Divisions dans le mouvement étudiant
Le gel des droits de scolarité rallie les associations mais leurs moyens d'action sont diamétralement opposés
Marie-Andrée Chouinard
3 octobre 2003
Si le gel des droits de scolarité rallie le mouvement étudiant, les associations ont des revendications différentes, optent pour des moyens d'action diamétralement opposés et ne prêtent pas les mêmes intentions au gouvernement. Cette apparente division amoindrira-t-elle leur pouvoir d'action?
Les étudiants grognent et veulent convaincre le gouvernement Charest de l'importance d'un réinvestissement en éducation et de la nécessité de maintenir le gel des droits de scolarité à leur niveau de 1994. Mais derrière ce message unique, les actions diffèrent, de même que les revendications, comme l'illustrent les plans de match de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).
«D'une certaine façon, la division favorise le pouvoir en place, c'est vrai, mais cette division n'est pas nouvelle, elle a existé de tout temps», explique François Baillargeon, porte-parole de l'ASSÉ, qui affirme représenter quelque 50 000 étudiants, cégépiens et universitaires confondus.
L'ASSÉ, considérée comme la branche la plus radicale du mouvement étudiant qui se profile actuellement et qui mène bataille pour un accès plus sain aux études, revendique la gratuité complète et ne fait pas siennes les demandes de la FEUQ, qui milite plutôt pour une loi-cadre entourant les droits de scolarité et les frais afférents.
Alors que l'ASSÉ travaille activement à récolter les appuis pour une grève générale à la fin octobre ou au début novembre, le prochain objectif de la FEUQ est plutôt de sensibiliser les députés du gouvernement Charest, le 9 octobre, à l'importance de leurs revendications en défilant un peu partout en province dans leurs bureaux de comté. À l'heure actuelle, la grève ne fait pas partie de l'ordre du jour de ce regroupement d'associations universitaires qui affirme représenter quelque 145 000 étudiants.
«L'accessibilité des études constitue notre message rassembleur», explique Carole Cardinal, attachée de presse de la FEUQ, qui souhaite que le gouvernement en place ne profite pas de cette mosaïque militante pour diluer l'importance du message. «C'est ça qu'on doit retenir: qu'au Québec, nous avons des milliers de jeunes qui militent en ce sens, peu importe les actions et les revendications différentes.»
Pour ajouter à ce mouvement en apparence désarticulé, la FECQ vient de changer de stratégie, prenant ainsi tout le monde au dépourvu. Il y a à peine deux semaines, la fédération faisait pourtant voix commune avec la FEUQ lors d'une conférence de presse qui les réunissait pour présenter un plan de match destiné à ébranler le gouvernement.
Désormais, plus question pour les cégépiens de participer aux actions du 9 octobre car il faut «laisser la chance au coureur», comme l'explique la présidente de la FECQ, Geneviève Hardy. «Nous n'avons pas enlevé nos appuis à la FEUQ, on a juste changé de stratégie.»
À la suite d'un échange récent avec le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, les représentants de la FECQ ont été rassurés par ses engagements et souhaitent le juger «à ses actions». «Ce n'est pas une confiance aveugle face au ministre, ce n'est pas ça du tout», explique Mme Hardy, dont le regroupement représente environ 80 000 étudiants. «Mais nous attendons la commission sur les universités et le forum sur les cégeps», prévu pour mai 2004.
À côté de ces regroupements officiels, qui distribuent actuellement tracts et feuillets d'information et font des tournées dans les établissements pour sensibiliser les membres à leurs revendications, il existe aussi des associations autonomes, plus particulièrement dans les cégeps. Certaines d'entre elles se joignent spontanément aux actions des fédérations ou des associations officielles.
Les actions plus radicales de l'ASSÉ, comme l'occupation du bureau du recteur Roch Denis, de l'UQAM, dans la nuit de mercredi à hier, ne font pas l'unanimité au sein des fédérations, qui ont à ce jour choisi des voies d'action moins tapageuses. «La division du mouvement est réelle, tout simplement parce que nos objectifs ne sont pas les mêmes, même si, au premier coup d'oeil, les enjeux semblent similaires», explique d'ailleurs François Baillargeon.
Si l'accès aux études est un «principe relativement abstrait», c'est en effet en discutant du détail des revendications que le clivage se manifeste. «Nous militons pour des frais de scolarité zéro alors que la FEUQ et la FECQ revendiquent un gel au niveau actuel», explique M. Baillargeon. «Ce n'est pas la même chose.»
Comment le gouvernement percevra-t-il ce mouvement aux multiples visages? «L'unité est là», soutient Carole Cardinal. «Nous avons une multiplicité de façons de nous exprimer, mais ce message unique qui veut redonner à l'éducation la place qui lui revient, il est là.»
Les étudiants grognent et veulent convaincre le gouvernement Charest de l'importance d'un réinvestissement en éducation et de la nécessité de maintenir le gel des droits de scolarité à leur niveau de 1994. Mais derrière ce message unique, les actions diffèrent, de même que les revendications, comme l'illustrent les plans de match de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).
«D'une certaine façon, la division favorise le pouvoir en place, c'est vrai, mais cette division n'est pas nouvelle, elle a existé de tout temps», explique François Baillargeon, porte-parole de l'ASSÉ, qui affirme représenter quelque 50 000 étudiants, cégépiens et universitaires confondus.
L'ASSÉ, considérée comme la branche la plus radicale du mouvement étudiant qui se profile actuellement et qui mène bataille pour un accès plus sain aux études, revendique la gratuité complète et ne fait pas siennes les demandes de la FEUQ, qui milite plutôt pour une loi-cadre entourant les droits de scolarité et les frais afférents.
Alors que l'ASSÉ travaille activement à récolter les appuis pour une grève générale à la fin octobre ou au début novembre, le prochain objectif de la FEUQ est plutôt de sensibiliser les députés du gouvernement Charest, le 9 octobre, à l'importance de leurs revendications en défilant un peu partout en province dans leurs bureaux de comté. À l'heure actuelle, la grève ne fait pas partie de l'ordre du jour de ce regroupement d'associations universitaires qui affirme représenter quelque 145 000 étudiants.
«L'accessibilité des études constitue notre message rassembleur», explique Carole Cardinal, attachée de presse de la FEUQ, qui souhaite que le gouvernement en place ne profite pas de cette mosaïque militante pour diluer l'importance du message. «C'est ça qu'on doit retenir: qu'au Québec, nous avons des milliers de jeunes qui militent en ce sens, peu importe les actions et les revendications différentes.»
Pour ajouter à ce mouvement en apparence désarticulé, la FECQ vient de changer de stratégie, prenant ainsi tout le monde au dépourvu. Il y a à peine deux semaines, la fédération faisait pourtant voix commune avec la FEUQ lors d'une conférence de presse qui les réunissait pour présenter un plan de match destiné à ébranler le gouvernement.
Désormais, plus question pour les cégépiens de participer aux actions du 9 octobre car il faut «laisser la chance au coureur», comme l'explique la présidente de la FECQ, Geneviève Hardy. «Nous n'avons pas enlevé nos appuis à la FEUQ, on a juste changé de stratégie.»
À la suite d'un échange récent avec le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, les représentants de la FECQ ont été rassurés par ses engagements et souhaitent le juger «à ses actions». «Ce n'est pas une confiance aveugle face au ministre, ce n'est pas ça du tout», explique Mme Hardy, dont le regroupement représente environ 80 000 étudiants. «Mais nous attendons la commission sur les universités et le forum sur les cégeps», prévu pour mai 2004.
À côté de ces regroupements officiels, qui distribuent actuellement tracts et feuillets d'information et font des tournées dans les établissements pour sensibiliser les membres à leurs revendications, il existe aussi des associations autonomes, plus particulièrement dans les cégeps. Certaines d'entre elles se joignent spontanément aux actions des fédérations ou des associations officielles.
Les actions plus radicales de l'ASSÉ, comme l'occupation du bureau du recteur Roch Denis, de l'UQAM, dans la nuit de mercredi à hier, ne font pas l'unanimité au sein des fédérations, qui ont à ce jour choisi des voies d'action moins tapageuses. «La division du mouvement est réelle, tout simplement parce que nos objectifs ne sont pas les mêmes, même si, au premier coup d'oeil, les enjeux semblent similaires», explique d'ailleurs François Baillargeon.
Si l'accès aux études est un «principe relativement abstrait», c'est en effet en discutant du détail des revendications que le clivage se manifeste. «Nous militons pour des frais de scolarité zéro alors que la FEUQ et la FECQ revendiquent un gel au niveau actuel», explique M. Baillargeon. «Ce n'est pas la même chose.»
Comment le gouvernement percevra-t-il ce mouvement aux multiples visages? «L'unité est là», soutient Carole Cardinal. «Nous avons une multiplicité de façons de nous exprimer, mais ce message unique qui veut redonner à l'éducation la place qui lui revient, il est là.»
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