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Inondations en Montérégie - Et on recommence!

Josée Boileau   23 juin 2011 
Qu'il est curieux ce Québec où les logiques les plus contradictoires se croisent sans se toucher et où l'incohérence triomphe. Le cas de la reconstruction dans les zones inondables en Montérégie en fait la démonstration par l'absurde. Pour préserver des votes et des taxes, on sacrifie le bon sens. Et vogue la galère puisque dans dix ou vingt ans, de toute manière, les élus actuels ne seront plus là pour faire face aux dégâts.

Observons la scène politique québécoise actuelle: d'un côté, des élus qui réclament de faire de la politique autrement, sans savoir exactement comment s'y prendre, mais en tentant de sortir de la gestion à courte vue et du clientélisme — à cet égard, un Pierre Curzi et un François Legault se rejoignent, avec le succès que l'on sait.

Dans la même veine, des gens se regroupent pour réclamer la mise en valeur d'autres enjeux politiques que la dichotomie souveraineté-fédéralisme, misant notamment sur l'environnement. Il ne faut plus des mers asphaltées, des autoroutes immenses, des pelouses sans pissenlits, citait cette semaine le Manifeste pour un Québec dégrisé, publié dans Le Devoir. À quoi on pourrait ajouter l'envie de s'installer coûte que coûte au bord de l'eau, sans égard aux débordements de la nature.

Mais pendant qu'on s'agite et cogite en se préoccupant de l'avenir, tout un autre pan du Québec poursuit son petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était, comme si tous ces débats ne le concernaient pas. Dans cet univers, le premier ministre Jean Charest règne en maître.

Hier, entouré de maires et de ministres, il causait reconstruction en Montérégie comme si les spectaculaires inondations qui y ont eu cours n'étaient qu'un désastre auquel il faut faire face, mais sans changer fondamentalement les façons de faire. Il n'a donc pas choisi de resserrer les règles, mais de les contourner: contrairement à la loi, les citoyens sinistrés de Montérégie pourront se rebâtir en zones inondables — sauf si leurs propriétés sont situées dans une zone à risque d'inondations aux deux ans.

Ce régime d'exception permettra «le maintien de l'essentiel de la capacité financière des municipalités», souligne le gouvernement. Le comité ministériel chargé, le mois dernier, de réfléchir au réaménagement du territoire ne s'est guère creusé les méninges: parler d'argent, c'était là tout ce que les maires souhaitaient entendre.

Monsieur Charest a précisé que ces reconstructions seront assorties de contraintes: rebâtir sur pilotis par exemple. Mais ce sera aux municipalités d'établir les critères. Autant parler de statu quo! L'interdiction actuelle de bâtir en zones inondables n'est même pas respectée, les municipalités ayant toujours de bonnes raisons pour délivrer les permis qui leur sont demandés. Et l'on s'attend à ce que la rigueur soit au rendez-vous pour établir les critères de reconstruction? Les faire respecter?

Le précédent établi, lui, n'est pas à négliger. Huit MRC n'ont toujours pas adopté de schéma d'aménagement des rives, comme l'exige depuis six ans Québec. Pourquoi n'auraient-elles pas droit à l'exception des pilotis elles aussi? Quant à la réalité des changements climatiques, elle a été complètement évacuée hier. Pourtant, il faut envisager que ce qui est inondable aux vingt ans aujourd'hui puisse tomber sous peu dans la zone de risque d'inondations aux deux ans.

Le gouvernement est décidément plus insouciant que les compagnies d'assurances. Mais celles-ci n'ont pas à se faire élire... Et on répond comment à un tel clientélisme quand on veut faire de la politique autrement?
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    23 juin 2011 02 h 19
    Quelle belle plume...
    De la beauté formelle dans un texte!
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  • Roger Lapointe Roger Lapointe - Abonné
    23 juin 2011 07 h 04
    L'art de gouverner en irresponsable.
    Bel exemple de je m'en-foutisme gouvernemental.<Dans 20 ans je ne serai plus au pouvoir pour faire face à la réalité des zones inondables en Montérégie ou ailleurs>.Charest a raté une belle occasion de mettre les pendules à l'heure en mettant en place des législations appropriées pour ne pas encourager la bêtise humaine.Même défaitisme à l'instar de la situation de corruption dans la construction.Pas étonnant que les Québécois ne savent plus comment faire confiance aux élus quand le PQ se tire dans le pied en devenant le tapis de service du gouvernement Charest par le rejet de la dissidence quand la conscience et le bien public sont en cause.
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  • Michel Simard - Abonné
    23 juin 2011 07 h 58
    Un glissement et une tribu
    De plus en plus avec le QLP, la démocratie devient un vain mot. À l'État de droit où une même règle s'applique à tous, on s'adonne au cas par cas dans un objectif d'électoralisme à courte vue.

    De l'électoralisme, Jean Charest en a besoin puisqu'il y a fort à parier que le Canadian déclenche des élections anticipées, conforté qu'il l'est par la manchette de La Presse et, il faut bien le dire, l'incohérence, l'insouciance et l'irrationalité des Québécois. Laurier et ses disciples avaient peut-être raison; les Québécois ne sont peut-être qu'une tribu de demeurés corrmpus. Il n'y a aucune raison de faire de la politique autrement : les électeurs redemandent de la corruption, de la courte vue, du controunement des lois, des ressources naturelles bradées et l'affaibilissement de la langue française et du Québec.
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    23 juin 2011 08 h 59
    Quand l'exemple vient de haut...
    Si le gouvernement ne respecte pas ses propres lois...comment alors s'attendre à ce que les citoyens respectent les lois?
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  • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit
    23 juin 2011 09 h 09
    La politique autrement
    J'ai 65 ans. Je le mentionne parce que mon propos pourrait passer pour celui d'un jeune-naïf-idéaliste-sans-expérience-de-la-vie.

    Les personnes que j'apprécie en politique sont celles qui osent avoir des principes au dessus des lignes de partis et des perspectives d'élections prochaines.

    Ces personnes sont malheureusement marginales et marginalisées. Mais aux prochaines élections, je voterai pour elles. Je préfère perdre mes élections que les gagner en laissant tomber mes principes et mes idéaux.

    Si la souveraineté devait se faire, ce devrait être, quant à moi, pour bâtir un pays «capable de se regarder dans le miroir».

    Jean-Pierre Marcoux
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  • France Marcotte - Abonnée
    23 juin 2011 09 h 14
    L'avenir, c'est à tous les quatre ans
    Fascinant aussi, l'écart entre l'exercice réel du pouvoir et le rêve de ce qu'il devrait, pourrait être.
    Ceux qui devraient être au pouvoir ne sont pas ceux qui y sont.
    On est toujours assis à côté de sa chaise.
    Pourtant ceux qui gouvernent ont bel et bien été élus démocratiquement, aen principe du moins.
    Qu'est-ce qui intervient dans le processus pour que le rêve ne devienne pas réalité?
    Sommes-nous des rêveurs?
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  •  
  • propusto - Inscrit
    23 juin 2011 09 h 56
    Petit peuple.
    Quand je parle du petit peuple québécois ailleurs, en voilà un bel exemple.

    Jean Charest a demandé au petit peuple de lui permettre d'avoir les deux mains sur le volant, il n'a jamais parlé de cerveau!

    «J'y avais pas peeeennnnnsssééééé!!!!»

    Michel Gagnon
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  • Claude Kamps - Inscrit
    23 juin 2011 10 h 11
    Le Québec francophone est tombé bien bas...
    Le Québec francophone est tombé bien bas, ses élus sont sur une autre planète et ne se préoccupe de l'avenir que quand c'est inévitable.
    La preuve le Pont Mercier qui est plein de réparations de fortune« provisoires» depuis bien des années, on s'en occupe quand il est impossible de pas s'en occuper et on met toute une population dans des parkings de gare, quand il y a de la place !!! Et la mal administration doit faire des parkings... etc...

    Du coté du PQ c'est pas mieux, on fait tout derrière des portes closes et on s'étonne que la dissidence s'installe, que le parti se coupe en deux ou trois morceaux..
    La preuve, depuis la défaite fulgurante du BLOC, qui s'est bien trop rangé du coté d'une indépendance rapide, il y a d'un coté, les pures aveugles ( c'est pas maintenant qu'on aura 50% certain ) de l'autre les pragmatique, mais qui pense encore avec l'indépendance en vue.

    Ce qu'il nous faut au plus vite est un parti qui pense en premier a remettre Montréal sur les rails, voir à faire autrement réfléchir le Québec francophone que sur indépendant ou fédéraliste...

    Nous ne serons jamais tout à fait les deux, des latins c'est différent et ça réagit pas de la même façon qu'un anglais.

    C'est comme le propriétaire d'une PME il se dit indépendant et en est fière, mais il ne dit pas que son patron c'est sa banque....
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  • Geoffroi - Abonné
    23 juin 2011 14 h 00
    De la naïveté et de la crédulité
    Pour se débarasser du clientisme en tout genre, il faut se débarasser des politiciens "clienteurs" en tout genre. "Pt-êtr ben".

    Est-ce que Curzy et Legault seront différents des autres? Y a-t-il un seul poiliticien qui ne fait pas ou ne fera jamais de la "petite politique partisane électoraliste " ?

    La réalité dépasse toujours la fiction et le rêve. Charest le sait depuis longtemps.
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  • Carole Dionne - Inscrite
    23 juin 2011 14 h 49
    ET DIRE QUE LES DÉPUTÉS SE PLAIGNENT...
    Qu'on ne les prend de moins en moins au sérieux, tout parti confondu.

    1- Il y avait une loi concernant l'électorat: on l'a transgresse au nom de ... et on la change

    2- L'amphithéâtre: on veut transgresser toute forme de contestation possible au nom de ...on veut faire une nouvelle loi

    Dans les deux cas présents, le PQ et les libéraux s'accordaient comme larrons en foire.

    3- Là, le gouvernement libéral transgresse une autre de nos lois.


    Donc, si je comprends bien, quand cela ne fait pas notre affaire, on change la loi pour ne pas la transgresser.. C'est beau la politique. Et après cela, on viendra pleurer sur notre épaule qu'on leur fait de la grosse pépène...
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  •  
  • Paul Simard - Abonné
    23 juin 2011 19 h 57
    Faut-il pleurer, faut-il en rire........
    Ou mêm les deux, ce qui ne suffit pas à calmer mon exaspération grandissante.
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  • Kirou - Inscrit
    24 juin 2011 08 h 54
    Quelle insouciance !
    "Après moi le déluge", semble dire le gouvernement Charest.
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  • richard simoneau - Abonné
    24 juin 2011 18 h 22
    T'AS PAS LE DROIT, ADÉLARD!
    Bravo madame! À la blague, j'ai envie de vous répondre comme Duplessis l'avait fait, à Adélard Godbout, dans la série télévisée réalisée par Denis Arcand: "T'as pas le droit de parler contre notre peuple, Adélard! Tu fais le jeu des Anglais pis d'Ottawa". Car il est vrai qu'en 2011 rien ne change et rien ne doit changer dans notre beau pays du Québec...! M. le cardinal Ouellet aurait-il eu raison de parler d'un peuple à la dérive?
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