Souveraineté: Marois prend ses distances avec Landry
Québec - Candidate éventuelle à la direction du Parti québécois, Pauline Marois ne craint plus d'affirmer ses divergences de vue avec Bernard Landry. La députée de Taillon veut que le Parti québécois modifie l'article 1 de son programme pour biffer la mention d'union confédérale à l'européenne que Bernard Landry avait fait ajouter.
Pauline Marois souhaite aussi que la population, et non plus l'Assemblée nationale seule, puisse décider de la date du prochain référendum sur la souveraineté. Bernard Landry avait émis de sérieuses réserves sur cette proposition de référendum d'initiative populaire présentée en février par le Comité national des jeunes du PQ.
Dans un texte intitulé «Pour en finir avec l'attentisme: la souveraineté continue», que nous publions en page A 7, Pauline Marois fait état de sa réflexion sur le projet souverainiste. En juin dernier, plus d'un mois après que François Legault eut publié une lettre ouverte sur les défis qui attendaient le Parti québécois, Mme Marois avait rendu public un premier texte où elle énonçait des grands principes et formulait une série de questions sans apporter de réponses. Cette fois-ci, Mme Marois prend position.
Au cours d'une entrevue accordée au Devoir hier, la députée a précisé que sa lettre ouverte, qui «se veut une contribution parmi d'autres», écrit l'ancienne vice-première ministre avec une fausse modestie évidente, s'inscrit dans le cadre du brassage d'idées auquel Bernard Landry a convié les péquistes et qui s'amorce à l'automne. «Je pense que c'est audacieux, ce que je propose aujourd'hui, dit-elle. C'est le temps du débat d'idées.» Avant la course au leadership.
Tandis que François Legault se demandait si un partenariat avec le reste du Canada était toujours nécessaire, penchant nettement vers une réponse négative, Pauline Marois estime que ce partenariat est souhaitable, voire inévitable si on pense aux ententes administratives. «Mais la souveraineté du Québec ne peut être ni conditionnée, ni subordonnée à quelque partenariat que ce soit», écrit-elle. Parce que le partenariat se ferait à deux et non pas entre de nombreux États, le modèle de l'union confédérale à l'européenne lui apparaît inapplicable. Si les types de partenariat peuvent aller du plus léger au plus lourd, «moi, je préférerais le plus léger», précise-t-elle. Quant à la question référendaire, elle la souhaiterait «la plus simple possible».
Pauline Marois porte un jugement sévère sur la stratégie des conditions gagnantes qu'elle a pourtant défendue au sein du gouvernement péquiste parce que, soutient-elle, cette stratégie était «la meilleure» dans les circonstances. Elle a toutefois placé le Québec «en situation d'attente, sinon de dépendance vis-à-vis du gouvernement fédéral, à l'affût de l'erreur qui ne viendra pas». Cette stratégie attentiste doit être abandonnée, recommande-t-elle.
Suivant le principe que «la souveraineté ne doit pas être et n'est pas le monopole du Parti québécois», Pauline Marois croit qu'il est possible de recréer une vaste coalition, «du nationaliste un peu timide jusqu'à l'indépendantiste», en se servant du Conseil de la souveraineté. Elle juge que la présence du Bloc québécois à Ottawa est essentielle même si elle n'ignore aucunement les difficultés qui s'annoncent pour ce parti, un phénomène «conjoncturel», estime-t-elle. Quant au référendum d'initiative populaire, il permettra au débat de porter sur le projet souverainiste plutôt que sur la date du référendum.
Un gouvernement du Parti québécois dirigé par Pauline Marois utiliserait les fonds publics pour promouvoir la souveraineté et n'en ferait pas de cachette. Il s'inspirerait de l'expérience des Commissions sur l'avenir du Québec pour enclencher une large réflexion sur le projet souverainiste.
Au lieu de l'attentisme des conditions gagnantes, Pauline Marois propose la «souveraineté continue». Face à l'envahissement du gouvernement fédéral, le Québec a réagi plutôt qu'agi, fait observer la députée. «Nous acceptons indirectement les entraves du fédéralisme en nous repliant sur le mythe du grand soir qui excuse tout.»
Il faut occuper les «zones grises» de la Constitution canadienne, «conquérir de nouveaux espaces de souveraineté», en environnement, en politique familiale, en culture, en immigration, en relations internationales, etc. Mme Marois reconnaît qu'il est parfois difficile d'y arriver si on veut éviter que les Québécois paient deux fois pour leurs services gouvernementaux. Le cas des congés parentaux en est un exemple. Le Québec a choisi la voie de la contestation juridique et le régime québécois n'est toujours pas instauré. Pour infléchir Ottawa, des référendums sectoriels pourraient se tenir sur les congés parentaux, ou encore le déséquilibre fiscal, suggère la députée.
Dans ce même esprit de «souveraineté continue», Pauline Marois est d'avis que le Québec pourrait se doter d'une constitution et la faire sanctionner par référendum. De même, le débat sur la citoyenneté québécoise pourrait être ranimé en vue de l'instauration d'un statut de citoyen du Québec, la double citoyenneté. S'il n'y a pas de succédané à la souveraineté, dit-elle, le Québec ne peut plus se tourner les pouces en attendant le grand soir. Et ce n'est pas faire là le jeu du fédéralisme renouvelé, prévient Pauline Marois.
Pauline Marois souhaite aussi que la population, et non plus l'Assemblée nationale seule, puisse décider de la date du prochain référendum sur la souveraineté. Bernard Landry avait émis de sérieuses réserves sur cette proposition de référendum d'initiative populaire présentée en février par le Comité national des jeunes du PQ.
Dans un texte intitulé «Pour en finir avec l'attentisme: la souveraineté continue», que nous publions en page A 7, Pauline Marois fait état de sa réflexion sur le projet souverainiste. En juin dernier, plus d'un mois après que François Legault eut publié une lettre ouverte sur les défis qui attendaient le Parti québécois, Mme Marois avait rendu public un premier texte où elle énonçait des grands principes et formulait une série de questions sans apporter de réponses. Cette fois-ci, Mme Marois prend position.
Au cours d'une entrevue accordée au Devoir hier, la députée a précisé que sa lettre ouverte, qui «se veut une contribution parmi d'autres», écrit l'ancienne vice-première ministre avec une fausse modestie évidente, s'inscrit dans le cadre du brassage d'idées auquel Bernard Landry a convié les péquistes et qui s'amorce à l'automne. «Je pense que c'est audacieux, ce que je propose aujourd'hui, dit-elle. C'est le temps du débat d'idées.» Avant la course au leadership.
Tandis que François Legault se demandait si un partenariat avec le reste du Canada était toujours nécessaire, penchant nettement vers une réponse négative, Pauline Marois estime que ce partenariat est souhaitable, voire inévitable si on pense aux ententes administratives. «Mais la souveraineté du Québec ne peut être ni conditionnée, ni subordonnée à quelque partenariat que ce soit», écrit-elle. Parce que le partenariat se ferait à deux et non pas entre de nombreux États, le modèle de l'union confédérale à l'européenne lui apparaît inapplicable. Si les types de partenariat peuvent aller du plus léger au plus lourd, «moi, je préférerais le plus léger», précise-t-elle. Quant à la question référendaire, elle la souhaiterait «la plus simple possible».
Pauline Marois porte un jugement sévère sur la stratégie des conditions gagnantes qu'elle a pourtant défendue au sein du gouvernement péquiste parce que, soutient-elle, cette stratégie était «la meilleure» dans les circonstances. Elle a toutefois placé le Québec «en situation d'attente, sinon de dépendance vis-à-vis du gouvernement fédéral, à l'affût de l'erreur qui ne viendra pas». Cette stratégie attentiste doit être abandonnée, recommande-t-elle.
Suivant le principe que «la souveraineté ne doit pas être et n'est pas le monopole du Parti québécois», Pauline Marois croit qu'il est possible de recréer une vaste coalition, «du nationaliste un peu timide jusqu'à l'indépendantiste», en se servant du Conseil de la souveraineté. Elle juge que la présence du Bloc québécois à Ottawa est essentielle même si elle n'ignore aucunement les difficultés qui s'annoncent pour ce parti, un phénomène «conjoncturel», estime-t-elle. Quant au référendum d'initiative populaire, il permettra au débat de porter sur le projet souverainiste plutôt que sur la date du référendum.
Un gouvernement du Parti québécois dirigé par Pauline Marois utiliserait les fonds publics pour promouvoir la souveraineté et n'en ferait pas de cachette. Il s'inspirerait de l'expérience des Commissions sur l'avenir du Québec pour enclencher une large réflexion sur le projet souverainiste.
Au lieu de l'attentisme des conditions gagnantes, Pauline Marois propose la «souveraineté continue». Face à l'envahissement du gouvernement fédéral, le Québec a réagi plutôt qu'agi, fait observer la députée. «Nous acceptons indirectement les entraves du fédéralisme en nous repliant sur le mythe du grand soir qui excuse tout.»
Il faut occuper les «zones grises» de la Constitution canadienne, «conquérir de nouveaux espaces de souveraineté», en environnement, en politique familiale, en culture, en immigration, en relations internationales, etc. Mme Marois reconnaît qu'il est parfois difficile d'y arriver si on veut éviter que les Québécois paient deux fois pour leurs services gouvernementaux. Le cas des congés parentaux en est un exemple. Le Québec a choisi la voie de la contestation juridique et le régime québécois n'est toujours pas instauré. Pour infléchir Ottawa, des référendums sectoriels pourraient se tenir sur les congés parentaux, ou encore le déséquilibre fiscal, suggère la députée.
Dans ce même esprit de «souveraineté continue», Pauline Marois est d'avis que le Québec pourrait se doter d'une constitution et la faire sanctionner par référendum. De même, le débat sur la citoyenneté québécoise pourrait être ranimé en vue de l'instauration d'un statut de citoyen du Québec, la double citoyenneté. S'il n'y a pas de succédané à la souveraineté, dit-elle, le Québec ne peut plus se tourner les pouces en attendant le grand soir. Et ce n'est pas faire là le jeu du fédéralisme renouvelé, prévient Pauline Marois.
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