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Lettres: Pas de permis pour des punks

William Sloan - Avocat spécialisé en matière de réfugiés et d'immigration, président de la branche canadienne de l'Association américaine de juristes, Octobre 2003  21 octobre 2003 
Nous avons tous lu et vu, depuis quelques jours, les reportages sur l'émeute de la rue Sainte-Catherine. La réaction des punks en colère n'était ni utile, ni efficace et surtout inappropriée. Les commentateurs discutent de la responsabilité possible du SPVM ou des propriétaires du Medley. J'ai trouvé curieux que personne ne pose de questions sur la décision d'Immigration Canada de bloquer l'entrée des musiciens attendus par la foule. Pourtant, c'est la décision qui a soulevé la colère des jeunes.

Des membres du groupe The Exploited ont apparemment des dossiers criminels qui les rendent inadmissibles au Canada. Ce qu'on doit comprendre c'est que, chaque jour, des personnes arrivent à l'aéroport Dorval (PET) avec ce même problème, et que plusieurs d'entre eux reçoivent un permis spécial pour entrer au Canada. Des réparateurs, des techniciens, des comédiens, des conférenciers et des musiciens sont des exemples des catégories de personnes qui reçoivent de tels permis.

Récemment, les rappers étasuniens 50 Cent et Snoop Doggy Dogg ont bénéficié de tels permis leur permettant de présenter leur spectacle à Montréal, malgré leurs dossiers criminels lourds impliquant vols qualifiés, héroïne et armes à feu. Ce n'est pas un fait à dénoncer, c'est normal.

En septembre dernier, les membres du groupe The Exploited ont dû se rendre à Vancouver pour y donner un spectacle. Il semble que cette fois ci, les agents d'Immigration à la frontière de Lacolle aient fait de l'excès de zèle. Pourquoi? Est-ce que l'idéologie anti-capitaliste et anti-américaine du groupe The Exploited aurait été un facteur dans cet exercice de «discrétion»? Il me semble que ça vaut au moins une petite enquête journalistique. Dans l'intérêt de la liberté de pensée et d'expression.
 
 
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