Saddam et ses fils sont restés à Bagdad tout au long de la guerre
Le garde du corps personnel d'Oudaï sort de sa réserve
Times de Londres
26 juillet 2003
Le garde du corps personnel d'Oudaï est sorti hier de sa réserve après trois mois de silence afin de donner le premier témoignage sérieux sur la façon dont Saddam Hussein et ses fils ont vécu pendant la guerre en Irak.
Dans une interview exclusive avec le journal The Times, de Londres, le garde du corps annonce que, loin de fuir Bagdad, les trois hommes ont tenu le coup dans la capitale pendant au moins une semaine après sa chute.
Il déclare aussi qu'ils ont échappé à des tentatives répétées de la part des Américains de les assassiner ou de les capturer et qu'ils sont même apparus en public sous le nez des troupes américaines.
Au cours d'une interview de trois heures dans un pavillon d'une ville située à une heure au nord-ouest de Bagdad, le garde du corps a déclaré que Saddam et ses fils sont restés dans la capitale tout au long de la guerre, convaincus qu'ils pourraient garder la ville.
Quand les premières bombes sont tombées sur une maison dans une banlieue au sud, où les Américains pensaient que Saddam et ses fils avaient rendez-vous, lui et Oudaï étaient de l'autre côté de la ville dans l'une des douzaines de maisons-refuges appartenant à des amis de confiance et à des parents, et dans lesquelles les trois hommes ont séjourné les semaines suivantes.
Le garde du corps confie aussi au Times que la frappe de «décapitation» des Américains est tombée beaucoup plus près et que Saddam a survécu seulement parce que de nombreuses «planques» avaient subi une attaque et qu'il soupçonnait la présence d'un informateur dans son camp.
Saddam a demandé au suspect, un capitaine, de trouver un endroit sûr, derrière un restaurant, dans le quartier Mansour, pour un rendez-vous. Ils sont arrivés et sont repartis ensuite, presque immédiatement, par la porte de derrière. «Dix minutes après leur départ par la porte, c'était bombardé», a déclaré le garde du corps.
Selon le Times, Saddam a alors exécuté sommairement le capitaine, tandis que le Pentagone annonçait que la frappe en avait probablement fini avec Saddam et Oudaï. L'homme, âgé de 28 ans, qui a requis l'anonymat par peur de représailles, a servi à partir de 1997 parmi la clique de gardes personnels d'Oudaï triés sur le volet jusqu'au moment où son ancien patron a finalement quitté Bagdad afin d'organiser la guérilla plus au nord.
Oudaï lui a fait ses adieux et lui a tendu 1000 $ en lui promettant de reprendre contact quand il aurait besoin de lui. Mardi dernier, les troupes américaines ont tué le fils de Saddam dans une fusillade dans la ville de Mossoul. Hier, le Pentagone a publié les photos de sa tête mutilée.
Quand Bagdad est tombée le 9 avril, les trois hommes étaient dans des maisons séparées dans le quartier sunnite et loyaliste d'Adhamiya, où Saddam est apparu lors d'une promenade retransmise par la télévision deux jours auparavant.
Le garde du corps d'Oudaï n'était pas présent à cette occasion, mais il s'y trouvait deux jours plus tard, lorsque, au grand étonnement de tout le monde, Saddam et ses fils apparurent aux prières du vendredi à la mosquée d'Adhamiya, à quelques miles de l'endroit où les troupes américaines patrouillaient. «Il y avait une foule de gens tout autour et une vieille femme vint vers Saddam et demanda: "Qu'avez-vous fait pour nous?"»
Saddam, une de ses mains s'abattant sur son visage, dit: «Que puis-je faire? J'ai fait confiance aux commandants, mais c'étaient des traîtres et ils ont trahi l'Irak. Mais j'espère que, dans peu de temps, nous serons de retour au pouvoir et tout reviendra à la normale.»
Les hommes n'ont jamais reparu en public depuis, mais le garde du corps dit qu'ils étaient capables de voyager librement de refuge en refuge dans des voitures sans immatriculation, parfois sous le nez des Américains.
«Une fois, nous étions à Mansour, leur convoi avançait et nous roulions juste derrière eux dans des voitures ordinaires. Ils ne nous ont jamais vus», a-t-il dit au Times.
Pour Oudaï, de plus en plus anxieux, ce fut une occasion comique de se détendre. «Il s'est moqué d'eux. Lorsqu'il a aperçu un soldat avec le visage rougi, il a dit: "Ce n'est pas un soldat fait pour faire la guerre."» Oudaï a alors fait une suggestion déplacée concernant ce à quoi le visage du soldat pourrait le mieux servir.
Le garde du corps dit que Saddam et ses fils sont restés à Bagdad en croyant sincèrement qu'ils pourraient conserver la ville. Ce n'est que plus tard, lorsqu'ils ont cru qu'ils avaient été trahis par leurs commandants, qu'ils ont réfléchi à une solution. «La résistance n'était pas construite avant la guerre, dit-il. Il y a eu une réunion en petit comité, cinq ou six jours après la guerre, et c'est à ce moment-là qu'ils ont commencé à parler de résistance.»
Quelques jours plus tard, le garde du corps fut convoqué par Oudaï, qui lui remit 1000 $ en liquide et lui dit qu'il pouvait rentrer chez lui. Oudaï n'aurait pas dit où il allait, seulement que c'était le moment de commencer la résistance. «Il a dit: "Tu peux partir. Nous te trouverons quand nous aurons besoin de toi", a rapporté le garde du corps. Ils ont seulement gardé leurs proches avec eux après ça. Ils ne font confiance à personne d'autres.
Dans une interview exclusive avec le journal The Times, de Londres, le garde du corps annonce que, loin de fuir Bagdad, les trois hommes ont tenu le coup dans la capitale pendant au moins une semaine après sa chute.
Il déclare aussi qu'ils ont échappé à des tentatives répétées de la part des Américains de les assassiner ou de les capturer et qu'ils sont même apparus en public sous le nez des troupes américaines.
Au cours d'une interview de trois heures dans un pavillon d'une ville située à une heure au nord-ouest de Bagdad, le garde du corps a déclaré que Saddam et ses fils sont restés dans la capitale tout au long de la guerre, convaincus qu'ils pourraient garder la ville.
Quand les premières bombes sont tombées sur une maison dans une banlieue au sud, où les Américains pensaient que Saddam et ses fils avaient rendez-vous, lui et Oudaï étaient de l'autre côté de la ville dans l'une des douzaines de maisons-refuges appartenant à des amis de confiance et à des parents, et dans lesquelles les trois hommes ont séjourné les semaines suivantes.
Le garde du corps confie aussi au Times que la frappe de «décapitation» des Américains est tombée beaucoup plus près et que Saddam a survécu seulement parce que de nombreuses «planques» avaient subi une attaque et qu'il soupçonnait la présence d'un informateur dans son camp.
Saddam a demandé au suspect, un capitaine, de trouver un endroit sûr, derrière un restaurant, dans le quartier Mansour, pour un rendez-vous. Ils sont arrivés et sont repartis ensuite, presque immédiatement, par la porte de derrière. «Dix minutes après leur départ par la porte, c'était bombardé», a déclaré le garde du corps.
Selon le Times, Saddam a alors exécuté sommairement le capitaine, tandis que le Pentagone annonçait que la frappe en avait probablement fini avec Saddam et Oudaï. L'homme, âgé de 28 ans, qui a requis l'anonymat par peur de représailles, a servi à partir de 1997 parmi la clique de gardes personnels d'Oudaï triés sur le volet jusqu'au moment où son ancien patron a finalement quitté Bagdad afin d'organiser la guérilla plus au nord.
Oudaï lui a fait ses adieux et lui a tendu 1000 $ en lui promettant de reprendre contact quand il aurait besoin de lui. Mardi dernier, les troupes américaines ont tué le fils de Saddam dans une fusillade dans la ville de Mossoul. Hier, le Pentagone a publié les photos de sa tête mutilée.
Quand Bagdad est tombée le 9 avril, les trois hommes étaient dans des maisons séparées dans le quartier sunnite et loyaliste d'Adhamiya, où Saddam est apparu lors d'une promenade retransmise par la télévision deux jours auparavant.
Le garde du corps d'Oudaï n'était pas présent à cette occasion, mais il s'y trouvait deux jours plus tard, lorsque, au grand étonnement de tout le monde, Saddam et ses fils apparurent aux prières du vendredi à la mosquée d'Adhamiya, à quelques miles de l'endroit où les troupes américaines patrouillaient. «Il y avait une foule de gens tout autour et une vieille femme vint vers Saddam et demanda: "Qu'avez-vous fait pour nous?"»
Saddam, une de ses mains s'abattant sur son visage, dit: «Que puis-je faire? J'ai fait confiance aux commandants, mais c'étaient des traîtres et ils ont trahi l'Irak. Mais j'espère que, dans peu de temps, nous serons de retour au pouvoir et tout reviendra à la normale.»
Les hommes n'ont jamais reparu en public depuis, mais le garde du corps dit qu'ils étaient capables de voyager librement de refuge en refuge dans des voitures sans immatriculation, parfois sous le nez des Américains.
«Une fois, nous étions à Mansour, leur convoi avançait et nous roulions juste derrière eux dans des voitures ordinaires. Ils ne nous ont jamais vus», a-t-il dit au Times.
Pour Oudaï, de plus en plus anxieux, ce fut une occasion comique de se détendre. «Il s'est moqué d'eux. Lorsqu'il a aperçu un soldat avec le visage rougi, il a dit: "Ce n'est pas un soldat fait pour faire la guerre."» Oudaï a alors fait une suggestion déplacée concernant ce à quoi le visage du soldat pourrait le mieux servir.
Le garde du corps dit que Saddam et ses fils sont restés à Bagdad en croyant sincèrement qu'ils pourraient conserver la ville. Ce n'est que plus tard, lorsqu'ils ont cru qu'ils avaient été trahis par leurs commandants, qu'ils ont réfléchi à une solution. «La résistance n'était pas construite avant la guerre, dit-il. Il y a eu une réunion en petit comité, cinq ou six jours après la guerre, et c'est à ce moment-là qu'ils ont commencé à parler de résistance.»
Quelques jours plus tard, le garde du corps fut convoqué par Oudaï, qui lui remit 1000 $ en liquide et lui dit qu'il pouvait rentrer chez lui. Oudaï n'aurait pas dit où il allait, seulement que c'était le moment de commencer la résistance. «Il a dit: "Tu peux partir. Nous te trouverons quand nous aurons besoin de toi", a rapporté le garde du corps. Ils ont seulement gardé leurs proches avec eux après ça. Ils ne font confiance à personne d'autres.
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