Lettres: Pauvres médias en mal de sensation
Geneviève Ricard - Montréal, le 15 août 2003
20 août 2003
Les médias me désespèrent. Hier soir et ce matin plus que jamais. Une panne d'électricité majeure et, ça y est, la machine s'emballe. Tous les réseaux interrompent leurs émissions, branle-bas de combat, et l'on se met à analyser et ré-analyser les causes, les conséquences et la santé morale des pauvres New-Yorkais...
Le Devoir titre «Dans le noir en plein jour», mais pour la suite de l'article, au verso, il choisit un mot du sous-titre, soit «Panique», comme repère (Panique? Où ça? Est-ce bien le même article?). Et Mme David, psychologue, assure que les New-Yorkais seront profondément traumatisés, puisque l'accumulation d'incidents angoissants (11 septembre, SRAS), il n'y a rien de pire! Hier, à CNN, on répétait tellement que ce n'était pas un attentat terroriste que c'en était presque louche... Maudit que les chefs d'antenne de CNN (et des autres médias) auraient aimé ça... Ils étaient prêts, en tout cas... Meilleure chance la prochaine fois...
Hé, ho! C'est une panne d'électricité! Personne n'est mort et même, selon ce qu'on a vu à la télé et présenté à la radio, personne n'a paniqué! Les gens se sont entraidés, calmement, rentrant chez eux à pied et offrant même de loger des compagnons de travail. C'est dommage, on aurait beaucoup mieux aimé qu'ils courent, se piétinent, se jettent en bas des buildings, qu'un tireur fou se déchaîne dans la foule. Mais non! Pauvres médias, obligés de faire la une avec une simple panne électrique et des gens trop calmes!
Vivement une autre catastrophe (une vraie cette fois) que les journalistes s'en donnent à coeur joie! Comme, par exemple, les conséquences désastreuses des compressions dans l'aide à l'achat des fournitures scolaires et de l'augmentation des tarifs d'électricité pour les familles pauvres. Mais ça fait des moins belles photos... Ce n'est pas vendeur...
Le Devoir titre «Dans le noir en plein jour», mais pour la suite de l'article, au verso, il choisit un mot du sous-titre, soit «Panique», comme repère (Panique? Où ça? Est-ce bien le même article?). Et Mme David, psychologue, assure que les New-Yorkais seront profondément traumatisés, puisque l'accumulation d'incidents angoissants (11 septembre, SRAS), il n'y a rien de pire! Hier, à CNN, on répétait tellement que ce n'était pas un attentat terroriste que c'en était presque louche... Maudit que les chefs d'antenne de CNN (et des autres médias) auraient aimé ça... Ils étaient prêts, en tout cas... Meilleure chance la prochaine fois...
Hé, ho! C'est une panne d'électricité! Personne n'est mort et même, selon ce qu'on a vu à la télé et présenté à la radio, personne n'a paniqué! Les gens se sont entraidés, calmement, rentrant chez eux à pied et offrant même de loger des compagnons de travail. C'est dommage, on aurait beaucoup mieux aimé qu'ils courent, se piétinent, se jettent en bas des buildings, qu'un tireur fou se déchaîne dans la foule. Mais non! Pauvres médias, obligés de faire la une avec une simple panne électrique et des gens trop calmes!
Vivement une autre catastrophe (une vraie cette fois) que les journalistes s'en donnent à coeur joie! Comme, par exemple, les conséquences désastreuses des compressions dans l'aide à l'achat des fournitures scolaires et de l'augmentation des tarifs d'électricité pour les familles pauvres. Mais ça fait des moins belles photos... Ce n'est pas vendeur...
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