Un général à la rescousse ?
Guy Taillefer
18 septembre 2003
Les militaires ayant bonne presse dans la culture politique américaine, l'entrée en scène hier du général à la retraite Wesley Clark pourrait potentiellement bouleverser la course à la présidentielle de 2004. Si ce général métamorphosé en politicien démocrate parvient à faire une percée au début des primaires en janvier, alors George W. Bush commencera peut-être à s'inquiéter pour sa réélection. Ce dont nous ne saurions que nous réjouir, vu que M. Clark est l'un des rares candidats démocrates à s'être opposés à la guerre en Irak et à ne pas avoir abdiqué son esprit critique face à l'unilatéralisme guerrier de la Maison-Blanche dans la foulée des attentats du 11 septembre.
Pour l'heure, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. Considéré comme un esprit indépendant et un homme brillant, ce général, vétéran de la guerre du Vietnam et vainqueur de la guerre du Kosovo en 1999 à titre de commandant en chef des forces de l'OTAN, a cependant des faiblesses qui pourraient rapidement faire couler sa campagne à l'investiture démocrate. Néophyte de la politique politicienne, il est pour ainsi dire totalement inconnu du grand public américain. Il s'est entouré de professionnels de la politique qui ont oeuvré sous Bill Clinton et Al Gore, mais il entre dans la course si tardivement que plusieurs jugent d'avance son retard insurmontable sur les neuf autres candidats démocrates en matière de financement et d'organisation.
Wesley Clark est à bien des égards l'antidote idéal à M. Bush. Il a la gueule télégénique de l'emploi, ce qui est utile. Il est tout ce qu'il y a de plus démocrate en matière sociale et fiscale. Puis, sa feuille de route militaire vient crédibiliser un Parti démocrate qui prête le flanc depuis trente ans aux attaques des républicains sur les questions de défense nationale.
Si sa campagne à l'investiture décolle, le premier à en souffrir pourrait d'ailleurs être le meneur actuel, Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, candidat de la marge que la position antiguerre a rendu très populaire parmi les militants démocrates. Mais l'establishment du parti trouve M. Dean beaucoup trop «libéral» — au sens américain du terme — pour réunir une majorité à l'élection présidentielle. Si, par ailleurs, le général fait long feu, une hypothèse plausible le fait colistier à la vice-présidence. Si bien que le général est probablement là pour rester, où que sa tentative le conduise.
Il ne faut pas prendre Wesley Clark pour l'antiguerre radical qu'il n'est pas: ce qui le fait bondir par-dessus tout, ce n'est pas la décision d'évincer Saddam Hussein, mais plutôt l'aveuglante arrogance avec laquelle M. Bush, qui en souffre aujourd'hui, a cru pouvoir se passer du dialogue avec le reste du monde dans l'application de sa «guerre au terrorisme». Une position multilatéraliste — passant par l'ONU et l'OTAN — qui est aux antipodes de celle des faucons de la présidence actuelle. De sorte qu'un Wesley Clark à la Maison-Blanche vaudrait mieux que quatre années additionnelles de George W. Bush.
Pour l'heure, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. Considéré comme un esprit indépendant et un homme brillant, ce général, vétéran de la guerre du Vietnam et vainqueur de la guerre du Kosovo en 1999 à titre de commandant en chef des forces de l'OTAN, a cependant des faiblesses qui pourraient rapidement faire couler sa campagne à l'investiture démocrate. Néophyte de la politique politicienne, il est pour ainsi dire totalement inconnu du grand public américain. Il s'est entouré de professionnels de la politique qui ont oeuvré sous Bill Clinton et Al Gore, mais il entre dans la course si tardivement que plusieurs jugent d'avance son retard insurmontable sur les neuf autres candidats démocrates en matière de financement et d'organisation.
Wesley Clark est à bien des égards l'antidote idéal à M. Bush. Il a la gueule télégénique de l'emploi, ce qui est utile. Il est tout ce qu'il y a de plus démocrate en matière sociale et fiscale. Puis, sa feuille de route militaire vient crédibiliser un Parti démocrate qui prête le flanc depuis trente ans aux attaques des républicains sur les questions de défense nationale.
Si sa campagne à l'investiture décolle, le premier à en souffrir pourrait d'ailleurs être le meneur actuel, Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, candidat de la marge que la position antiguerre a rendu très populaire parmi les militants démocrates. Mais l'establishment du parti trouve M. Dean beaucoup trop «libéral» — au sens américain du terme — pour réunir une majorité à l'élection présidentielle. Si, par ailleurs, le général fait long feu, une hypothèse plausible le fait colistier à la vice-présidence. Si bien que le général est probablement là pour rester, où que sa tentative le conduise.
Il ne faut pas prendre Wesley Clark pour l'antiguerre radical qu'il n'est pas: ce qui le fait bondir par-dessus tout, ce n'est pas la décision d'évincer Saddam Hussein, mais plutôt l'aveuglante arrogance avec laquelle M. Bush, qui en souffre aujourd'hui, a cru pouvoir se passer du dialogue avec le reste du monde dans l'application de sa «guerre au terrorisme». Une position multilatéraliste — passant par l'ONU et l'OTAN — qui est aux antipodes de celle des faucons de la présidence actuelle. De sorte qu'un Wesley Clark à la Maison-Blanche vaudrait mieux que quatre années additionnelles de George W. Bush.
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