Lettres: Quand le pape parle...
Georges Tissot
11 août 2003
Le pape a parlé, il en a bien le droit, car comme tous il énonce une opinion: «mais pourquoi l'Église ne ferait-elle pas aussi connaître son opinion quand on porte atteinte à l'institution du mariage?» (Louis O'Neil, lettre au Devoir) Le pape, les évêques, prêtres et laïcs, tous ont le droit de participer aux débats sociaux. Quel type de participation est-ce? L'Église par le pape pense énoncer une vérité incontournable, donc, non débitable. C'est pourquoi certains n'hésitent pas à accompagner l'énoncé de la vérité de menaces de sanctions éternelles. L'Église, entendre l'autorité incarnée par le pape, veut régir les consciences, toutes les consciences. Strictement, devant tel énoncé dogmatique ou aux allures dogmatiques, il n'y a pas de liberté de conscience.
Les catholiques doivent être catholiques jusqu'au bout. Ce dont l'Église, identifiée au «sensus fidelium» tel que capté et interprété par le pape (et la bureaucratie vaticane) ne se rend pas compte, c'est que les fidèles pensent souvent par eux-mêmes à partir d'autres critères, d'autres preuves et d'autres arguments et développent une conscience autonome. Il en est par exemple ainsi sur les questions de l'avortement, du divorce, de la contraception, du mariage, de l'homosexualité, du célibat des prêtres, de la femme et même de l'eucharistie. Donc, l'Église ne participe pas vraiment à un débat démocratique. De plus, elle cherche, comme tant d'autres j'en conviens, à peser de tout son poids «moral» pour bâillonner tout débat. À ce plan, elle agit comme s'il n'y avait pas de séparation entre Elle et l'État.
Les catholiques doivent être catholiques jusqu'au bout. Ce dont l'Église, identifiée au «sensus fidelium» tel que capté et interprété par le pape (et la bureaucratie vaticane) ne se rend pas compte, c'est que les fidèles pensent souvent par eux-mêmes à partir d'autres critères, d'autres preuves et d'autres arguments et développent une conscience autonome. Il en est par exemple ainsi sur les questions de l'avortement, du divorce, de la contraception, du mariage, de l'homosexualité, du célibat des prêtres, de la femme et même de l'eucharistie. Donc, l'Église ne participe pas vraiment à un débat démocratique. De plus, elle cherche, comme tant d'autres j'en conviens, à peser de tout son poids «moral» pour bâillonner tout débat. À ce plan, elle agit comme s'il n'y avait pas de séparation entre Elle et l'État.
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