«Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est "enfin!"»
Le territoire est un héritage à sauvegarder
24 septembre 2011
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Thierry Haroun
Le projet de Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est reçu avec enthousiasme par Dinu Bumbaru, vice-président de l'Institut des politiques alternatives de Montréal (IPAM) et directeur des politiques chez Héritage Montréal. Conversation.
«Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est "enfin!", avec le point d'exclamation», insiste Dinu Bumbaru, en portant un regard sur le PMAD dans son ensemble. Il poursuit en manifestant son enthousiasme pour la mise en oeuvre de ce projet de plan. «Ça fait des années qu'on l'attend. On a ici quelque chose d'organisé à l'échelle de la métropole et pas sur n'importe quoi, mais sur des sujets précis. Par contre, en ce qui concerne les échéanciers des consultations, c'est plutôt infect. Mais vous avez vu le nombre d'inscriptions aux consultations, on parle de 389 inscriptions, ça démontre que les gens sont extrêmement intéressés par ce plan», tient-il à préciser.
Au terme de la consultation, la commission de l'aménagement de la CMM soumettra un rapport d'observations au conseil de la CMM. Le projet de PMAD doit être adopté au plus tard le 31 décembre 2011.
L'aménagement, le transport et l'environnement sont les trois orientations qui constituent le PMAD. «Ce sont des mots très concrets», souligne M. Bumbaru, qui poursuit sur le volet de l'aménagement. «Cette orientation est très importante. Il faut éviter d'éparpiller les pressions, il faut concentrer l'urbanisation, consolider: c'est un message important à retenir. Et, ce qui est intéressant dans le document, c'est le fait qu'il est question de densité humanisée. On a l'impression que le terme "densité" renvoie aux pires endroits de la Chine, à ces mégalopoles instantanées, mais pas du tout. Le Plateau Mont-Royal a une échelle de densité très vivable, avec de beaux parcs, de beaux aménagements, avec des [bâtiments] de trois étages. Je vous dirais même que des [bâtiments] de quatre ou cinq étages sont des densités très humaines.»
Cibler les installations d'intérêt métropolitain actuelles et localiser les installations d'intérêt métropolitain projetées, cibler les contraintes majeures qui concernent le territoire de plusieurs MRC et délimiter le territoire d'urbanisation selon un aménagement durable ne sont que quelques-uns des objectifs visés par ce volet du PMAD. M. Bumbaru apporte toutefois une «mise en garde» concernant la conciliation entre la donne de la démographie et le territoire. «Il faut jumeler la démographie avec une reconnaissance très forte des espaces à protéger.»
Miser sur un réseau de transport en commun qui permet de structurer l'urbanisation, moderniser et développer le réseau de transport en commun métropolitain, optimiser et compléter le réseau routier métropolitain: tels sont les grands objectifs du volet de transport du PMAD. «Écoutez, on est un peu écrasé par l'ampleur des investissements. Il faut penser certes aux infrastructures, mais sans oublier les services qui viennent avec elles. Il faut que l'équilibre souhaité entre le transport individuel et le transport collectif soit au service de l'avenir, pas juste au service du plaisir actuel», rappelle à grands traits Dinu Bumbaru.
Environnement
Sur le plan de l'environnement et de ses contours, M. Bumbaru avait bien des choses à dire. Résumons. «Il faut reconnaître le territoire comme le premier patrimoine de la métropole. Vous savez, le paysage sur lequel repose la métropole a environ 7000 ans d'âge, c'est une histoire naturelle, une histoire culturelle, et ça, il ne faudrait pas l'oublier. Il ne faut pas non plus oublier l'humain au sein du PMAD, ça veut dire les noyaux villageois, ça veut dire les chemins patrimoniaux. Saviez-vous que le plus vieux chemin de la Nouvelle-France, ce n'est pas le chemin du Roy, mais plutôt le chemin Chambly? On a ça dans la métropole et personne ne l'enseigne. Regardez seulement ce que les peintres ont fait avec le mont Saint-Hilaire. De plus, les poètes, les écrivains ont décrit la métropole de telle manière que ça devrait être enseigné dans toutes les classes d'école», observe l'expert, qui poursuit sur sa lancée.
«Notre métropole est extraordinaire, du fait qu'elle est traversée par un des fleuves les plus puissants de la planète. Je pense aussi à l'ensemble des Montérégiennes, c'est très identitaire, ça.»
En terminant, peut-on craindre un manque de volonté politique d'aller jusqu'au bout de ce plan sur une période de 20 ans? «On pourrait l'anticiper, oui. C'est pour cela qu'on propose — je porte ici mon chapeau de l'IPAM — qu'il y ait un mécanisme de suivi dans la mise en oeuvre du plan et qu'il ne soit pas élitico-bureaucratique. Il faut qu'il y ait un forum public, une agora annuelle, enfin, une occasion, peut-être un comité consultatif, qui engage la société civile.»
***
Collaborateur du Devoir
«Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est "enfin!", avec le point d'exclamation», insiste Dinu Bumbaru, en portant un regard sur le PMAD dans son ensemble. Il poursuit en manifestant son enthousiasme pour la mise en oeuvre de ce projet de plan. «Ça fait des années qu'on l'attend. On a ici quelque chose d'organisé à l'échelle de la métropole et pas sur n'importe quoi, mais sur des sujets précis. Par contre, en ce qui concerne les échéanciers des consultations, c'est plutôt infect. Mais vous avez vu le nombre d'inscriptions aux consultations, on parle de 389 inscriptions, ça démontre que les gens sont extrêmement intéressés par ce plan», tient-il à préciser.
Au terme de la consultation, la commission de l'aménagement de la CMM soumettra un rapport d'observations au conseil de la CMM. Le projet de PMAD doit être adopté au plus tard le 31 décembre 2011.
L'aménagement, le transport et l'environnement sont les trois orientations qui constituent le PMAD. «Ce sont des mots très concrets», souligne M. Bumbaru, qui poursuit sur le volet de l'aménagement. «Cette orientation est très importante. Il faut éviter d'éparpiller les pressions, il faut concentrer l'urbanisation, consolider: c'est un message important à retenir. Et, ce qui est intéressant dans le document, c'est le fait qu'il est question de densité humanisée. On a l'impression que le terme "densité" renvoie aux pires endroits de la Chine, à ces mégalopoles instantanées, mais pas du tout. Le Plateau Mont-Royal a une échelle de densité très vivable, avec de beaux parcs, de beaux aménagements, avec des [bâtiments] de trois étages. Je vous dirais même que des [bâtiments] de quatre ou cinq étages sont des densités très humaines.»
Cibler les installations d'intérêt métropolitain actuelles et localiser les installations d'intérêt métropolitain projetées, cibler les contraintes majeures qui concernent le territoire de plusieurs MRC et délimiter le territoire d'urbanisation selon un aménagement durable ne sont que quelques-uns des objectifs visés par ce volet du PMAD. M. Bumbaru apporte toutefois une «mise en garde» concernant la conciliation entre la donne de la démographie et le territoire. «Il faut jumeler la démographie avec une reconnaissance très forte des espaces à protéger.»
Miser sur un réseau de transport en commun qui permet de structurer l'urbanisation, moderniser et développer le réseau de transport en commun métropolitain, optimiser et compléter le réseau routier métropolitain: tels sont les grands objectifs du volet de transport du PMAD. «Écoutez, on est un peu écrasé par l'ampleur des investissements. Il faut penser certes aux infrastructures, mais sans oublier les services qui viennent avec elles. Il faut que l'équilibre souhaité entre le transport individuel et le transport collectif soit au service de l'avenir, pas juste au service du plaisir actuel», rappelle à grands traits Dinu Bumbaru.
Environnement
Sur le plan de l'environnement et de ses contours, M. Bumbaru avait bien des choses à dire. Résumons. «Il faut reconnaître le territoire comme le premier patrimoine de la métropole. Vous savez, le paysage sur lequel repose la métropole a environ 7000 ans d'âge, c'est une histoire naturelle, une histoire culturelle, et ça, il ne faudrait pas l'oublier. Il ne faut pas non plus oublier l'humain au sein du PMAD, ça veut dire les noyaux villageois, ça veut dire les chemins patrimoniaux. Saviez-vous que le plus vieux chemin de la Nouvelle-France, ce n'est pas le chemin du Roy, mais plutôt le chemin Chambly? On a ça dans la métropole et personne ne l'enseigne. Regardez seulement ce que les peintres ont fait avec le mont Saint-Hilaire. De plus, les poètes, les écrivains ont décrit la métropole de telle manière que ça devrait être enseigné dans toutes les classes d'école», observe l'expert, qui poursuit sur sa lancée.
«Notre métropole est extraordinaire, du fait qu'elle est traversée par un des fleuves les plus puissants de la planète. Je pense aussi à l'ensemble des Montérégiennes, c'est très identitaire, ça.»
En terminant, peut-on craindre un manque de volonté politique d'aller jusqu'au bout de ce plan sur une période de 20 ans? «On pourrait l'anticiper, oui. C'est pour cela qu'on propose — je porte ici mon chapeau de l'IPAM — qu'il y ait un mécanisme de suivi dans la mise en oeuvre du plan et qu'il ne soit pas élitico-bureaucratique. Il faut qu'il y ait un forum public, une agora annuelle, enfin, une occasion, peut-être un comité consultatif, qui engage la société civile.»
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Collaborateur du Devoir








