que Quebecor, ou tout autre fournisseur d'accès, commence à vendre de la musique dans Internet, que nous cesserons nos demandes. Bien au contraire. Ce sont deux dossiers totalement différents.» Or, cette demande, Quebecor ne semble pas près d'y acquiescer.
«Nous sommes en total désaccord, affirme Luc Lavoie, avec les demandes de l'ADISQ. Nous croyons même qu'elles pourraient nuire à l'industrie elle-même en envoyant un signal aux consommateurs que, une fois payés les redevances sur les CD vierges et autres supports magnétiques et leurs frais d'accès mensuels à Internet, il est à toutes fins utiles légal de copier et d'échanger de la musique.» Bref, tout pour éviter le syndrome «j'ai payé mes redevances, donc je peux copier légalement».
Le stratège Internet Philippe Le Roux, de la firme conseil VDL2, qualifie de «fabuleuse» l'arrivée d'un joueur comme Quebecor. «Il était temps qu'un tel projet arrive au Québec, même si nous n'en savons pas beaucoup sur l'adéquation du projet par rapport aux grands enjeux.»
Cependant, dans l'optique de la stratégie de convergence de Quebecor, l'ouverture de cette première boutique en ligne a un caractère hautement stratégique. Et, en cela, Le Roux croit qu'elle aura des «retombées positives pour l'industrie locale». Tout en émettant certains bémols.
«Est-ce la meilleure chose qui puisse arriver aux artistes locaux?, s'interroge-t-il. Du point de vue des productions et des artistes indépendants, on constate encore une fois que c'est un major qui mènera le bal et qui deviendra LE joueur incontournable entre l'artiste et le producteur, d'un côté, et le consommateur, de l'autre côté.»
Toutefois, précise Philippe Le Roux, «avec l'immobilisme dont l'industrie locale fait preuve depuis des années, on ne pourra pas reprocher à Apple et à Quebecor d'occuper le terrain vide et d'occuper le monopole de fait».
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