dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Le cheval de Troie

Guy Taillefer   1 octobre 2003 
Les États-Unis ont officiellement remis les pieds à l'UNESCO cette semaine, après que l'ex-président Ronald Reagan en eut claqué la porte il y a 19 ans en accusant l'organisation d'être un forum de propagande anti-américaine. Ce retour est loin d'être désintéressé.

Vrai qu'il y a au moins une bonne raison de célébrer pour cette organisation des Nations unies qui joue un rôle fondamental dans la promotion de l'éducation, de la science et de la culture à l'échelle internationale. La contribution financière attendue des États-Unis sera de l'ordre de 60 millions de dollars américains par année (22 % du budget de l'organisation). L'investissement est bien modeste pour Washington, au regard des milliards que lui coûte sa croisade sécuritaire. Mais il va mettre un baume sur les finances de l'UNESCO, qui a vu ses allocations s'éroder au fil des années.

Cela ne saurait cependant occulter les raisons pour lesquelles les Américains arrêtent aujourd'hui de bouder. La décision, annoncée il y a un an par le président Bush, a indiscutablement des résonances irakiennes. Son application tombe à point pour un gouvernement qui tente actuellement d'amadouer l'ONU et d'obtenir sa collaboration pour rétablir un certain calme en Irak. À ce titre, la first lady Laura Bush, qui avait été dépêchée lundi à Paris pour officialiser la réintégration des États-Unis, a fait preuve d'une subtilité qui n'a pas dû faire honte à son mari — inscrivant la mission éducative de l'UNESCO dans la «guerre contre le terrorisme» et insistant, qui l'a crue?, sur la volonté multilatéraliste américaine de travailler de pair avec le reste de la planète.

Que Mme Bush, normalement confinée à la promotion caritative, ait mené le bal à Paris, plutôt, par exemple, que le secrétaire à l'Éducation Rod Paige, montre par ailleurs à quel point l'esprit qui anime la Maison-Blanche face aux questions d'éducation et de culture est traditionaliste.

En outre, ce retour survient au moment précis où l'UNESCO compte discuter en priorité du projet de convention internationale pour la préservation de la diversité culturelle, face auquel les États-Unis ne cachent pas leur hostilité. Ce projet, dont la France et le Canada sont les principaux porteurs, vise à reconnaître le droit des États à soutenir et à protéger leur industrie culturelle, y compris face à la tentaculaire Organisation mondiale du commerce. Un garde-fou capital contre le monstre hollywoodien. Mais une «mauvaise idée», de l'avis de la nouvelle ambassadrice auprès de l'organisation, Louise V. Oliver, une républicaine pure et dure que la différence culturelle n'émeut pas.

De sorte que Laura Bush ressemblait à s'y méprendre, cette semaine à Paris, à un cheval de Troie.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012