Syndicats: Charest lance les hostilités
Le chef libéral veut abattre la barrière de la sous-traitance dès cet automne
Kathleen Lévesque
15 septembre 2003
Photo : Jacques Grenier
Jean Charest dit ne pas s’attendre à un bras de fer avec les syndicats.
Au nom du pragmatisme dont il se réclame, le premier ministre Jean Charest a rappelé hier sa volonté d'abattre la barrière à la sous-traitance en modifiant l'article 45 du Code du travail.
En conformité avec le programme adopté il y a un an par le Parti libéral, M. Charest a affirmé que son gouvernement irait de l'avant dès cet automne dans ce dossier afin de «dynamiser l'économie». Il s'agit là d'une des priorités d'action du gouvernement libéral que M. Charest a présentées aux militants de son parti réunis toute la fin de semaine à Laval pour le premier conseil général depuis l'élection du 14 avril.
«On ne peut pas interdire au gouvernement, à nos hôpitaux, à nos villes de faire affaire avec des sous-traitants. On ne peut pas imposer de telles barrières à une plus grande efficacité. [...] Est-ce qu'on va continuer à bloquer la sous-traitance dans le secteur public, alors qu'on pourrait être plus efficaces et mieux répondre aux besoins en s'ouvrant aux partenaires et à de nouveaux concepts de gestion?», a lancé le premier ministre dans son discours de clôture.
C'est avec cette préoccupation d'efficacité que le gouvernement Charest entend réduire dès cet automne le nombre d'unités d'accréditation syndicales dans les hôpitaux. Le premier ministre dit viser une meilleure organisation du travail qui engendrerait de meilleurs services aux patients.
Le gouvernement libéral prend cette voie alors que démarreront sous peu les négociations avec les 400 000 fonctionnaires des secteurs public et parapublic. Le dossier de l'équité salariale, qui tarde à se régler, s'ajoute à ces éléments qui pourraient envenimer les relations entre les syndicats et le gouvernement.
Jean Charest dit ne pas craindre de brasse-camarade avec les centrales syndicales qui ne peuvent plaider l'ignorance, a-t-il rappelé. «Je ne m'attends pas à ce que ce débat-là se fasse dans un contexte de bras de fer. On a reçu un mandat de changement très important de la population. Ça ne peut pas être plus démocratique que ça: on a annoncé notre programme il y a un an. Tout le monde a eu le temps d'éplucher ça», a affirmé plus tard M. Charest aux journalistes.
Le patronat et les municipalités réclamaient en vain du précédent gouvernement qu'il leur accorde davantage de souplesse. Mais à chaque fois que la sous-traitance a été analysée, elle a aussitôt été rejetée. Avec le Parti libéral du Québec, l'engagement d'éliminer les contraintes associées à l'article 45 du Code du travail est clair. Et Jean Charest a donné l'assurance hier qu'il était prêt à ouvrir cette boîte de Pandore.
Le dossier est lié au projet de révision du rôle de l'État que M. Charest veut plus efficace et moins interventionniste. Ce que M. Charest présentait il y a encore quelques semaines comme la réingénierie de l'État, et qu'il décrit maintenant comme la «modernisation» de l'État, a fait l'objet d'une discussion entre les militants et la responsable du dossier, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.
Cette dernière entend recourir aux compétences du secteur privé dans différents dossiers et notamment celui de l'eau. Alors que le message du premier ministre est demeuré au niveau des principes — «Le Québec est mûr pour un grand tournant» —, sa collègue du Conseil du trésor s'est montrée plus précise. Cherchant à illustrer la réorganisation qu'elle préconise, Mme Jérôme-Forget a donné l'exemple de l'Angleterre où la qualité de l'eau se serait améliorée depuis que la gestion a été confiée au privé.
«Je suis très, très préoccupée par la qualité de l'eau à plusieurs endroits au Québec», a-t-elle laissé tomber lors d'un point de presse avant d'ajouter qu'à Montréal, la qualité de l'eau ne répondait pas aux normes internationales.
Devant ce ton alarmiste, le premier ministre a tenté de se montrer rassurant, n'hésitant pas à contredire Mme Jérôme-Forget. «La qualité de l'eau à Montréal, comme ailleurs au Québec, respecte les standards internationaux. Elle est parfaitement saine. L'eau est correcte. C'est la qualité des infrastructures, le problème», a soutenu Jean Charest qui a rappelé qu'en 2001, on estimait devoir investir quelque 900 millions pour une mise à niveau des réseaux de distribution d'eau.
Par ailleurs, M. Charest a tenu à souligner qu'il n'était pas question d'une privatisation de la distribution de l'eau au Québec. Il a également précisé que le partenariat public-privé ne signifiait pas la privatisation.
Mme Jérôme-Forget doit présenter dans les prochaines semaines une politique de partenariat avec l'entreprise privée qui apparaît comme le moyen privilégié pour réduire la taille de l'État. Tous les ministères sont en train de revoir leurs programmes respectifs.
Ainsi, du côté de la justice, le ministre Marc Bellemare prévoit mettre sur pied cet automne un groupe de travail pour revoir les services d'aide juridique. «Ce qu'on vise idéalement, c'est rehausser les barèmes, soit de faire en sorte que davantage de gens soient admissibles sans nécessairement injecter des fonds supplémentaires. Il faut aussi revoir le fonctionnement de ce système-là, sa structure», a affirmé le ministre Bellemare.
Dans le délicat dossier de la santé, qui demeure la première priorité gouvernementale, les Québécois pourront consulter les listes d'attente dans les hôpitaux sur Internet. Cette première étape devrait être franchie d'ici un mois. Par la suite, le gouvernement mettra en place tel que promis lors des élections, un système de «magasinage» des délais. Ainsi, les patients pourront choisir de se faire opérer dans un autre hôpital où la liste d'attente est plus courte.
En conformité avec le programme adopté il y a un an par le Parti libéral, M. Charest a affirmé que son gouvernement irait de l'avant dès cet automne dans ce dossier afin de «dynamiser l'économie». Il s'agit là d'une des priorités d'action du gouvernement libéral que M. Charest a présentées aux militants de son parti réunis toute la fin de semaine à Laval pour le premier conseil général depuis l'élection du 14 avril.
«On ne peut pas interdire au gouvernement, à nos hôpitaux, à nos villes de faire affaire avec des sous-traitants. On ne peut pas imposer de telles barrières à une plus grande efficacité. [...] Est-ce qu'on va continuer à bloquer la sous-traitance dans le secteur public, alors qu'on pourrait être plus efficaces et mieux répondre aux besoins en s'ouvrant aux partenaires et à de nouveaux concepts de gestion?», a lancé le premier ministre dans son discours de clôture.
C'est avec cette préoccupation d'efficacité que le gouvernement Charest entend réduire dès cet automne le nombre d'unités d'accréditation syndicales dans les hôpitaux. Le premier ministre dit viser une meilleure organisation du travail qui engendrerait de meilleurs services aux patients.
Le gouvernement libéral prend cette voie alors que démarreront sous peu les négociations avec les 400 000 fonctionnaires des secteurs public et parapublic. Le dossier de l'équité salariale, qui tarde à se régler, s'ajoute à ces éléments qui pourraient envenimer les relations entre les syndicats et le gouvernement.
Jean Charest dit ne pas craindre de brasse-camarade avec les centrales syndicales qui ne peuvent plaider l'ignorance, a-t-il rappelé. «Je ne m'attends pas à ce que ce débat-là se fasse dans un contexte de bras de fer. On a reçu un mandat de changement très important de la population. Ça ne peut pas être plus démocratique que ça: on a annoncé notre programme il y a un an. Tout le monde a eu le temps d'éplucher ça», a affirmé plus tard M. Charest aux journalistes.
Le patronat et les municipalités réclamaient en vain du précédent gouvernement qu'il leur accorde davantage de souplesse. Mais à chaque fois que la sous-traitance a été analysée, elle a aussitôt été rejetée. Avec le Parti libéral du Québec, l'engagement d'éliminer les contraintes associées à l'article 45 du Code du travail est clair. Et Jean Charest a donné l'assurance hier qu'il était prêt à ouvrir cette boîte de Pandore.
Le dossier est lié au projet de révision du rôle de l'État que M. Charest veut plus efficace et moins interventionniste. Ce que M. Charest présentait il y a encore quelques semaines comme la réingénierie de l'État, et qu'il décrit maintenant comme la «modernisation» de l'État, a fait l'objet d'une discussion entre les militants et la responsable du dossier, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.
Cette dernière entend recourir aux compétences du secteur privé dans différents dossiers et notamment celui de l'eau. Alors que le message du premier ministre est demeuré au niveau des principes — «Le Québec est mûr pour un grand tournant» —, sa collègue du Conseil du trésor s'est montrée plus précise. Cherchant à illustrer la réorganisation qu'elle préconise, Mme Jérôme-Forget a donné l'exemple de l'Angleterre où la qualité de l'eau se serait améliorée depuis que la gestion a été confiée au privé.
«Je suis très, très préoccupée par la qualité de l'eau à plusieurs endroits au Québec», a-t-elle laissé tomber lors d'un point de presse avant d'ajouter qu'à Montréal, la qualité de l'eau ne répondait pas aux normes internationales.
Devant ce ton alarmiste, le premier ministre a tenté de se montrer rassurant, n'hésitant pas à contredire Mme Jérôme-Forget. «La qualité de l'eau à Montréal, comme ailleurs au Québec, respecte les standards internationaux. Elle est parfaitement saine. L'eau est correcte. C'est la qualité des infrastructures, le problème», a soutenu Jean Charest qui a rappelé qu'en 2001, on estimait devoir investir quelque 900 millions pour une mise à niveau des réseaux de distribution d'eau.
Par ailleurs, M. Charest a tenu à souligner qu'il n'était pas question d'une privatisation de la distribution de l'eau au Québec. Il a également précisé que le partenariat public-privé ne signifiait pas la privatisation.
Mme Jérôme-Forget doit présenter dans les prochaines semaines une politique de partenariat avec l'entreprise privée qui apparaît comme le moyen privilégié pour réduire la taille de l'État. Tous les ministères sont en train de revoir leurs programmes respectifs.
Ainsi, du côté de la justice, le ministre Marc Bellemare prévoit mettre sur pied cet automne un groupe de travail pour revoir les services d'aide juridique. «Ce qu'on vise idéalement, c'est rehausser les barèmes, soit de faire en sorte que davantage de gens soient admissibles sans nécessairement injecter des fonds supplémentaires. Il faut aussi revoir le fonctionnement de ce système-là, sa structure», a affirmé le ministre Bellemare.
Dans le délicat dossier de la santé, qui demeure la première priorité gouvernementale, les Québécois pourront consulter les listes d'attente dans les hôpitaux sur Internet. Cette première étape devrait être franchie d'ici un mois. Par la suite, le gouvernement mettra en place tel que promis lors des élections, un système de «magasinage» des délais. Ainsi, les patients pourront choisir de se faire opérer dans un autre hôpital où la liste d'attente est plus courte.
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