Lettres: Le développement des enfants d'abord
Jean-François Bernard
16 septembre 2003
Dans son mémoire sur la qualité des services de garde (Le Devoir, 10-09-03), M. Tremblay plaide en faveur de la mission éducative des services de garde: «Si on veut réellement améliorer le développement des jeunes, il faut faire plus que les garder.»
Bravo! Toutefois, M. Tremblay nous explique que cela permettra plus tard aux enfants de «mieux s'intégrer sur le marché du travail» et «de devenir des citoyens productifs». Ainsi, le développement de notre «capital humain» nous permettra de «demeurer concurrentiels dans un univers de haute technologie». Là, on se demande si on a affaire à un professeur de sciences de l'éducation ou de sciences économiques! Est-il devenu utopiste de se préoccuper d'abord du développement de nos enfants, sans autre objectif, économique ou autre, que celui essentiel de leur mieux-être? Si M. Tremblay espère mieux vendre son projet éducatif aux décideurs en en faisant valoir l'intérêt économique, il dessert par ailleurs sa collectivité en subordonnant une pensée éducative humaniste à une logique de marché. Il est désolant de constater cette dérive chez un intellectuel de l'éducation.
Par ailleurs, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, et souhaitons que l'étude de M. Tremblay remette en question l'intention du gouvernement libéral de favoriser le développement de places en garderies à but lucratif. L'étude confirme ce qui était bien connu de tous les intervenants du milieu, à savoir que, pour des raisons structurelles, elles offrent des services qui sont généralement de moins bonne qualité que ceux dispensés en CPE.
Bravo! Toutefois, M. Tremblay nous explique que cela permettra plus tard aux enfants de «mieux s'intégrer sur le marché du travail» et «de devenir des citoyens productifs». Ainsi, le développement de notre «capital humain» nous permettra de «demeurer concurrentiels dans un univers de haute technologie». Là, on se demande si on a affaire à un professeur de sciences de l'éducation ou de sciences économiques! Est-il devenu utopiste de se préoccuper d'abord du développement de nos enfants, sans autre objectif, économique ou autre, que celui essentiel de leur mieux-être? Si M. Tremblay espère mieux vendre son projet éducatif aux décideurs en en faisant valoir l'intérêt économique, il dessert par ailleurs sa collectivité en subordonnant une pensée éducative humaniste à une logique de marché. Il est désolant de constater cette dérive chez un intellectuel de l'éducation.
Par ailleurs, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, et souhaitons que l'étude de M. Tremblay remette en question l'intention du gouvernement libéral de favoriser le développement de places en garderies à but lucratif. L'étude confirme ce qui était bien connu de tous les intervenants du milieu, à savoir que, pour des raisons structurelles, elles offrent des services qui sont généralement de moins bonne qualité que ceux dispensés en CPE.
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