Lettres: Pourquoi refuser d'en débattre ?
Alphonse Touchette - Québec, 15 septembre 2003
24 septembre 2003
Dans une lettre envoyée récemment à plusieurs journaux, le bâtonnier du Québec dit qu'on doit reconnaître aux homosexuels le droit de contracter mariage et que refuser de le faire équivaut à de la discrimination à leur endroit. Ce qui m'a le plus frappé dans cette lettre, c'est que, pour lui, il s'agit là d'une évidence. Or, dans le domaine du droit et de la morale, les évidences ne sont pas si nombreuses. En fait, on pourrait dire que toute la discussion actuelle tourne autour d'un principe qu'on peut formuler ainsi: chacun a droit au plaisir sexuel qui lui convient, et la société doit reconnaître ce droit. En réalité, ce principe n'est pas aussi absolu qu'il le semble à première vue. La société ne s'en remet pas au jugement de chacun en pareille matière.
Ainsi, dans nos sociétés, la polygamie et l'inceste ne sont pas permis. Pas plus que les relations sexuelles entre majeurs et mineurs, alors que les relations entre mineurs d'un certain âge sont mieux tolérées. Les choses ne sont jamais aussi simples qu'on le laisse entendre. Au fond, c'est la société qui détermine les plaisirs sexuels auxquels les personnes ont droit car la société doit assumer les conséquences de ses choix. Dans l'état actuel des choses, notre société reconnaît aux homosexuels le droit au plaisir sexuel de leur choix. Mais comment respecter ce droit au mieux? En accordant l'union civile aux homosexuels? En leur offrant l'institution du mariage? Car c'est bien de l'institution qu'il s'agit ici. On est assez loin de ce qui serait «naturel» ou pas. Quels avantages y a-t-il à réserver l'institution du mariage à l'union hétérosexuelle, la plus normalement ouverte sur la procréation et la famille? Où et comment commence la discrimination? Le fait que l'Église intervient dans le débat peut laisser croire qu'elle livre un autre combat d'arrière-garde contre la modernité. Mais les enjeux ne sont-ils pas autrement plus vastes? Pourquoi les chefs politiques refusent-ils d'en débattre? Seraient-ils les premiers à oublier que c'est la société qui détermine largement le droit et le respect du droit?
Ainsi, dans nos sociétés, la polygamie et l'inceste ne sont pas permis. Pas plus que les relations sexuelles entre majeurs et mineurs, alors que les relations entre mineurs d'un certain âge sont mieux tolérées. Les choses ne sont jamais aussi simples qu'on le laisse entendre. Au fond, c'est la société qui détermine les plaisirs sexuels auxquels les personnes ont droit car la société doit assumer les conséquences de ses choix. Dans l'état actuel des choses, notre société reconnaît aux homosexuels le droit au plaisir sexuel de leur choix. Mais comment respecter ce droit au mieux? En accordant l'union civile aux homosexuels? En leur offrant l'institution du mariage? Car c'est bien de l'institution qu'il s'agit ici. On est assez loin de ce qui serait «naturel» ou pas. Quels avantages y a-t-il à réserver l'institution du mariage à l'union hétérosexuelle, la plus normalement ouverte sur la procréation et la famille? Où et comment commence la discrimination? Le fait que l'Église intervient dans le débat peut laisser croire qu'elle livre un autre combat d'arrière-garde contre la modernité. Mais les enjeux ne sont-ils pas autrement plus vastes? Pourquoi les chefs politiques refusent-ils d'en débattre? Seraient-ils les premiers à oublier que c'est la société qui détermine largement le droit et le respect du droit?
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