mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 19h34


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Journée internationale sans voitures - Transportons-nous autrement qu'en auto solo

22 septembre 2003 
En célébrant pour la première fois la Journée internationale sans voitures, aujourd'hui, Montréal se joint à plus de 1300 villes de 36 pays qui signifient ainsi leur adhésion à l'usage prioritaire des transports alternatifs à l'auto solo dans les métropoles d'aujourd'hui et de demain.

Les élus de la Ville de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie, et les nombreux partenaires méritent des félicitations pour ce geste courageux et visionnaire qui donne le ton à un mouvement rassembleur et symbolique pour toute la région métropolitaine.

Pourquoi une réflexion sur la mobilité est-elle si importante?

Les transports collectifs (covoiturage, métro, trains de banlieue, autobus, taxis, vélo ou marche) contribuent à la prospérité de l'agglomération. Toute diminution de la congestion entraîne une réduction des heures de travail perdues, évaluées à 500 millions par année dans la région de Montréal. Par ailleurs, les transports collectifs représentent une économie pour les usagers. En effet, choisir de ne pas acheter une voiture compacte représente un gain net annuel de 5000 $ pour celui qui s'abonne au transport en commun.

Les villes qui accueillent le flot des automobilistes économisent aussi des coûts d'infrastructures, de sécurité, d'entretien, etc. Tout en diminuant la congestion, les transports collectifs facilitent une circulation plus fluide des marchandises et des personnes, augmentant d'autant la performance globale de l'économie métropolitaine. La société en sort donc gagnante, offrant à ceux qui n'ont pas de voitures (34 % des ménages de Montréal) une mobilité accessible à prix raisonnable et, à l'ensemble des citoyens, des infrastructures de transports collectifs moins coûteuses que la construction de nouvelles routes.

L'industrie des transports collectifs est essentiellement québécoise puisque 95 % de l'argent qui lui est consacré crée des emplois au Québec, par rapport à 55 % seulement pour nos dépenses dans l'automobile. De plus, elle fait un large et croissant usage de l'énergie hydroélectrique. Les investissements en transport en commun soutiennent donc, directement, l'activité économique, et permettent d'exporter le savoir et l'expertise développés sur le plan des nouvelles technologies.

Dans un autre registre, les transports collectifs sont aussi un outil essentiel pour améliorer la santé, ainsi que la qualité de vie urbaine qui constitue un critère de localisation de plus en plus valorisé par les entreprises et les citoyens.

Le protocole de Kyoto nous rappelle la corrélation entre la croissance du nombre de véhicules automobiles et la dégradation de la qualité de l'air ainsi que les changements climatiques. Outre la pollution par le bruit et la congestion, le transport dans les centres urbains est à lui seul responsable de 78 % de la pollution de l'air, de 30 % à 40 % des émissions de gaz à effet de serre et de 10 % des maladies respiratoires. C'est pourquoi les transports collectifs constituent indéniablement un des moyens à privilégier pour améliorer les conditions de santé.

Donnons-en un exemple. À l'occasion des Jeux olympiques de 1996, à Atlanta, certaines rues furent fermées aux véhicules privés. En contrepartie, 1000 autobus ont été ajoutés pendant 17 jours, 24 heures sur 24. Durant cette période, le taux de congestion au centre-ville a été réduit de 22 %; les crises d'asthme aiguës, selon les quartiers centraux, ont diminué de 11 % à 44 %; la concentration d'ozone a chuté de 10 % et le monoxyde de carbone de 18 %.

Les stratégies réussies de revitalisation ou de dynamisation des quartiers anciens et des centres urbains dans les agglomérations des pays industrialisés se sont toutes appuyées sur des choix d'aménagement privilégiant la mobilité des personnes autrement qu'en auto solo.

Les transports collectifs sont aussi plus sécuritaires que l'usage de l'automobile. Au moment où les médias montrent en exergue les accidents de la route, une étude récente, publiée par l'IUTP (Union internationale des transports publics) en 2003, prouve qu'il est, selon les routes, de cinq à 10 fois plus sécuritaire de voyager en transports collectifs qu'en automobile.

La qualité de vie urbaine, la prévention en matière de santé, le dynamisme des quartiers centraux, comme ceux des banlieues complémentaires et vivantes, sont autant de motifs, dans une société motorisée comme la nôtre, qui incitent à rechercher un nouvel équilibre entre l'auto solo et le cocktail des modes alternatifs.

La journée d'aujourd'hui est donc l'occasion d'un appel à tous et toutes, à réfléchir aux caractéristiques des villes et agglomérations métropolitaines — vibrantes, efficaces, prospères, attirantes pour les citoyens et milieux d'affaires — que nous souhaitons habiter. Des transports collectifs offrant des services ponctuels, rapides, efficaces, économiques, adaptés aux besoins, et desservant l'ensemble de la région métropolitaine, ainsi que l'action coordonnée de transporteurs efficaces, dotés de l'autonomie requise pour se concentrer sur les services à leurs clients et sur l'accroissement de l'achalandage, constituent un atout irremplaçable. Ces choix reposent sur la mobilisation et l'action convergente de tous les acteurs de la société civile et politique, et supposent que le financement adéquat du transport collectif soit reconnu comme l'une de nos importantes priorités sociétales.

Après la remontée encourageante de l'usage des transports collectifs, au cours des dernières années, faisons du 22 septembre 2003 un accélérateur de la démarche en faveur des transports durables.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009