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Bush veut que l'ONU oublie les querelles

8 septembre 2003 
Washington — À quatre jours du deuxième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, le président George W. Bush a appelé hier l’ONU à oublier les querelles passées et à assumer un rôle plus large en Irak avec notamment l’envoi de troupes.

Il a également demandé au Congrès américain, lors d’un discours à la Maison-Blanche, de voter une rallonge budgétaire de 87 milliards de dollars américains pour financer la stabilisation et la reconstruction de l’Irak mais aussi de l’Afghanistan. Une rallonge qui pourrait propulser le déficit budgétaire américain largement au-delà de 500 milliards.
«Les membres des Nations unies ont maintenant l’occasion et la responsabilité d’assumer un rôle plus large pour s’assurer que l’Irak devienne un pays libre et démocratique», a affirmé le président américain dans son discours télévisé.
«Je reconnais que tous nos amis n’ont pas été d’accord avec notre décision de faire appliquer les résolutions des Nations unies et de retirer du pouvoir Saddam Hussein. Mais nous ne pouvons laisser nos divergences passées entraver nos obligations actuelles», a-t-il ajouté.
Il faisait référence à l’opposition manifestée principalement par la Russie, la France et l’Allemagne à la guerre américano-britannique lancée en mars contre le régime de Saddam Hussein. M. Bush a qualifié hier cette campagne de «l’une des plus rapides et humaines dans l’histoire des campagnes militaires».
En se félicitant de la présentation à l’ONU d’un nouveau projet de résolution américain, Paris et Berlin l’ont toutefois jugé insuffisant. Par ce texte, Washington, confronté sur le terrain à d’importantes difficultés, sollicite de l’aide pour reconstruire l’Irak.
Ce projet doit, selon le président américain, «encourager le Conseil de gouvernement transitoire irakien à soumettre un plan et un calendrier pour la rédaction d’une Constitution et pour des élections libres».
Selon M. Bush, la décision de se tourner vers l’organisation multilatérale a été prise car «certains pays ont demandé une autorisation explicite du Conseil de sécurité des Nations unies avant d’envoyer des troupes en Irak». Mais il a souligné que toute force de l’ONU qui serait envoyée dans ce pays serait «dirigée par l’Amérique».
L’Irak est désormais le «front principal» de la lutte contre le terrorisme et la stratégie américaine «a trois objectifs: anéantir les terroristes, rassembler le soutien d’autres pays pour créer un Irak libre et aider les Irakiens à assumer la responsabilité de leur propre défense et de leur avenir», a déclaré M. Bush.
«Le triomphe de la démocratie et de la tolérance en Irak, en Afghanistan et ailleurs serait un revers sérieux pour le terrorisme international», a-t-il estimé.
Mais il a aussi reconnu que les auteurs des fréquentes attaques contre les quelque 130 000 soldats américains actuellement déployés en Irak avaient eux aussi leurs objectifs. «Cela représente plus qu’une rage aveugle. Les terroristes ont un objectif stratégique: ils veulent que nous quittions l’Irak avant que nous ayons fini notre travail. Ils veulent ébranler la volonté du monde civilisé», a-t-il affirmé.
«Dans le passé, les terroristes ont cité les exemples de Beyrouth et de la Somalie, affirmant que si l’on inflige des pertes aux Américains, ils ne relèveront pas le défi. Sur ce point, ils se trompent», a-t-il lancé.
George W. Bush a évité plusieurs sujets sensibles comme le fait que les Américains et leurs alliés n’ont toujours pas trouvé les armes de destruction massive qui, selon eux, se trouvaient en Irak. Il s’est contenté de répéter que l’ex-régime irakien «soutenait le terrorisme, possédait et a utilisé des armes de destruction massive et a défié pendant douze ans les demandes claires du Conseil de sécurité des Nations unies». Pas un mot non plus sur l’éventuel retour de troupes américaines déployées en Irak depuis plusieurs mois.
Un sondage Time-CNN publié samedi indique qu’une nette majorité d’Américains (59 %) se dit en faveur d’un rôle élargi de l’ONU en Irak.
Selon le sondage, le taux d’approbation de la politique du président américain George W. Bush a baissé de neuf points, à 52 %, par rapport à un sondage comparable en mai. Seuls 32 % des sondés considèrent que la campagne militaire menée par les Américains est un succès, soit sept points de moins qu’en juillet, tandis que 13 % la considèrent comme un échec.






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