Vers un déficit de 4 milliards
Québec - Tandis que Jean Charest persiste à promettre une baisse d'impôt de un milliard de dollars dès l'an prochain, son gouvernement est aux prises avec une impasse financière de quatre milliards en 2004-05 attribuable au ralentissement économique. La situation des finances publiques québécoises inquiète sérieusement les mandarins du ministère des Finances.
C'est ce qu'a appris Le Devoir de sources sûres. En présentant son premier budget, en juin dernier, le ministre des Finances, Yves Séguin, avait révélé qu'avant même de consentir la baisse d'impôt de un milliard promise dans le programme électoral des libéraux pour 2003-04, le gouvernement devrait résorber une impasse financière de 1,9 milliard. Or, depuis le dépôt du budget, les conditions économiques se sont grandement détériorées: ce sont maintenant trois milliards que le gouvernement devra éponger, ce qui, ajouté aux baisses d'impôt de un milliard, porte à quatre milliards de dollars le manque à gagner pour boucler le budget de l'an prochain, selon les projections actuelles du ministère des Finances.
Il ne faut pas trop compter sur l'exercice de «réingénierie» amorcé par le gouvernement pour sortir de cette impasse financière, estime-t-on dans les officines du ministère des Finances. En dépit de ses pompeuses ambitions, la réingénierie n'aura qu'un effet marginal sur les dépenses budgétaires du gouvernement, du moins à court terme.
Quatre milliards sur un budget de 56,6 milliards, c'est relativement peu, souligne-t-on au cabinet de Jean Charest. Mais au ministère des Finances, on ne voit pas les choses du même oeil. Le gouvernement Charest a promis de hausser les budgets de la Santé et de l'Éducation, qui représentent 60 % des dépenses du gouvernement s'élevant à 48 milliards. C'est donc dire que les compressions devront être faites dans les autres ministères, qui accaparent 20 milliards du budget de dépenses de l'État. Or, quatre milliards de 20 milliards, c'est 20 % du budget global de ces ministères, ce qui ne peut être retranché d'un coup sans pleurs ni grincements de dents.
On s'interroge sur la promesse de Jean Charest, qui veut que le fardeau fiscal au Québec soit ramené à la moyenne canadienne. Au fil des ans, l'État du Québec s'est doté de missions que les autres provinces ont laissées à Ottawa ou n'ont tout simplement pas voulu assumer. Seul le Québec finance son propre ministère du Revenu alors que le fédéral perçoit les impôts des autres provinces. Le Québec s'est doté d'un ministère des Relations internationales et d'un réseau de délégations à l'étranger. Il dépense aussi beaucoup plus par habitant que les autres provinces pour soutenir la culture. Avoir une fiscalité semblable aux autres provinces, c'est aussi avoir un État qui devra se contenter d'occuper la même place, raisonne-t-on.
Le gouvernement Charest entend exercer un contrôle serré des dépenses et réduire les dépenses fiscales. C'est ce que le dernier budget Séguin a fait: la moitié des sommes servant à colmater l'impasse budgétaire est venue de la réduction des dépenses de programmes; l'autre moitié provient de la diminution des dépenses fiscales grâce aux coupes dans les crédits d'impôt aux entreprises. Avec sa réingénierie, qui commence par une révision des programmes gouvernementaux, on passe maintenant aux garderies à 5 $ par jour pour en abaisser le coût pour l'État. Même aux Transports, la réingénierie déclinée sous la forme de partenariats public-privé pourrait générer des économies à court terme, assure-t-on.
Au cabinet du premier ministre, on reconnaît que la croissance moyenne de 2,5 % prévue dans le budget Séguin n'est pas au rendez-vous. Au Canada, la croissance a été négative au deuxième trimestre. Les données pour le Québec n'ont pas encore été publiées mais devraient ressembler aux résultats de l'ensemble canadien. On se console en faisant remarquer que la demande intérieure, de laquelle dépendent davantage les revenus de l'État, s'est maintenue. On s'attend aussi à ce que la reprise prévue aux États-Unis se matérialise et se répercute rapidement au Québec.
C'est ce qu'a appris Le Devoir de sources sûres. En présentant son premier budget, en juin dernier, le ministre des Finances, Yves Séguin, avait révélé qu'avant même de consentir la baisse d'impôt de un milliard promise dans le programme électoral des libéraux pour 2003-04, le gouvernement devrait résorber une impasse financière de 1,9 milliard. Or, depuis le dépôt du budget, les conditions économiques se sont grandement détériorées: ce sont maintenant trois milliards que le gouvernement devra éponger, ce qui, ajouté aux baisses d'impôt de un milliard, porte à quatre milliards de dollars le manque à gagner pour boucler le budget de l'an prochain, selon les projections actuelles du ministère des Finances.
Il ne faut pas trop compter sur l'exercice de «réingénierie» amorcé par le gouvernement pour sortir de cette impasse financière, estime-t-on dans les officines du ministère des Finances. En dépit de ses pompeuses ambitions, la réingénierie n'aura qu'un effet marginal sur les dépenses budgétaires du gouvernement, du moins à court terme.
Quatre milliards sur un budget de 56,6 milliards, c'est relativement peu, souligne-t-on au cabinet de Jean Charest. Mais au ministère des Finances, on ne voit pas les choses du même oeil. Le gouvernement Charest a promis de hausser les budgets de la Santé et de l'Éducation, qui représentent 60 % des dépenses du gouvernement s'élevant à 48 milliards. C'est donc dire que les compressions devront être faites dans les autres ministères, qui accaparent 20 milliards du budget de dépenses de l'État. Or, quatre milliards de 20 milliards, c'est 20 % du budget global de ces ministères, ce qui ne peut être retranché d'un coup sans pleurs ni grincements de dents.
On s'interroge sur la promesse de Jean Charest, qui veut que le fardeau fiscal au Québec soit ramené à la moyenne canadienne. Au fil des ans, l'État du Québec s'est doté de missions que les autres provinces ont laissées à Ottawa ou n'ont tout simplement pas voulu assumer. Seul le Québec finance son propre ministère du Revenu alors que le fédéral perçoit les impôts des autres provinces. Le Québec s'est doté d'un ministère des Relations internationales et d'un réseau de délégations à l'étranger. Il dépense aussi beaucoup plus par habitant que les autres provinces pour soutenir la culture. Avoir une fiscalité semblable aux autres provinces, c'est aussi avoir un État qui devra se contenter d'occuper la même place, raisonne-t-on.
Le gouvernement Charest entend exercer un contrôle serré des dépenses et réduire les dépenses fiscales. C'est ce que le dernier budget Séguin a fait: la moitié des sommes servant à colmater l'impasse budgétaire est venue de la réduction des dépenses de programmes; l'autre moitié provient de la diminution des dépenses fiscales grâce aux coupes dans les crédits d'impôt aux entreprises. Avec sa réingénierie, qui commence par une révision des programmes gouvernementaux, on passe maintenant aux garderies à 5 $ par jour pour en abaisser le coût pour l'État. Même aux Transports, la réingénierie déclinée sous la forme de partenariats public-privé pourrait générer des économies à court terme, assure-t-on.
Au cabinet du premier ministre, on reconnaît que la croissance moyenne de 2,5 % prévue dans le budget Séguin n'est pas au rendez-vous. Au Canada, la croissance a été négative au deuxième trimestre. Les données pour le Québec n'ont pas encore été publiées mais devraient ressembler aux résultats de l'ensemble canadien. On se console en faisant remarquer que la demande intérieure, de laquelle dépendent davantage les revenus de l'État, s'est maintenue. On s'attend aussi à ce que la reprise prévue aux États-Unis se matérialise et se répercute rapidement au Québec.
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