Reconstruire l'ONU
Sans qu'il soit jamais question d'admettre la moindre erreur, George W. Bush tire depuis quelques semaines les difficiles leçons, pour l'avenir de sa présidence et celle des relations internationales, de son aventurisme en Irak et tente de recoller les pots cassés. Une nouvelle résolution américaine, circulant depuis quelques semaines au Conseil de sécurité sur l'élargissement de la force multinationale en Irak, est venue traduire l'aveu d'impuissance des États-Unis à faire face aux complexités du théâtre irakien. Cet aveu pèsera lourdement cette semaine sur les travaux de la 58e Assemblée générale de l'ONU qui se tient à New York, alors que d'intenses consultations diplomatiques mettront aux prises les Bush, Chirac et Schröder.
Encore que l'affrontement se déroulera en termes prudents et feutrés. Le président français Jacques Chirac ne tient pas à revivre la guerre qui l'a opposé l'hiver dernier aux faucons de la Maison-Blanche sur la pertinence d'aller à Bagdad renverser Saddam Hussein. En entrevue hier au New York Times, il a indiqué qu'il n'était pas question cette fois-ci pour la France d'opposer son veto au nouveau projet de résolution américaine, même si ce dernier tentait encore une fois de faire confirmer par le Conseil de sécurité l'autorité sans partage des États-Unis sur l'Irak. Quant à M. Bush, on s'attend à ce qu'il demeure impénitent sur la question irakienne dans le discours qu'il prononcera ce matin à l'ONU, mais qu'il soit étrangement silencieux sur les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, alors qu'à la même tribune, il y a un an, il menaçait ces deux pays de punition militaire.
La joute qui s'amorce aux Nations unies semble bien annoncer la réhabilitation du multilatéralisme en Irak, mais de façon très progressive. En l'occurrence, les pro et les antiguerre semblent aujourd'hui se réconcilier autour de la peur partagée de voir l'Irak sombrer dans la guerre civile, sans très bien savoir comment éviter la catastrophe.
Ainsi, la revendication française consistant à réclamer un transfert rapide de souveraineté aux Irakiens est si irréaliste, au vu de l'insécurité qui prévaut dans le pays à l'heure actuelle, qu'il est difficile d'y voir autre chose qu'une position de négociation préliminaire sur un rôle élargi pour l'ONU. Pendant ce temps à la Maison-Blanche, Rumsfeld et consorts se font tout à coup moins dominants à la faveur du plus modéré secrétaire d'État Colin Powell. Certains disent que le président tient rancune au Pentagone de la faiblesse de sa planification d'après-guerre. Surtout, M. Bush a apparemment décidé qu'il fallait cacher les faucons, au moins provisoirement, pour sauvegarder sa réélection en 2004, à la lumière des sondages d'opinion qui dégagent un effritement notable de ses appuis: pour la première fois depuis le début de la guerre, moins de la moitié des Américains — 46 % — approuvent la politique américaine en Irak, selon un nouveau sondage Newsweek. Qu'ils continuent de s'effriter.
Encore que l'affrontement se déroulera en termes prudents et feutrés. Le président français Jacques Chirac ne tient pas à revivre la guerre qui l'a opposé l'hiver dernier aux faucons de la Maison-Blanche sur la pertinence d'aller à Bagdad renverser Saddam Hussein. En entrevue hier au New York Times, il a indiqué qu'il n'était pas question cette fois-ci pour la France d'opposer son veto au nouveau projet de résolution américaine, même si ce dernier tentait encore une fois de faire confirmer par le Conseil de sécurité l'autorité sans partage des États-Unis sur l'Irak. Quant à M. Bush, on s'attend à ce qu'il demeure impénitent sur la question irakienne dans le discours qu'il prononcera ce matin à l'ONU, mais qu'il soit étrangement silencieux sur les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, alors qu'à la même tribune, il y a un an, il menaçait ces deux pays de punition militaire.
La joute qui s'amorce aux Nations unies semble bien annoncer la réhabilitation du multilatéralisme en Irak, mais de façon très progressive. En l'occurrence, les pro et les antiguerre semblent aujourd'hui se réconcilier autour de la peur partagée de voir l'Irak sombrer dans la guerre civile, sans très bien savoir comment éviter la catastrophe.
Ainsi, la revendication française consistant à réclamer un transfert rapide de souveraineté aux Irakiens est si irréaliste, au vu de l'insécurité qui prévaut dans le pays à l'heure actuelle, qu'il est difficile d'y voir autre chose qu'une position de négociation préliminaire sur un rôle élargi pour l'ONU. Pendant ce temps à la Maison-Blanche, Rumsfeld et consorts se font tout à coup moins dominants à la faveur du plus modéré secrétaire d'État Colin Powell. Certains disent que le président tient rancune au Pentagone de la faiblesse de sa planification d'après-guerre. Surtout, M. Bush a apparemment décidé qu'il fallait cacher les faucons, au moins provisoirement, pour sauvegarder sa réélection en 2004, à la lumière des sondages d'opinion qui dégagent un effritement notable de ses appuis: pour la première fois depuis le début de la guerre, moins de la moitié des Américains — 46 % — approuvent la politique américaine en Irak, selon un nouveau sondage Newsweek. Qu'ils continuent de s'effriter.
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