Fredericton est pris à partie dans le dossier d'un incinérateur - Colère à Belledune
Florian Lévesque - Groupe Environnement Vie
7 octobre 2003
Comment réagiriez-vous si un jour vous découvriez un réservoir de 1000 litres de produits toxiques installés à votre insu dans la cave de votre maison? Si en plus, vous constatiez qu'il n'y a pas de couvercle sur le réservoir et que des vapeurs nocives se répandent dans votre maison? Vous seriez sans doute scandalisé. Devant de telles circonstances, vous feriez sans doute appel au gouvernement pour qu'il intervienne afin que justice soit faite.
Quelle ne serait alors votre surprise de voir le gouvernement demander la réalisation d'une étude pour déterminer si les produits toxiques placés dans votre maison sont véritablement dangereux. Toutefois, ne reculant devant rien, le gouvernement confierait la responsabilité de l'étude à celui qui a installé le réservoir dans votre cave. Cela commencerait à soulever certains doutes de votre part sur l'impartialité du gouvernement. Toutefois, avant de tirer des conclusions trop hâtives, vous vous diriez: «Je vais attendre les résultats de l'étude.»
Donc, confiant dans l'intervention gouvernementale, vous attendez. Or un jour, l'individu qui a déposé ses produits toxiques dans votre cave, vous téléphone pour vous dire que l'étude est achevée et qu'il vous convoque à une réunion pour vous en donner les conclusions.
Heureux, vous vous rendez à la salle de réunion pour apprendre que les produits toxiques ne le sont pas vraiment, que vous n'avez pas besoin de vous inquiéter et que la santé de vos enfants ne sera pas touchée par les émanations qui se dégagent du réservoir. Peu convaincu de ces conclusions, vous posez quelques questions pour apprendre que les mouvements d'air de votre maison n'ont pas été mesurés. «Comment avez-vous procédé alors?», est la question tout à fait légitime que vous posez.
Les experts vous expliquent: «Les mouvements d'air au niveau du premier étage reposent sur des données recueillies dans une maison de la ville de Gaspé, alors que pour l'étage supérieur, on a mesuré les mouvements d'air dans une maison de Sept-Îles.» Croyant qu'on vous raconte des balivernes, vous osez une autre question. Toutefois, l'animateur de la rencontre vous dit que la séance de questions est terminée parce que démontrez des signes de colère. Il met fin à la séance d'information abruptement.
Ensuite, le poseur de produits toxiques, indique au gouvernement qu'il a tenu une réunion d'information selon les conditions exigées à son endroit par ledit gouvernement, et qu'il a répondu aux 24 conditions pour obtenir son permis pour déposer des réservoirs de produits toxiques dans d'autres maisons du voisinage. Il y a tollé dans la région. Les gens refusent un tel état de fait. Le gouvernement ne se préoccupe pas des protestations de la population et il accorde un permis à l'individu, en dépit des protestations qui vont grandissantes.
Caricature ridicule, affirmerez-vous! Pourtant, c'est le parallèle qu'il est possible d'établir entre la situation fictive décrite ci-dessus et l'incinérateur qu'est en train de construire Bennett Environmental Inc. à Belledune au Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui est censé être là pour protéger les citoyens s'est fait le complice d'un projet qui n'a pas été soumis à l'examen, ni au regard public. Derrière des portes closes, les fonctionnaires ont examiné le dossier Bennett. La population ne sait pas grand-chose de ce processus d'examen, et c'est les yeux fermés que nous devons croire nos élus qui cherchent à nous rassurer. En fait, les agissements du gouvernement conservateur de Bernard Lord frisent dangereusement la fraude morale, même si on tente de donner l'impression que le processus respecte la légalité.
De plus, en lisant l'étude réalisée pour le compte de la compagnie, on se rend compte que les hauts taux de pollution au plomb (sans parler du cadmium et d'arsenic) qui sont déjà présents dans la région de Belledune n'ont même pas été considérés. Présentement, on construit à toute vitesse l'incinérateur pour placer la population devant le fait accompli, sous la bienveillance du gouvernement de Bernard Lord. Ajoutez à cela que le ministre de la Santé affirme que la présence des taux élevés de pollution dans la région ne relève pas de lui, mais du ministre de l'Environnement. Devant une telle affirmation, il faut se demander à quoi sert d'avoir un ministre de la Santé au Nouveau-Brunswick!
Le premier ministre Lord fait mieux en déclarant: «Les faits scientifiques nous démontrent que l'incinérateur ne posera pas de problème. Jamais le gouvernement du Nouveau-Brunswick n'aurait pris une telle décision s'il y avait des doutes quant au projet.» Les faits scientifiques utilisés par le premier ministre reposent sur l'étude commandée par Bennett Environmental Inc. qui est loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique.
Si on examine les problèmes causés par les incinérateurs un peu partout dans le monde, la prudence ne serait-elle pas de mise? En Alberta, l'incinérateur de Swan Hills a été victime d'explosions et un chercheur a documenté la contamination aux dioxines et aux furannes dans cette région. Ce genre de contamination a été rapporté dans la région d'Albertville en France où les émissions de dioxines et de furannes d'un incinérateur de déchets domestiques ont forcé des fermiers de cette région à cesser de vendre leur fromage.
Rassurant l'incinérateur de Belledune?
Quelle ne serait alors votre surprise de voir le gouvernement demander la réalisation d'une étude pour déterminer si les produits toxiques placés dans votre maison sont véritablement dangereux. Toutefois, ne reculant devant rien, le gouvernement confierait la responsabilité de l'étude à celui qui a installé le réservoir dans votre cave. Cela commencerait à soulever certains doutes de votre part sur l'impartialité du gouvernement. Toutefois, avant de tirer des conclusions trop hâtives, vous vous diriez: «Je vais attendre les résultats de l'étude.»
Donc, confiant dans l'intervention gouvernementale, vous attendez. Or un jour, l'individu qui a déposé ses produits toxiques dans votre cave, vous téléphone pour vous dire que l'étude est achevée et qu'il vous convoque à une réunion pour vous en donner les conclusions.
Heureux, vous vous rendez à la salle de réunion pour apprendre que les produits toxiques ne le sont pas vraiment, que vous n'avez pas besoin de vous inquiéter et que la santé de vos enfants ne sera pas touchée par les émanations qui se dégagent du réservoir. Peu convaincu de ces conclusions, vous posez quelques questions pour apprendre que les mouvements d'air de votre maison n'ont pas été mesurés. «Comment avez-vous procédé alors?», est la question tout à fait légitime que vous posez.
Les experts vous expliquent: «Les mouvements d'air au niveau du premier étage reposent sur des données recueillies dans une maison de la ville de Gaspé, alors que pour l'étage supérieur, on a mesuré les mouvements d'air dans une maison de Sept-Îles.» Croyant qu'on vous raconte des balivernes, vous osez une autre question. Toutefois, l'animateur de la rencontre vous dit que la séance de questions est terminée parce que démontrez des signes de colère. Il met fin à la séance d'information abruptement.
Ensuite, le poseur de produits toxiques, indique au gouvernement qu'il a tenu une réunion d'information selon les conditions exigées à son endroit par ledit gouvernement, et qu'il a répondu aux 24 conditions pour obtenir son permis pour déposer des réservoirs de produits toxiques dans d'autres maisons du voisinage. Il y a tollé dans la région. Les gens refusent un tel état de fait. Le gouvernement ne se préoccupe pas des protestations de la population et il accorde un permis à l'individu, en dépit des protestations qui vont grandissantes.
Caricature ridicule, affirmerez-vous! Pourtant, c'est le parallèle qu'il est possible d'établir entre la situation fictive décrite ci-dessus et l'incinérateur qu'est en train de construire Bennett Environmental Inc. à Belledune au Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui est censé être là pour protéger les citoyens s'est fait le complice d'un projet qui n'a pas été soumis à l'examen, ni au regard public. Derrière des portes closes, les fonctionnaires ont examiné le dossier Bennett. La population ne sait pas grand-chose de ce processus d'examen, et c'est les yeux fermés que nous devons croire nos élus qui cherchent à nous rassurer. En fait, les agissements du gouvernement conservateur de Bernard Lord frisent dangereusement la fraude morale, même si on tente de donner l'impression que le processus respecte la légalité.
De plus, en lisant l'étude réalisée pour le compte de la compagnie, on se rend compte que les hauts taux de pollution au plomb (sans parler du cadmium et d'arsenic) qui sont déjà présents dans la région de Belledune n'ont même pas été considérés. Présentement, on construit à toute vitesse l'incinérateur pour placer la population devant le fait accompli, sous la bienveillance du gouvernement de Bernard Lord. Ajoutez à cela que le ministre de la Santé affirme que la présence des taux élevés de pollution dans la région ne relève pas de lui, mais du ministre de l'Environnement. Devant une telle affirmation, il faut se demander à quoi sert d'avoir un ministre de la Santé au Nouveau-Brunswick!
Le premier ministre Lord fait mieux en déclarant: «Les faits scientifiques nous démontrent que l'incinérateur ne posera pas de problème. Jamais le gouvernement du Nouveau-Brunswick n'aurait pris une telle décision s'il y avait des doutes quant au projet.» Les faits scientifiques utilisés par le premier ministre reposent sur l'étude commandée par Bennett Environmental Inc. qui est loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique.
Si on examine les problèmes causés par les incinérateurs un peu partout dans le monde, la prudence ne serait-elle pas de mise? En Alberta, l'incinérateur de Swan Hills a été victime d'explosions et un chercheur a documenté la contamination aux dioxines et aux furannes dans cette région. Ce genre de contamination a été rapporté dans la région d'Albertville en France où les émissions de dioxines et de furannes d'un incinérateur de déchets domestiques ont forcé des fermiers de cette région à cesser de vendre leur fromage.
Rassurant l'incinérateur de Belledune?
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