Midi, rue Sainte-Catherine
Photo : Jacques Nadeau
Les passants étaient rois, hier, rue Sainte-Catherine, lors de la première journée sans voitures tenue au centre-ville de Montréal.
Prise d'assaut par des milliers de piétons hier, la rue Sainte-Catherine avait des airs de fête, à l'occasion de la Journée mondiale sans voitures. La première édition de l'événement «En ville, sans ma voiture» a été qualifiée de succès par les organisateurs qui songent déjà à renouveler l'expérience l'an prochain en proposant une formule améliorée.
À 10 heures hier matin, la rue Sainte-Catherine a été fermée à la circulation entre les rues Guy, à l'ouest, et McGill College à l'est, pour faire place aux piétons et aux cyclistes jusqu'à 15h30. Comme plus de 1300 villes dans le monde, Montréal participait à cette journée pendant laquelle les voitures étaient bannies des centres-villes.
Les automobilistes ont semblé avoir bien entendu l'appel des autorités qui les avaient priés de laisser leur voiture au garage et aucun bouchon de circulation n'a été signalé autour du périmètre fermé à la circulation. À midi, la foule est devenue soudain plus dense et les passants profitaient de cette trêve de klaxons et de monoxyde de carbone pour prendre l'air.
Estelle Gervais faisait partie de ceux qui avaient renoncé à se rendre au centre-ville en voiture, optant plutôt pour l'autobus. «Je trouve l'idée de fermer la rue Sainte-Catherine excellente», a-t-elle indiqué. Mais si cette heureuse initiative a permis de réduire la pollution engendrée par les voitures, elle n'a fait qu'augmenter la pollution par le bruit, a-t-elle souligné en faisant référence aux décibels produits par le groupe Les Respectables qui, à quelques mètres de là, donnait un spectacle en plein air.
Pour Derek Cairnduff, un employé qui prenait sa pause de dîner, nul doute que cette activité devrait avoir lieu plusieurs fois dans l'année et qu'à ces occasions, d'autres artères importantes, comme le boulevard Saint-Laurent ou la rue Saint-Denis, devraient être bouclées.
Les résultats du sondage mené par l'Agence métropolitaine de transport (AMT), promoteur de l'événement, étaient d'ailleurs éloquents. La grande majorité des 800 répondants interrogés par les sondeurs disséminés le long de la rue Sainte-Catherine ont apprécié l'expérience et ont dit espérer que le périmètre serait élargi lors d'une prochaine édition de «En ville, sans ma voiture».
Selon Peter Krantz, cycliste invétéré et ex-courrier à vélo, la Ville de Montréal aurait avantage à adopter de réelles mesures afin d'encourager les citoyens à voyager autrement qu'en voiture. Un premier pas dans la bonne direction, dit-il, consisterait à aménager une piste cyclable au centre-ville.
Les opinions étaient partagées parmi les commerçants. Martin Cormier, directeur adjoint de la boutique Mexx située à l'angle des rues Sainte-Catherine et McGill College, a reconnu que les affaires avaient été bonnes. De son côté, Gilles Martin, directeur du Presse-café, estimait à 25 % la hausse du chiffre d'affaires de son établissement. Rue Crescent toutefois, les commerçants se sont plaints d'une baisse de clientèle d'environ 30 %. «Je crois que c'est parce qu'il manquait d'activités d'animation dans la rue», a indiqué Ève Drouin, directrice de l'Association des marchands de la rue Crescent. «Les délais pour organiser cette journée ont été tellement courts qu'il n'a pas été possible pour les restaurateurs d'aménager des terrasses extérieures. Ça aurait été une bonne idée de profiter de l'occasion pour organiser une "vente trottoir" par exemple», a-t-elle suggéré. Ces constatations ne l'ont tout de même pas empêchée d'applaudir à l'initiative qui devrait, dit-elle, être renouvelée l'an prochain.
Pour leur part, les organisateurs de la Journée sans voitures étaient enchantés du succès de l'événement. «Nous faisons un bilan extrêmement positif de cette première expérience pour Montréal à tous les points de vue», a indiqué Claude Dauphin, responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal. Non seulement les bouchons de circulation appréhendés ne se sont pas concrétisés, mais le métro a connu une hausse d'achalandage de 10 % avec 16 000 déplacements de plus, a-t-il précisé.
«On peut dire: "Mission accomplie!" Tout s'est bien passé, et il n'y a pas eu d'accroc», a résumé Florence Junca-Adenot, présidente-directrice générale de l'AMT. «Le message qu'on cherchait à communiquer était un message rassembleur en faveur de l'usage raisonné de la voiture en ville. [...] Et la magie de tout ça, c'est que l'appel a été entendu.»
L'AMT et la Ville de Montréal comptent bien revenir à la charge l'an prochain, mais le projet pourrait prendre une forme un peu différente, précise Mme Junca-Adenot. Même si elle n'écarte pas la possibilité d'élargir le périmètre, elle croit que d'autres arrondissements pourraient être appelés à se joindre au mouvement. «On va d'abord faire le bilan avec nos partenaires et on verra», a-t-elle ajouté.
De par le monde
Ailleurs dans le monde, la Journée sans voitures ne s'est pas déroulée sous d'aussi bons auspices. À Paris, où est né le mouvement «En ville, sans ma voiture», un large périmètre a été interdit aux voitures, mais tous les automobilistes n'ont pas eu la même discipline et certains d'entre eux ont réussi à traverser les barrages pour se frayer un chemin dans la zone défendue. Des embouteillages ont également été constatés autour du périmètre. Compte tenu de la circulation dense habituellement observée le lundi, plusieurs villes françaises avaient d'ailleurs renoncé à tenir l'événement qui avait lieu un jour ouvrable pour la première fois en trois ans.
Presque tous les pays européens ont participé à l'opération, mais la formule appliquée variait d'une ville à l'autre. À Londres, seules quelques rues ont été fermées à la circulation. À Lisbonne, les autorités ont préféré rendre l'accès au transport en commun gratuit plutôt que d'interdire la circulation automobile. À Rome, on s'est contenté d'organiser des rencontres de sensibilisation et de mettre des vélos à la disposition des citoyens dans quelques quartiers de la ville.
Une dizaine de villes brésiliennes ont participé à l'opération et une seule en Argentine, soit Buenos Aires. En Asie, Taïwan a été le seul pays à avoir réellement rejoint le mouvement, mais dans Taipei, la circulation semblait aussi dense que d'habitude. À Pékin, les 500 cyclistes qui avaient décidé de manifester ont dû se réfugier dans un parc pour échapper aux voitures.
Quant aux autres villes canadiennes qui participaient à l'opération, soit Toronto, Ottawa, Victoria et Kitchener, elles n'ont pas voulu prendre le risque de restreindre la circulation dans leurs centres-villes, préférant organiser des activités au cours de la fin de semaine.
Avec l'AFP
À 10 heures hier matin, la rue Sainte-Catherine a été fermée à la circulation entre les rues Guy, à l'ouest, et McGill College à l'est, pour faire place aux piétons et aux cyclistes jusqu'à 15h30. Comme plus de 1300 villes dans le monde, Montréal participait à cette journée pendant laquelle les voitures étaient bannies des centres-villes.
Les automobilistes ont semblé avoir bien entendu l'appel des autorités qui les avaient priés de laisser leur voiture au garage et aucun bouchon de circulation n'a été signalé autour du périmètre fermé à la circulation. À midi, la foule est devenue soudain plus dense et les passants profitaient de cette trêve de klaxons et de monoxyde de carbone pour prendre l'air.
Estelle Gervais faisait partie de ceux qui avaient renoncé à se rendre au centre-ville en voiture, optant plutôt pour l'autobus. «Je trouve l'idée de fermer la rue Sainte-Catherine excellente», a-t-elle indiqué. Mais si cette heureuse initiative a permis de réduire la pollution engendrée par les voitures, elle n'a fait qu'augmenter la pollution par le bruit, a-t-elle souligné en faisant référence aux décibels produits par le groupe Les Respectables qui, à quelques mètres de là, donnait un spectacle en plein air.
Pour Derek Cairnduff, un employé qui prenait sa pause de dîner, nul doute que cette activité devrait avoir lieu plusieurs fois dans l'année et qu'à ces occasions, d'autres artères importantes, comme le boulevard Saint-Laurent ou la rue Saint-Denis, devraient être bouclées.
Les résultats du sondage mené par l'Agence métropolitaine de transport (AMT), promoteur de l'événement, étaient d'ailleurs éloquents. La grande majorité des 800 répondants interrogés par les sondeurs disséminés le long de la rue Sainte-Catherine ont apprécié l'expérience et ont dit espérer que le périmètre serait élargi lors d'une prochaine édition de «En ville, sans ma voiture».
Selon Peter Krantz, cycliste invétéré et ex-courrier à vélo, la Ville de Montréal aurait avantage à adopter de réelles mesures afin d'encourager les citoyens à voyager autrement qu'en voiture. Un premier pas dans la bonne direction, dit-il, consisterait à aménager une piste cyclable au centre-ville.
Les opinions étaient partagées parmi les commerçants. Martin Cormier, directeur adjoint de la boutique Mexx située à l'angle des rues Sainte-Catherine et McGill College, a reconnu que les affaires avaient été bonnes. De son côté, Gilles Martin, directeur du Presse-café, estimait à 25 % la hausse du chiffre d'affaires de son établissement. Rue Crescent toutefois, les commerçants se sont plaints d'une baisse de clientèle d'environ 30 %. «Je crois que c'est parce qu'il manquait d'activités d'animation dans la rue», a indiqué Ève Drouin, directrice de l'Association des marchands de la rue Crescent. «Les délais pour organiser cette journée ont été tellement courts qu'il n'a pas été possible pour les restaurateurs d'aménager des terrasses extérieures. Ça aurait été une bonne idée de profiter de l'occasion pour organiser une "vente trottoir" par exemple», a-t-elle suggéré. Ces constatations ne l'ont tout de même pas empêchée d'applaudir à l'initiative qui devrait, dit-elle, être renouvelée l'an prochain.
Pour leur part, les organisateurs de la Journée sans voitures étaient enchantés du succès de l'événement. «Nous faisons un bilan extrêmement positif de cette première expérience pour Montréal à tous les points de vue», a indiqué Claude Dauphin, responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal. Non seulement les bouchons de circulation appréhendés ne se sont pas concrétisés, mais le métro a connu une hausse d'achalandage de 10 % avec 16 000 déplacements de plus, a-t-il précisé.
«On peut dire: "Mission accomplie!" Tout s'est bien passé, et il n'y a pas eu d'accroc», a résumé Florence Junca-Adenot, présidente-directrice générale de l'AMT. «Le message qu'on cherchait à communiquer était un message rassembleur en faveur de l'usage raisonné de la voiture en ville. [...] Et la magie de tout ça, c'est que l'appel a été entendu.»
L'AMT et la Ville de Montréal comptent bien revenir à la charge l'an prochain, mais le projet pourrait prendre une forme un peu différente, précise Mme Junca-Adenot. Même si elle n'écarte pas la possibilité d'élargir le périmètre, elle croit que d'autres arrondissements pourraient être appelés à se joindre au mouvement. «On va d'abord faire le bilan avec nos partenaires et on verra», a-t-elle ajouté.
De par le monde
Ailleurs dans le monde, la Journée sans voitures ne s'est pas déroulée sous d'aussi bons auspices. À Paris, où est né le mouvement «En ville, sans ma voiture», un large périmètre a été interdit aux voitures, mais tous les automobilistes n'ont pas eu la même discipline et certains d'entre eux ont réussi à traverser les barrages pour se frayer un chemin dans la zone défendue. Des embouteillages ont également été constatés autour du périmètre. Compte tenu de la circulation dense habituellement observée le lundi, plusieurs villes françaises avaient d'ailleurs renoncé à tenir l'événement qui avait lieu un jour ouvrable pour la première fois en trois ans.
Presque tous les pays européens ont participé à l'opération, mais la formule appliquée variait d'une ville à l'autre. À Londres, seules quelques rues ont été fermées à la circulation. À Lisbonne, les autorités ont préféré rendre l'accès au transport en commun gratuit plutôt que d'interdire la circulation automobile. À Rome, on s'est contenté d'organiser des rencontres de sensibilisation et de mettre des vélos à la disposition des citoyens dans quelques quartiers de la ville.
Une dizaine de villes brésiliennes ont participé à l'opération et une seule en Argentine, soit Buenos Aires. En Asie, Taïwan a été le seul pays à avoir réellement rejoint le mouvement, mais dans Taipei, la circulation semblait aussi dense que d'habitude. À Pékin, les 500 cyclistes qui avaient décidé de manifester ont dû se réfugier dans un parc pour échapper aux voitures.
Quant aux autres villes canadiennes qui participaient à l'opération, soit Toronto, Ottawa, Victoria et Kitchener, elles n'ont pas voulu prendre le risque de restreindre la circulation dans leurs centres-villes, préférant organiser des activités au cours de la fin de semaine.
Avec l'AFP
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