Cinar: la CVMQ bloque Weinberg et Charest
La Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ) dit non encore une fois au couple Weinberg-Charest, qui voulait remplacer le président du conseil de Cinar, Robert Després, par l'expert en faillites Noubar Boyadjian.
Réponse a été donnée le 30 juillet dernier par Pierre Bettez, directeur de la conformité à la CVMQ, à cette requête présentée par les deux principaux actionnaires de Cinar qui sont privés pour une période de cinq ans de l'exercice de leurs droits de vote et de la direction de l'entreprise dont ils sont les fondateurs. Le 24 juillet, Micheline Charest et Ronald Weinberg déclaraient dans une lettre à la CVMQ: «Nous croyons que nous avons droit de remplacer le fiduciaire actuel à notre discrétion.»
Et six jours plus tard, M. Bettez répliquait dans les termes suivants: «J'ai décidé de ne pas donner mon accord à la demande d'approbation de M. Noubar Boyadjian à titre de fiduciaire pour les actionnaires Micheline Charest et Ronald Weinberg et de ne pas signer le projet de convention de vote de fiduciaire que vous m'avez transmis.»
Le directeur à la conformité expliquait ensuite qu'après avoir considéré tous les éléments, il était en mesure de tirer deux conclusions: «D'abord, que le projet de convention de vote de fiduciaire soumis avec la demande d'approbation de M. Boyadjian à titre de fiduciaire ne présente pas des garanties suffisantes d'indépendance pour le respect du paragraphe 86 de l'entente administrative et, deuxièmement, qu'il n'a pas été démontré que le changement de fiduciaire bénéficierait à l'ensemble des actionnaires.»
La démarche du couple Weinberg-Charest, qui pourrait être interprétée comme une tentative de reprise du contrôle de l'entreprise par personne interposée, en l'occurrence un expert en faillites, a été bloquée par la CVMQ, qui réitère du même coup sa pleine confiance dans le fiduciaire Robert Després, qu'elle avait nommé avec l'accord des deux actionnaires-fondateurs.
Détenteur provisoire de 63,8 % des droits de vote, M. Després s'est ensuite présenté à l'assemblée générale annuelle des actionnaires de Cinar le 30 avril 2002 et a fait voter le remplacement de tous les membres du conseil d'administration par des administrateurs choisis à l'extérieur de Cinar. C'était du même coup affirmer une indépendance totale du conseil vis-à-vis des deux dirigeants mis au ban pour cinq ans.
Il s'est néanmoins créé parmi les actionnaires un mouvement contre le leadership de M. Després, dont le couple s'est visiblement inspiré pour présenter récemment cette requête en vue de remplacer le président Després par M. Boyadjian, un expert en faillites, qui aurait été beaucoup plus enclin à vendre Cinar, comme le souhaiteraient le couple et d'autres actionnaires. M. Després favorise pour sa part le maintien de l'entreprise en travaillant en vue d'une augmentation de la valeur des actions plutôt que d'en retirer un profit à court terme par la vente de l'entreprise.
On a pu d'ailleurs lire dans Le Devoir cette semaine que cela donne lieu à un chaud débat entre les actionnaires de Cinar. Hier encore, Robert Chapman Jr., dirigeant d'une société de capital de Californie, faisait valoir que la majorité des détenteurs institutionnels d'actions sont insatisfaits de la performance de M. Després.
Évidemment, en apprenant hier la décision de la CVMQ, M. Chapman, dont la société de capital détient 8 % des actions de classe B de Cinar, était furieux. Il accuse en somme la CVMQ d'avoir fait «une parodie de son pouvoir réglementaire pour protéger les intérêts des actionnaires d'une société ouverte québécoise». Il dit croire que le rejet de M. Boyadjian était un fait accompli avant même que la commission ne commence l'examen de ses qualifications.
Il considère absurde l'argument du meilleur intérêt des actionnaires tel que présenté par la CVMQ, puisque celle-ci a reçu des pétitions écrites et verbales représentant plus de 50 % des actions de Cinar. Enfin, le Californien soutient qu'en plus des actionnaires qui doivent subir les effets négatifs à court terme de cette décision, «les victimes à long terme des geste du triumvirat de la CVMQ composé par Pierre Bettez, Laurent Lemieux et Josée Deslauriers seront toutes les sociétés ouvertes du Québec dans lesquelles les investisseurs internationaux manifesteront beaucoup de réserve à investir à la suite de cette décision mal fondée».
Réponse a été donnée le 30 juillet dernier par Pierre Bettez, directeur de la conformité à la CVMQ, à cette requête présentée par les deux principaux actionnaires de Cinar qui sont privés pour une période de cinq ans de l'exercice de leurs droits de vote et de la direction de l'entreprise dont ils sont les fondateurs. Le 24 juillet, Micheline Charest et Ronald Weinberg déclaraient dans une lettre à la CVMQ: «Nous croyons que nous avons droit de remplacer le fiduciaire actuel à notre discrétion.»
Et six jours plus tard, M. Bettez répliquait dans les termes suivants: «J'ai décidé de ne pas donner mon accord à la demande d'approbation de M. Noubar Boyadjian à titre de fiduciaire pour les actionnaires Micheline Charest et Ronald Weinberg et de ne pas signer le projet de convention de vote de fiduciaire que vous m'avez transmis.»
Le directeur à la conformité expliquait ensuite qu'après avoir considéré tous les éléments, il était en mesure de tirer deux conclusions: «D'abord, que le projet de convention de vote de fiduciaire soumis avec la demande d'approbation de M. Boyadjian à titre de fiduciaire ne présente pas des garanties suffisantes d'indépendance pour le respect du paragraphe 86 de l'entente administrative et, deuxièmement, qu'il n'a pas été démontré que le changement de fiduciaire bénéficierait à l'ensemble des actionnaires.»
La démarche du couple Weinberg-Charest, qui pourrait être interprétée comme une tentative de reprise du contrôle de l'entreprise par personne interposée, en l'occurrence un expert en faillites, a été bloquée par la CVMQ, qui réitère du même coup sa pleine confiance dans le fiduciaire Robert Després, qu'elle avait nommé avec l'accord des deux actionnaires-fondateurs.
Détenteur provisoire de 63,8 % des droits de vote, M. Després s'est ensuite présenté à l'assemblée générale annuelle des actionnaires de Cinar le 30 avril 2002 et a fait voter le remplacement de tous les membres du conseil d'administration par des administrateurs choisis à l'extérieur de Cinar. C'était du même coup affirmer une indépendance totale du conseil vis-à-vis des deux dirigeants mis au ban pour cinq ans.
Il s'est néanmoins créé parmi les actionnaires un mouvement contre le leadership de M. Després, dont le couple s'est visiblement inspiré pour présenter récemment cette requête en vue de remplacer le président Després par M. Boyadjian, un expert en faillites, qui aurait été beaucoup plus enclin à vendre Cinar, comme le souhaiteraient le couple et d'autres actionnaires. M. Després favorise pour sa part le maintien de l'entreprise en travaillant en vue d'une augmentation de la valeur des actions plutôt que d'en retirer un profit à court terme par la vente de l'entreprise.
On a pu d'ailleurs lire dans Le Devoir cette semaine que cela donne lieu à un chaud débat entre les actionnaires de Cinar. Hier encore, Robert Chapman Jr., dirigeant d'une société de capital de Californie, faisait valoir que la majorité des détenteurs institutionnels d'actions sont insatisfaits de la performance de M. Després.
Évidemment, en apprenant hier la décision de la CVMQ, M. Chapman, dont la société de capital détient 8 % des actions de classe B de Cinar, était furieux. Il accuse en somme la CVMQ d'avoir fait «une parodie de son pouvoir réglementaire pour protéger les intérêts des actionnaires d'une société ouverte québécoise». Il dit croire que le rejet de M. Boyadjian était un fait accompli avant même que la commission ne commence l'examen de ses qualifications.
Il considère absurde l'argument du meilleur intérêt des actionnaires tel que présenté par la CVMQ, puisque celle-ci a reçu des pétitions écrites et verbales représentant plus de 50 % des actions de Cinar. Enfin, le Californien soutient qu'en plus des actionnaires qui doivent subir les effets négatifs à court terme de cette décision, «les victimes à long terme des geste du triumvirat de la CVMQ composé par Pierre Bettez, Laurent Lemieux et Josée Deslauriers seront toutes les sociétés ouvertes du Québec dans lesquelles les investisseurs internationaux manifesteront beaucoup de réserve à investir à la suite de cette décision mal fondée».
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