Oui à l'égalité, non à l'uniformité
Photo : Jacques Nadeau
«Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques catholiques, comme à tous les catholiques d’ailleurs, de former leur conscience dans la prière, par la lecture attentive des Écritures et par l’écoute respectueuse de l’enseignement de l’É
Modifier la définition du mariage, comme le gouvernement fédéral entend le faire, est une option dangereuse qui pourrait avoir des conséquences insoupçonnées, croit Mgr Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal. «Si le mariage devient l'union de deux personnes qui s'aiment, va-t-on permettre le mariage entre un frère et une soeur? Entre un père et sa fille? Entre une mère et son fils?», demande-t-il.
Ces appréhensions peuvent sembler farfelues, mais Mgr Turcotte, qui se défend bien de vouloir «charrier», est convaincu qu'«on n'a pas idée des conséquences que cela pourrait avoir dans le futur».
Dans un message adressé aux catholiques, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a demandé hier que la définition traditionnelle du mariage, décrit comme «l'union légitime d'un homme et d'une femme à l'exclusion de toute autre personne», demeure inchangée.
Rappelons que le gouvernement de Jean Chrétien a décidé en juin dernier de ne pas contester les décisions rendues par des tribunaux du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, lesquels avaient jugé discriminatoire la définition actuelle du mariage. Le nouveau projet de loi, qui permettra le mariage entre conjoints de même sexe, sera d'abord soumis à la Cour suprême avant de faire l'objet d'un vote par les élus.
La CECC a tenu hier à réitérer sa position au sujet des mariage gais, invitant les politiciens à tenir compte, dans leur réflexion, du caractère fondamental et irremplaçable du mariage des couples hétérosexuels, qui jouent un rôle central dans la procréation et dans l'éducation des générations futures. L'État a le devoir de protéger ce que les évêques considèrent comme la «cellule de base de la société», estime la CECC.
«Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques catholiques, comme à tous les catholiques d'ailleurs, de former leur conscience dans la prière, par la lecture attentive des Écritures et par l'écoute respectueuse de l'enseignement de l'Église», a indiqué Mgr Jacques Berthelet, évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la CECC, lors d'une conférence de presse à Montréal hier.
Le gouvernement se trompe en voulant appliquer le même traitement aux couples hétérosexuels et aux couples gais, a-t-il dit: «En invoquant le droit à l'égalité, le gouvernement confond le concept d'égalité avec celui d'uniformité. [...] Autrement dit, refuser d'établir des distinctions entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels entraîne la confusion, dévalorise la diversité. Pour nous, il n'est pas discriminatoire de traiter des réalités différentes de manière différente.»
Mgr Berthelet a dû s'expliquer longuement sur l'affirmation des évêques selon laquelle les couples hétérosexuels seront privés de la «reconnaissance du caractère unique de ce qu'ils apportent à la société» si on accorde le droit de se marier aux couples gais. «Je ne pense pas qu'on puisse dire des couples homosexuels qu'ils apportent quelque chose d'irremplaçable à la société et qu'ils construisent la société», a-t-il précisé.
Les enfants risquent de payer le prix des conséquences liées au mariage de conjoints de même sexe, croient les évêques. «Il y a aujourd'hui, du côté des lesbiennes, des gens qui ont des enfants qui n'ont jamais connu de père, a expliqué Mgr Turcotte. Quelles en seront les conséquences? Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que j'ai lu beaucoup de traités sur la psychologie dans ma vie, et je pense que dans la société d'aujourd'hui, on reconnaît que l'absence du père est un gros problème.»
Selon un sondage publié le mois dernier dans le Globe and Mail, les Québécois seraient beaucoup plus favorables que les autres Canadiens à une modification de la définition du mariage afin qu'elle comprenne les couples gais. Selon l'enquête menée par la firme IPSOS-Reid, 60 % des Québécois appuieraient les principes de cette nouvelle définition alors que dans l'ensemble du pays, 49 % des Canadiens y seraient favorables. Mgr Turcotte reconnaît l'existence d'une plus grande ouverture face à cette question au Québec, mais il y met son bémol: «Est-ce que les gens ont véritablement compris que modifier la notion du mariage va changer radicalement les choses? [...] Je ne suis pas sûr qu'il voient les enjeux.»
Avec sa déclaration publique, la Conférence des évêques catholiques désire éclairer les politiciens dans leur réflexion. Elle invite également les citoyens opposés à une redéfinition du mariage à faire connaître leur position aux élus, «dans la charité et le respect des personnes».
Ces appréhensions peuvent sembler farfelues, mais Mgr Turcotte, qui se défend bien de vouloir «charrier», est convaincu qu'«on n'a pas idée des conséquences que cela pourrait avoir dans le futur».
Dans un message adressé aux catholiques, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a demandé hier que la définition traditionnelle du mariage, décrit comme «l'union légitime d'un homme et d'une femme à l'exclusion de toute autre personne», demeure inchangée.
Rappelons que le gouvernement de Jean Chrétien a décidé en juin dernier de ne pas contester les décisions rendues par des tribunaux du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, lesquels avaient jugé discriminatoire la définition actuelle du mariage. Le nouveau projet de loi, qui permettra le mariage entre conjoints de même sexe, sera d'abord soumis à la Cour suprême avant de faire l'objet d'un vote par les élus.
La CECC a tenu hier à réitérer sa position au sujet des mariage gais, invitant les politiciens à tenir compte, dans leur réflexion, du caractère fondamental et irremplaçable du mariage des couples hétérosexuels, qui jouent un rôle central dans la procréation et dans l'éducation des générations futures. L'État a le devoir de protéger ce que les évêques considèrent comme la «cellule de base de la société», estime la CECC.
«Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques catholiques, comme à tous les catholiques d'ailleurs, de former leur conscience dans la prière, par la lecture attentive des Écritures et par l'écoute respectueuse de l'enseignement de l'Église», a indiqué Mgr Jacques Berthelet, évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la CECC, lors d'une conférence de presse à Montréal hier.
Le gouvernement se trompe en voulant appliquer le même traitement aux couples hétérosexuels et aux couples gais, a-t-il dit: «En invoquant le droit à l'égalité, le gouvernement confond le concept d'égalité avec celui d'uniformité. [...] Autrement dit, refuser d'établir des distinctions entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels entraîne la confusion, dévalorise la diversité. Pour nous, il n'est pas discriminatoire de traiter des réalités différentes de manière différente.»
Mgr Berthelet a dû s'expliquer longuement sur l'affirmation des évêques selon laquelle les couples hétérosexuels seront privés de la «reconnaissance du caractère unique de ce qu'ils apportent à la société» si on accorde le droit de se marier aux couples gais. «Je ne pense pas qu'on puisse dire des couples homosexuels qu'ils apportent quelque chose d'irremplaçable à la société et qu'ils construisent la société», a-t-il précisé.
Les enfants risquent de payer le prix des conséquences liées au mariage de conjoints de même sexe, croient les évêques. «Il y a aujourd'hui, du côté des lesbiennes, des gens qui ont des enfants qui n'ont jamais connu de père, a expliqué Mgr Turcotte. Quelles en seront les conséquences? Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que j'ai lu beaucoup de traités sur la psychologie dans ma vie, et je pense que dans la société d'aujourd'hui, on reconnaît que l'absence du père est un gros problème.»
Selon un sondage publié le mois dernier dans le Globe and Mail, les Québécois seraient beaucoup plus favorables que les autres Canadiens à une modification de la définition du mariage afin qu'elle comprenne les couples gais. Selon l'enquête menée par la firme IPSOS-Reid, 60 % des Québécois appuieraient les principes de cette nouvelle définition alors que dans l'ensemble du pays, 49 % des Canadiens y seraient favorables. Mgr Turcotte reconnaît l'existence d'une plus grande ouverture face à cette question au Québec, mais il y met son bémol: «Est-ce que les gens ont véritablement compris que modifier la notion du mariage va changer radicalement les choses? [...] Je ne suis pas sûr qu'il voient les enjeux.»
Avec sa déclaration publique, la Conférence des évêques catholiques désire éclairer les politiciens dans leur réflexion. Elle invite également les citoyens opposés à une redéfinition du mariage à faire connaître leur position aux élus, «dans la charité et le respect des personnes».
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