Trois sur quatre pour l’ADQ
Photo : Jacques Nadeau
Mario Dumont, visiblement heureux!
L’Action démocratique du Québec a raflé trois des quatre sièges en jeu hier lors des élections partielles, soit ceux de Berthier, Joliette et Vimont. Le Parti québécois a pu, de justesse, sauver son bastion de Lac-Saint-Jean.
C’est un triomphe pour ce jeune parti, ignoré et relégué à la marge il y a quelques mois à peine. L’ADQ a récolté plus de 45 % des suffrages exprimés dans les quatre circonscriptions.
Cette victoire éclatante, bien qu’elle ait été annoncée par les sondages, a forcé les chefs des deux autres partis à admettre quelques erreurs. «Nous devrons écouter davantage la population», a déclaré le libéral Jean Charest. «Nous devrons faire plus et mieux», a reconnu Bernard Landry.
Mais tous les deux ont invité les électeurs à examiner de plus près le contenu du programme adéquiste. M. Landry a donné rendez-vous aux citoyens québécois l’automne prochain, qui sera «une autre saison politique intense». Le premier ministre veut rapidement tourner le dos à celle qui se termine et qui fut, a-t-il admis, «une saison difficile».
Le vrai débat n’a pas eu lieu, estiment les adversaires de M. Dumont, puisque les électeurs des quatre circonscriptions n’ont pas eu à choisir un nouveau gouvernement. M. Landry estime qu’aux prochaines élections générales, les Québécois seront placés devant un vrai choix, ce qui est sain pour la démocratie, dit-il: un parti «souverainiste et progressiste», le sien, d’une part. Et, d’autre part, «deux partis fédéralistes, l’un de droite et l’autre libéral classique».
Le grand perdant de cet exercice électoral reste toutefois le chef du Parti libéral Jean Charest. Non seulement son candidat Vincent Auclair a-t-il été défait dans Vimont, mais le Parti libéral termine troisième dans les trois autres circonscriptions. Au total, le PLQ n’a récolté hier qu’environ 24 % du vote au total, contre 29 % pour le Parti québécois.
«Ceux qui ont eu la chance de parler ont choisi le vrai changement», a déclaré Mario Dumont, hier soir, à Berthier. M. Dumont a rappelé comment la ministre Dionne-Marsolais avait voulu faire de cette lutte électorale une guerre de générations. Selon lui, l’ADQ a gagné au contraire en fédérant les votes des jeunes comme ceux de leurs parents, baby-boomers fatigués des «vieux partis».
Le premier ministre a tenté de tempérer l’impact de la victoire adéquiste en soulignant que les élections partielles étaient rarement favorables aux gouvernements en place. M. Landry se console cependant en notant que l’opposition officielle est «en moins bonne posture que nous», dit-il.
M. Landry n’entend pas démissionner: «J’ai l’appui de mon conseil des ministres et de mes députés.» Il précise également que la constitution et les traditions démocratiques du Québec lui confèrent la légitimité de poursuivre son mandat.
Dans Berthier, l’adéquiste Marie Grégoire a recueilli 51 % des suffrages exprimés. Péquistes et libéraux se sont partagé le reste, le candidat-vedette et ministre délégué à la Santé David Levine récoltant 28 % du vote contre à peine 21 % pour la libérale Carole Majeau.
Le ministre Gilles Baril avait démissionné il y a quelques semaines pour permettre à son collègue Levine de poser sa candidature. M. Levine avait été nommé au conseil des ministres par Bernard Landry avant même d’avoir subi l’épreuve des urnes. Cette stratégie n’aura servi à rien sinon à permettre à l’ADQ de remporter la victoire avec encore plus d’éclat.
M. Levine a annoncé qu’il remettrait sa démission du cabinet à M. Landry dès ce matin.
La lutte a été plus serrée dans Joliette, la circonscription laissée vacante par Guy Chevrette. Ce dernier n’a rien fait pour aider l’ancien député bloquiste de Berthier-Montcalm Michel Bellehumeur, sinon une intervention du bout des lèvres en sa faveur vers la fin de la campagne. M. Bellehumeur a tout de même récolté le tiers du vote. La candidate de l’ADQ Sylvie Lespérance a cependant fait mieux avec 39 % des voies. Pierre Delangis, le candidat libéral, est resté en arrière avec seulement 25 %.
Le Parti québécois est parvenu toutefois à conserver un autre bastion, celui de Lac-Saint-Jean, qui était représenté par Jacques Brassard jusqu’à ce qu’il démissionne sous le coup de la colère pour avoir été écarté, comme Guy Chevrette, des postes importants du conseil des ministres par Bernard Landry.
Le jeune candidat Stéphan Tremblay, un autre transfuge bloquiste, n’a pas eu la partie facile. Il a sauvegardé le siège avec 43 % des voix. Le candidat de L’Équipe-Mario-Dumont, Jocelyn Fradette, a tout de même récolté 41 % du vote. Les libéraux sont loin derrière, malgré les tournées régionales réalisées par Jean Charest. Jean-Claude Martel n’a recueilli que 15 % des suffrages.
Les libéraux auraient eu une chance de l’emporter dans Vimont, à Laval, où l’électorat est composé pour près de 15 % de non-francophones. Vimont était une circonscription libérale jusqu’à ce que David Cliche l’emporte pour le PQ en 1994. Après la démission de M. Cliche, tous les espoirs étaient permis pour le PLQ. Mais ce fut peine perdue.
Vincent Auclair n’a pu faire mieux que 33 % des suffrages. Mais l’effondrement du vote péquiste (à peine 16 % pour Manon Sauvé) a donné une avance décisive au candidat adéquiste François Gaudreau qui a obtenu l’appui d’un électeur sur deux.
Selon le Directeur général des élections le taux de participation moyen a été d’environ 60 %.
À la suite de ces élections, l’ADQ compte cinq députés à l’Assemblée nationale.
C’est un triomphe pour ce jeune parti, ignoré et relégué à la marge il y a quelques mois à peine. L’ADQ a récolté plus de 45 % des suffrages exprimés dans les quatre circonscriptions.
Cette victoire éclatante, bien qu’elle ait été annoncée par les sondages, a forcé les chefs des deux autres partis à admettre quelques erreurs. «Nous devrons écouter davantage la population», a déclaré le libéral Jean Charest. «Nous devrons faire plus et mieux», a reconnu Bernard Landry.
Mais tous les deux ont invité les électeurs à examiner de plus près le contenu du programme adéquiste. M. Landry a donné rendez-vous aux citoyens québécois l’automne prochain, qui sera «une autre saison politique intense». Le premier ministre veut rapidement tourner le dos à celle qui se termine et qui fut, a-t-il admis, «une saison difficile».
Le vrai débat n’a pas eu lieu, estiment les adversaires de M. Dumont, puisque les électeurs des quatre circonscriptions n’ont pas eu à choisir un nouveau gouvernement. M. Landry estime qu’aux prochaines élections générales, les Québécois seront placés devant un vrai choix, ce qui est sain pour la démocratie, dit-il: un parti «souverainiste et progressiste», le sien, d’une part. Et, d’autre part, «deux partis fédéralistes, l’un de droite et l’autre libéral classique».
Le grand perdant de cet exercice électoral reste toutefois le chef du Parti libéral Jean Charest. Non seulement son candidat Vincent Auclair a-t-il été défait dans Vimont, mais le Parti libéral termine troisième dans les trois autres circonscriptions. Au total, le PLQ n’a récolté hier qu’environ 24 % du vote au total, contre 29 % pour le Parti québécois.
«Ceux qui ont eu la chance de parler ont choisi le vrai changement», a déclaré Mario Dumont, hier soir, à Berthier. M. Dumont a rappelé comment la ministre Dionne-Marsolais avait voulu faire de cette lutte électorale une guerre de générations. Selon lui, l’ADQ a gagné au contraire en fédérant les votes des jeunes comme ceux de leurs parents, baby-boomers fatigués des «vieux partis».
Le premier ministre a tenté de tempérer l’impact de la victoire adéquiste en soulignant que les élections partielles étaient rarement favorables aux gouvernements en place. M. Landry se console cependant en notant que l’opposition officielle est «en moins bonne posture que nous», dit-il.
M. Landry n’entend pas démissionner: «J’ai l’appui de mon conseil des ministres et de mes députés.» Il précise également que la constitution et les traditions démocratiques du Québec lui confèrent la légitimité de poursuivre son mandat.
Dans Berthier, l’adéquiste Marie Grégoire a recueilli 51 % des suffrages exprimés. Péquistes et libéraux se sont partagé le reste, le candidat-vedette et ministre délégué à la Santé David Levine récoltant 28 % du vote contre à peine 21 % pour la libérale Carole Majeau.
Le ministre Gilles Baril avait démissionné il y a quelques semaines pour permettre à son collègue Levine de poser sa candidature. M. Levine avait été nommé au conseil des ministres par Bernard Landry avant même d’avoir subi l’épreuve des urnes. Cette stratégie n’aura servi à rien sinon à permettre à l’ADQ de remporter la victoire avec encore plus d’éclat.
M. Levine a annoncé qu’il remettrait sa démission du cabinet à M. Landry dès ce matin.
La lutte a été plus serrée dans Joliette, la circonscription laissée vacante par Guy Chevrette. Ce dernier n’a rien fait pour aider l’ancien député bloquiste de Berthier-Montcalm Michel Bellehumeur, sinon une intervention du bout des lèvres en sa faveur vers la fin de la campagne. M. Bellehumeur a tout de même récolté le tiers du vote. La candidate de l’ADQ Sylvie Lespérance a cependant fait mieux avec 39 % des voies. Pierre Delangis, le candidat libéral, est resté en arrière avec seulement 25 %.
Le Parti québécois est parvenu toutefois à conserver un autre bastion, celui de Lac-Saint-Jean, qui était représenté par Jacques Brassard jusqu’à ce qu’il démissionne sous le coup de la colère pour avoir été écarté, comme Guy Chevrette, des postes importants du conseil des ministres par Bernard Landry.
Le jeune candidat Stéphan Tremblay, un autre transfuge bloquiste, n’a pas eu la partie facile. Il a sauvegardé le siège avec 43 % des voix. Le candidat de L’Équipe-Mario-Dumont, Jocelyn Fradette, a tout de même récolté 41 % du vote. Les libéraux sont loin derrière, malgré les tournées régionales réalisées par Jean Charest. Jean-Claude Martel n’a recueilli que 15 % des suffrages.
Les libéraux auraient eu une chance de l’emporter dans Vimont, à Laval, où l’électorat est composé pour près de 15 % de non-francophones. Vimont était une circonscription libérale jusqu’à ce que David Cliche l’emporte pour le PQ en 1994. Après la démission de M. Cliche, tous les espoirs étaient permis pour le PLQ. Mais ce fut peine perdue.
Vincent Auclair n’a pu faire mieux que 33 % des suffrages. Mais l’effondrement du vote péquiste (à peine 16 % pour Manon Sauvé) a donné une avance décisive au candidat adéquiste François Gaudreau qui a obtenu l’appui d’un électeur sur deux.
Selon le Directeur général des élections le taux de participation moyen a été d’environ 60 %.
À la suite de ces élections, l’ADQ compte cinq députés à l’Assemblée nationale.
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