Guindonville: gâchis ou agit-prop?
Aldéi Darveau - Élu municipal, Val-David
23 juillet 2003
Le vieillard était consentant et sa famille, partie prenante. Pour le bien de la communauté, la vente allait se faire avec leur consentement. Un processus d'évaluation marchande fut établi d'un commun accord. Les locataires devaient être informés.
La suite est bien connue...
Que sont les résidants solidaires devenus? Dorais, déracinée, a trouvé refuge auprès des siens. Marie et son ami, abasourdis, déstabilisés, refusent toute aide des services publics. M. Bureau hésite entre un passé aimé et un avenir incertain.
Les Charce, nomades électifs des temps modernes, poursuivent leur quête d'absolu, grappillant çà et là, comme les hommes de Néandertal faisaient la cueillette.
Kathie et ses amis fourbissent leurs armes pour leur prochaine lutte contre un pouvoir honni.
Comme un médecin malgré lui, M. Guindon s'est prêté au jeu d'une cause inattendue, mi-héraut, mi-victime d'un pouvoir forcément abusif et exploiteur. Le bruit médiatique s'estompe, la «cause» de Guindonville en rejoint d'autres, à la dérive, dans le cyberespace.
Le problème est posé.
Les pauvres, mal logés, méritent l'attention.
Que les pouvoirs publics y répondent à leur gré et que les analystes critiquent leur action.
Quelques projets témoins donneront bonne conscience pendant que s'accélère la gentrification.
Une communauté caresse un rêve: préserver l'espace de ses jeux. Mais elle voit les développeurs devenir captateurs. Ses efforts seront-ils anéantis?
Des alliances se nouent, des rivaux s'associent. De nouveaux seigneurs proposent leur tenure.
Faut-il créer une terre communale, en partager l'usage, laisser un bien encore public être assujetti?
Et demain?
Le village retrouve des airs champêtres, différent de ces lieux créés de toute pièce par des investisseurs en tourisme de masse. Les visiteurs ici font «partie du décor» et peuvent encore croire posséder une parcelle de tout ce territoire. Chacun, selon sa bourse, choisit ce qui lui plaît.
Symbiose
Résidants et visiteurs vivent en symbiose. Ensemble, ils se ressemblent dans leur diversité, toutes ethnies confondues; certains peu fortunés, et d'autres mieux nantis, en quête de la vie, sans festival ni casino. Quelques événements ponctuent les saisons: expositions, marché public, ateliers d'art visuel, expo-ventes, conférences, quelques groupes musicaux se produisent au café ou dans une microsalle.
Pourtant, c'était hier encore la tempête. Une pétition circulait à la défense de démunis, chassés de leur foyer. Les médias locaux en ont fait la chronique. Quelques vedettes du spectacle ont pris parti. Les médias nationaux ont tiré des manchettes. Un documentaire se poursuit. L'agit-prop diffuse l'affaire sur Internet.
Quel rapport entre ce bruit et le devenir d'une communauté qui ne souhaite grandir que lentement, comme on voudrait vieillir moins vite, et rester, autant que possible, ce qu'elle est?
Les effets nous importent. Les développeurs s'agitent. Les amateurs de plein air s'inquiètent. Les élus clament: à l'aide, on ne sait plus. Manipulés et meurtris, les Guindonvillois de cette Terre cherchent encore leur profit. Les élus et le service public sont condamnés. La conservation d'un espace naturel est compromis.
Le prétexte était bon. Dénoncez, disaient-ils, enjolivant des résidences à prix plus que modique, et paradoxalement dans un mauvais état. Pour les plus pauvres, c'est un choix qui souvent s'impose.
Il faut maintenant que le débat reprenne, que décisions se prennent: préserver des espaces, améliorer la qualité et la diversité d'habitations modiques, adapter des programmes de financement public.
Où seront les bien-pensants quand viendra le temps de réunir «la part du milieu»?
La suite est bien connue...
Que sont les résidants solidaires devenus? Dorais, déracinée, a trouvé refuge auprès des siens. Marie et son ami, abasourdis, déstabilisés, refusent toute aide des services publics. M. Bureau hésite entre un passé aimé et un avenir incertain.
Les Charce, nomades électifs des temps modernes, poursuivent leur quête d'absolu, grappillant çà et là, comme les hommes de Néandertal faisaient la cueillette.
Kathie et ses amis fourbissent leurs armes pour leur prochaine lutte contre un pouvoir honni.
Comme un médecin malgré lui, M. Guindon s'est prêté au jeu d'une cause inattendue, mi-héraut, mi-victime d'un pouvoir forcément abusif et exploiteur. Le bruit médiatique s'estompe, la «cause» de Guindonville en rejoint d'autres, à la dérive, dans le cyberespace.
Le problème est posé.
Les pauvres, mal logés, méritent l'attention.
Que les pouvoirs publics y répondent à leur gré et que les analystes critiquent leur action.
Quelques projets témoins donneront bonne conscience pendant que s'accélère la gentrification.
Une communauté caresse un rêve: préserver l'espace de ses jeux. Mais elle voit les développeurs devenir captateurs. Ses efforts seront-ils anéantis?
Des alliances se nouent, des rivaux s'associent. De nouveaux seigneurs proposent leur tenure.
Faut-il créer une terre communale, en partager l'usage, laisser un bien encore public être assujetti?
Et demain?
Le village retrouve des airs champêtres, différent de ces lieux créés de toute pièce par des investisseurs en tourisme de masse. Les visiteurs ici font «partie du décor» et peuvent encore croire posséder une parcelle de tout ce territoire. Chacun, selon sa bourse, choisit ce qui lui plaît.
Symbiose
Résidants et visiteurs vivent en symbiose. Ensemble, ils se ressemblent dans leur diversité, toutes ethnies confondues; certains peu fortunés, et d'autres mieux nantis, en quête de la vie, sans festival ni casino. Quelques événements ponctuent les saisons: expositions, marché public, ateliers d'art visuel, expo-ventes, conférences, quelques groupes musicaux se produisent au café ou dans une microsalle.
Pourtant, c'était hier encore la tempête. Une pétition circulait à la défense de démunis, chassés de leur foyer. Les médias locaux en ont fait la chronique. Quelques vedettes du spectacle ont pris parti. Les médias nationaux ont tiré des manchettes. Un documentaire se poursuit. L'agit-prop diffuse l'affaire sur Internet.
Quel rapport entre ce bruit et le devenir d'une communauté qui ne souhaite grandir que lentement, comme on voudrait vieillir moins vite, et rester, autant que possible, ce qu'elle est?
Les effets nous importent. Les développeurs s'agitent. Les amateurs de plein air s'inquiètent. Les élus clament: à l'aide, on ne sait plus. Manipulés et meurtris, les Guindonvillois de cette Terre cherchent encore leur profit. Les élus et le service public sont condamnés. La conservation d'un espace naturel est compromis.
Le prétexte était bon. Dénoncez, disaient-ils, enjolivant des résidences à prix plus que modique, et paradoxalement dans un mauvais état. Pour les plus pauvres, c'est un choix qui souvent s'impose.
Il faut maintenant que le débat reprenne, que décisions se prennent: préserver des espaces, améliorer la qualité et la diversité d'habitations modiques, adapter des programmes de financement public.
Où seront les bien-pensants quand viendra le temps de réunir «la part du milieu»?
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