Michel Montignac répond à un article du Devoir - Quand une réaction est épidermique
Vous avez fait votre travail de journaliste en extirpant une quinzaine de lignes du contexte de mon prochain livre sur l'obésité des enfants (près de 300 pages), afin d'aboutir à un effet d'annonce suffisamment provocateur pour déclencher une réaction du monde tranquille de la nutrition. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette réaction fut de nature épidermique.
Je regrette que la présentation réductrice que vous avez faite de ce dernier ait constitué un piège pour mes contradicteurs.
J'ai de l'estime pour Mme Lambert-Lagacé que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans des débats contradictoires et qui m'a toujours donné l'impression d'avoir un champ de conscience beaucoup plus large que certains représentants de sa profession. C'est pourquoi je m'étonne de son imprudence à avoir réagi à chaud aux seuls éléments de votre article sans avoir au préalable pris connaissance de l'ensemble du contenu de mon ouvrage.
Madame Lambert-Lagacé dit notamment que «Montignac devrait prouver ses dires par des études et des chiffres avant d'avancer ses thèses douteuses sur les liens entre le lait et la flambée d'obésité». Or elle n'aurait pas manqué de remarquer que c'est ce que j'avais fait si elle avait eu mon livre entre les mains, car tous les propos que j'y tiens sont scrupuleusement scientifiquement documentés. Elle y aurait aussi trouvé la preuve que cette mise en cause des protéines de lait de vache est un thème récurrent depuis de nombreuses années n'en déplaise aux puissants lobbies de l'industrie laitière et de quelques nutritionnistes complaisants pour ce secteur.
En Europe, l'ensemble des naturopathes considère le lait de vache comme un aliment suspect, à l'origine de nombreuses pathologies. C'est pourquoi ils le déconseillent systématiquement chez de nombreux patients.
Un grand nombre de médecins eux-mêmes ont publié ces dernières années des ouvrages mettant scientifiquement en cause le lait de vache. Citons par exemple le docteur Raphaël Nogier, consultant à l'Organisation mondiale de la santé dont le livre Ce lait qui menace les femmes dénonce l'influence prépondérante du lait dans le cancer du sein, mais aussi le docteur Nicolas Le Berre dont le livre Le lait, une sacrée vacherie? dénonce les pathologies allergiques, digestives, gynécologiques, dermatologiques, rhumatologiques et pulmonaires dans lesquelles une consommation excessive de lait de vache est selon lui impliquée.
Citons par ailleurs le professeur Henri Joyeux cancérologue émérite et le docteur Jean Seignalet éminent immunologiste responsable d'une unité de recherche à la Faculté de Montpellier qui dans un ouvrage hyperscientifique, L'alimentation ou la troisième médecine, se montrent impitoyables avec les protéines de lait de vache. Le Docteur Seignalet a notamment démontré qu'il obtenait des rémissions totales par la suppression des laitages dans de nombreuses pathologies d'origine immune telles que la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante (SPA), le lupus, la maladie de Basedow, mais aussi des affections plus courantes telles que les bronchites chroniques, l'asthme ou encore les allergies (rhume des foins, oedème de Quicke...). Ils mettent d'ailleurs en avant qu'il y a beaucoup plus d'ostéoporose, d'hypocalcémie et de fractures du fémur dans les pays buveurs de lait que dans les pays asiatiques, notamment le Japon, où le lait de vache n'est quasiment pas consommé.
Hyperinsulinisme et prise de poids
Tous ces auteurs sans exception affirment d'ailleurs que l'on nous trompe (pour des raisons commerciales) à propos du mythique contenu en calcium du lait dont l'absorption intestinale serait, selon eux, très réduite comparée aux autres aliments.
De plus, depuis plusieurs années, un certain nombre de chercheurs scandinaves (les Scandinaves sont de grands buveurs de lait) ont montré que les protéines du lait de vache entraînaient une réponse insulinique très excessive alors qu'elles n'avaient aucun effet sur la glycémie. Or, n'en déplaise à certains nutritionnistes traditionnels, l'hyperinsulinisme est bien la cause fonctionnelle de la prise de poids.
Enfin de nombreux chercheurs (français notamment) ont depuis 1995 désigné la consommation excessive de protéines (toutes origines confondues) comme une des causes essentielles du rebond d'adiposité précoce qui est l'un des marqueurs essentiels de l'obésité infantile. Or, la diversification alimentaire prématurée telle qu'elle est désormais pratiquée dans les sociétés occidentales, associée à une consommation excessive de laitages chez l'enfant en bas âge le conduit couramment à consommer deux à trois fois plus de protéines par jour qu'il ne lui en faudrait.
Quant aux médias qui savent se tenir au courant de l'actualité, ils n'ont pas manqué ces derniers mois de rapporter les doutes que les scientifiques commençaient sérieusement à émettre à l'endroit du lait. Citons parmi eux le Figaro Madame du 25 janvier 2003 qui titrait «Surveillez le lait»!
L'explosion de l'obésité chez l'enfant dans tous les pays du monde est aujourd'hui une triste réalité.
Mais contrairement à ce que laissent entendre certains de mes contradicteurs en s'agitant dans les médias en réponse à un livre qu'ils n'ont pas lu, il existe aujourd'hui une somme considérable d'informations scientifiques nouvelles à notre disposition. La synthèse de ces informations constitue incontestablement une alternative crédible en termes de diagnostic et de solutions à mettre en oeuvre pour résoudre un dramatique problème de société.
La «thèse» que je défends dans mon livre, qui va d'ailleurs bien au-delà de la mise en cause du lait de vache dans l'alimentation de l'enfant, ne m'appartient pas. C'est celle qui découle de l'ensemble des observations, expérimentations et études diverses qui ont été publiées depuis une vingtaine d'années. En la portant à la connaissance du grand public, je ne fais que mon travail de «journaliste» d'investigation scientifique comme je l'ai fait depuis 20 ans à propos de l'importance des index glycémiques et de l'hyperinsulinisme dans la prise de poids dont on a admis depuis les fondements.
L'audace des conclusions auxquelles mes inspirateurs me conduisent ne manqueront pas de déranger tous les Ayatollahs prêchi-prêcheurs d'une diététique désuète (qui a largement fait la preuve de son échec) et qui tremblent pour leur fond de commerce.
Le grand public ne manque généralement pas de bon sens en particulier au Québec. Faisons-lui donc confiance pour qu'il choisisse lui-même son camp afin d'épargner ses enfants contre le fléau de l'obésité. Mais je gage qu'il aura, lui, la sagesse d'attendre que mon livre soit publié pour se faire sa propre opinion.
Je regrette que la présentation réductrice que vous avez faite de ce dernier ait constitué un piège pour mes contradicteurs.
J'ai de l'estime pour Mme Lambert-Lagacé que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans des débats contradictoires et qui m'a toujours donné l'impression d'avoir un champ de conscience beaucoup plus large que certains représentants de sa profession. C'est pourquoi je m'étonne de son imprudence à avoir réagi à chaud aux seuls éléments de votre article sans avoir au préalable pris connaissance de l'ensemble du contenu de mon ouvrage.
Madame Lambert-Lagacé dit notamment que «Montignac devrait prouver ses dires par des études et des chiffres avant d'avancer ses thèses douteuses sur les liens entre le lait et la flambée d'obésité». Or elle n'aurait pas manqué de remarquer que c'est ce que j'avais fait si elle avait eu mon livre entre les mains, car tous les propos que j'y tiens sont scrupuleusement scientifiquement documentés. Elle y aurait aussi trouvé la preuve que cette mise en cause des protéines de lait de vache est un thème récurrent depuis de nombreuses années n'en déplaise aux puissants lobbies de l'industrie laitière et de quelques nutritionnistes complaisants pour ce secteur.
En Europe, l'ensemble des naturopathes considère le lait de vache comme un aliment suspect, à l'origine de nombreuses pathologies. C'est pourquoi ils le déconseillent systématiquement chez de nombreux patients.
Un grand nombre de médecins eux-mêmes ont publié ces dernières années des ouvrages mettant scientifiquement en cause le lait de vache. Citons par exemple le docteur Raphaël Nogier, consultant à l'Organisation mondiale de la santé dont le livre Ce lait qui menace les femmes dénonce l'influence prépondérante du lait dans le cancer du sein, mais aussi le docteur Nicolas Le Berre dont le livre Le lait, une sacrée vacherie? dénonce les pathologies allergiques, digestives, gynécologiques, dermatologiques, rhumatologiques et pulmonaires dans lesquelles une consommation excessive de lait de vache est selon lui impliquée.
Citons par ailleurs le professeur Henri Joyeux cancérologue émérite et le docteur Jean Seignalet éminent immunologiste responsable d'une unité de recherche à la Faculté de Montpellier qui dans un ouvrage hyperscientifique, L'alimentation ou la troisième médecine, se montrent impitoyables avec les protéines de lait de vache. Le Docteur Seignalet a notamment démontré qu'il obtenait des rémissions totales par la suppression des laitages dans de nombreuses pathologies d'origine immune telles que la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante (SPA), le lupus, la maladie de Basedow, mais aussi des affections plus courantes telles que les bronchites chroniques, l'asthme ou encore les allergies (rhume des foins, oedème de Quicke...). Ils mettent d'ailleurs en avant qu'il y a beaucoup plus d'ostéoporose, d'hypocalcémie et de fractures du fémur dans les pays buveurs de lait que dans les pays asiatiques, notamment le Japon, où le lait de vache n'est quasiment pas consommé.
Hyperinsulinisme et prise de poids
Tous ces auteurs sans exception affirment d'ailleurs que l'on nous trompe (pour des raisons commerciales) à propos du mythique contenu en calcium du lait dont l'absorption intestinale serait, selon eux, très réduite comparée aux autres aliments.
De plus, depuis plusieurs années, un certain nombre de chercheurs scandinaves (les Scandinaves sont de grands buveurs de lait) ont montré que les protéines du lait de vache entraînaient une réponse insulinique très excessive alors qu'elles n'avaient aucun effet sur la glycémie. Or, n'en déplaise à certains nutritionnistes traditionnels, l'hyperinsulinisme est bien la cause fonctionnelle de la prise de poids.
Enfin de nombreux chercheurs (français notamment) ont depuis 1995 désigné la consommation excessive de protéines (toutes origines confondues) comme une des causes essentielles du rebond d'adiposité précoce qui est l'un des marqueurs essentiels de l'obésité infantile. Or, la diversification alimentaire prématurée telle qu'elle est désormais pratiquée dans les sociétés occidentales, associée à une consommation excessive de laitages chez l'enfant en bas âge le conduit couramment à consommer deux à trois fois plus de protéines par jour qu'il ne lui en faudrait.
Quant aux médias qui savent se tenir au courant de l'actualité, ils n'ont pas manqué ces derniers mois de rapporter les doutes que les scientifiques commençaient sérieusement à émettre à l'endroit du lait. Citons parmi eux le Figaro Madame du 25 janvier 2003 qui titrait «Surveillez le lait»!
L'explosion de l'obésité chez l'enfant dans tous les pays du monde est aujourd'hui une triste réalité.
Mais contrairement à ce que laissent entendre certains de mes contradicteurs en s'agitant dans les médias en réponse à un livre qu'ils n'ont pas lu, il existe aujourd'hui une somme considérable d'informations scientifiques nouvelles à notre disposition. La synthèse de ces informations constitue incontestablement une alternative crédible en termes de diagnostic et de solutions à mettre en oeuvre pour résoudre un dramatique problème de société.
La «thèse» que je défends dans mon livre, qui va d'ailleurs bien au-delà de la mise en cause du lait de vache dans l'alimentation de l'enfant, ne m'appartient pas. C'est celle qui découle de l'ensemble des observations, expérimentations et études diverses qui ont été publiées depuis une vingtaine d'années. En la portant à la connaissance du grand public, je ne fais que mon travail de «journaliste» d'investigation scientifique comme je l'ai fait depuis 20 ans à propos de l'importance des index glycémiques et de l'hyperinsulinisme dans la prise de poids dont on a admis depuis les fondements.
L'audace des conclusions auxquelles mes inspirateurs me conduisent ne manqueront pas de déranger tous les Ayatollahs prêchi-prêcheurs d'une diététique désuète (qui a largement fait la preuve de son échec) et qui tremblent pour leur fond de commerce.
Le grand public ne manque généralement pas de bon sens en particulier au Québec. Faisons-lui donc confiance pour qu'il choisisse lui-même son camp afin d'épargner ses enfants contre le fléau de l'obésité. Mais je gage qu'il aura, lui, la sagesse d'attendre que mon livre soit publié pour se faire sa propre opinion.
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