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    Québec lève des obstacles pour certains médecins étrangers

    Fin de la pénalité de 300 000 $ imposée aux jeunes Canadiens qui veulent pratiquer au Québec

    2 octobre 2003 |Isabelle Paré
    Aux prises avec une pénurie de médecins, le gouvernement du Québec commence à desserrer l'étau qui entrave le recrutement de médecins étrangers. En juillet dernier, il a notamment aboli la pénalité de 300 000 $ imposée à tous les jeunes étudiants et médecins canadiens qui souhaitent pratiquer au Québec.

    L'abolition de ce règlement survient après les demandes répétées des facultés de médecine du Québec, notamment celle de l'université McGill, qui le considéraient comme un sérieux empêchement au recrutement de certains de leurs meilleurs étudiants.

    Avant le 1er juillet 2003, ces étudiants devaient signer un contrat en vertu duquel ils s'engageaient à quitter le Québec après leurs études à moins de payer une pénalité de 300 000 $ ou de s'engager à pratiquer quatre années en région éloignée.

    Au printemps dernier, après que Le Devoir eut révélé que le gouvernement du Québec maintenait cette règle en dépit de la pénurie criante de médecins, le nouveau ministre de la Santé, Philippe Couillard, s'était alors engagé à «réévaluer la pertinence» de ce règlement. C'est maintenant chose faite. Du moins en partie.

    En effet, pour le moment, le règlement continue à s'appliquer intégralement au contingent d'environ quarantaine étudiants américains et étrangers venus étudier au Québec, à la trentaine d'étudiants venus du Nouveau-Brunswick ainsi qu'aux médecins diplômés hors Québec. Toutefois, des discussions intensives se poursuivent entre Québec, les fédérations médicales et le Collège des médecins à la table de concertation sur la planification des effectifs médicaux afin de parvenir à un assouplissement, a appris Le Devoir.

    Au cabinet du ministre Couillard, on a confirmé hier la levée partielle du règlement en soulignant que celui-ci, instauré en 1993 en raison d'un surplus d'effectifs médicaux, «n'était plus conforme au message que souhaitait véhiculer le gouvernement».

    «Le recours aux médecins étrangers est une des façons de régler le problème de la pénurie de médecins. Ce n'est pas la seule, mais nous ne pouvons passer à côté d'aucun moyen», a soutenu hier Katie Rouleau, l'attachée de presse du ministre de la Santé, en précisant que d'autres mesures pourraient bientôt être annoncées en ce qui concerne les étudiants étrangers. Ce premier assouplissement touchera une dizaine d'étudiants canadiens formés au Québec.

    La partie est toutefois loin d'être gagnée en ce qui a trait à l'abolition des obstacles imposés aux étudiants et aux médecins étrangers que voudraient recruter les facultés de médecine, aux prises avec d'importantes pénuries de professeurs.

    Le Devoir a appris que pour 2003, le gouvernement ouvrira ses portes à deux fois moins de médecins étrangers que l'an dernier pour combler les besoins de main-d'oeuvre professorale dans les universités. Chaque année, Québec exempte en effet un certain nombre de médecins étrangers de l'application de son règlement strict quand ceux-ci sont «sélectionnés» à de strictes fins d'enseignement et de recherche par les facultés de médecine.

    Or, cette année, le conseil des ministres a coupé la poire en deux et n'a accordé son feu vert qu'à l'entrée sans contrainte de 20 médecins diplômés hors Québec, plutôt que 40 comme l'an dernier.

    Cette décision suscite une bonne dose de frustration dans les facultés de médecine, où on doit composer avec la montée en flèche du nombre d'étudiants à former en raison de la hausse du nombre d'admissions décrétée par... le gouvernement.

    «Il existe une grande pénurie de professeurs qualifiés et nous avons besoin de plus de professeurs cliniques pour enseigner à tous ces étudiants. Notre formation prévoit l'enseignement par petits groupes de huit à dix alors que nous avons maintenant quinze ou seize étudiants par groupe», a expliqué hier le Dr Abraham Fuks, doyen de la faculté de médecine de l'université McGill.

    Pour l'instant, il semble que les pressions des fédérations médicales soient toujours ce qui fait hésiter Québec à lever définitivement ces contraintes à l'entrée de médecins étrangers dûment formés.

    Selon le Dr Denis Marceau, président du MEDU, le groupe de travail sur les affaires médicales de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), les fédérations médicales exigent toujours des chiffres leur prouvant noir sur blanc que les universités sont incapables de combler leurs besoins avec les ressources médicales déjà disponibles au Québec. Elles souhaitent que ces médecins étrangers ne soient employés qu'à de strictes fins d'enseignement et de recherche.

    «Les fédérations auraient été échaudées par les anecdotes rapportant quelques cas de professeurs étrangers recrutés pour des fins d'enseignement et de recherche mais qui passaient plus de temps à travailler qu'à enseigner dans leur université», dit-il.

    Des craintes demeurent aussi en ce qui concerne l'abolition des contraintes aux étudiants étrangers formés au Québec. Encore une fois, les fédérations exigent que Québec évalue concrètement les conséquences qu'aurait la libre installation de ces médecins sur le territoire avant que ce règlement controversé ne soit relégué aux oubliettes.
     
     
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