Mariages gais: des fondements ébranlés
Marcel Lefebvre - Prêtre
22 juillet 2003
Doit-on appeler mariage l'union de deux personnes du même sexe? La question est loin d'être théorique, puisque la Cour suprême du Canada ne se reconnaît pas le droit de la trancher et demande que ce soit l'appareil législatif du pays (Chambre des communes et Sénat) qui établisse la ligne du droit en regard d'une telle requête. De fait, au-delà des personnes à respecter, il y a aussi à s'interroger sur des enjeux qui touchent les fondements mêmes de toute société humaine.
On comprendra facilement la requête de personnes de même sexe qui n'acceptent plus de ne pouvoir vivre au grand jour une orientation profonde qui les attire fortement vers des compagnons ou des compagnes de même sexe qu'elles. Ces hommes ou ces femmes qui n'ont pas choisi cette orientation qui semble inscrite dans leur nature voudraient profiter d'un encadrement social, voire institutionnel, qui les aide à s'épanouir en vivant les valeurs liées à la sexualité.
Cependant, une telle requête doit pouvoir se légitimer au-delà du cadre individuel, car elle touche des éléments qui sont illustrés par plusieurs disciplines scientifiques:
- l'histoire: le mariage entre deux personnes de sexe différent s'inscrit dans une tradition constante au sein des peuples les plus divers.... Une telle constance ne révèle-t-elle pas quelque chose de très profond qu'on n'aurait pas le droit de changer sans raisons majeures?
- la biologie nous enseigne, avec une constance évidente, la complémentarité nécessaire à la reproduction de la vie.
- l'anthropologie comme l'éthique insistent sur l'importance de l'altérité et sur le fait de l'altérité radicale qui démarque les deux sexes.
- la sociologie établit que le mariage constitue une institution qui vise à protéger les personnes, à faciliter l'approfondissement de l'amour et à offrir un cadre favorable à ce noyau de toute société qu'est la famille. Pourtant, cela n'est pas magique, ni pour les couples hétérosexuels ni pour les couples homosexuels.
Or, d'après moi, pour des raisons très profondes qui vont au-delà des droits individuels, il serait néfaste de nier l'enracinement historique, biologique, anthropologique et sociologique du terme «mariage» pour exprimer la réalité sociale récente que constitue l'union de deux personnes de même sexe. La voie qu'a adoptée le Québec en 2002, en introduisant l'union civile pour donner à l'union de fait un encadrement juridique constitue une solution tout à fait adéquate.
Certains laissent entendre que le fait de réserver le mariage aux seuls couples hétérosexuels comporte une discrimination envers ceux qui veulent assumer leur homosexualité. Mais, depuis quand la négation des faits constitue-t-elle la seule solution aux multiples disparités rencontrées dans toutes les sociétés? Les sociétés contemporaines n'aideraient en rien les couples homosexuels en laissant croire qu'ils ne diffèrent aucunement des couples dits «traditionnels». On pourrait même dire qu'elles leur nuiraient, en ne leur permettant pas de faire la vérité. La meilleure façon d'aider les personnes homosexuelles, en particulier les adolescents/adolescentes, c'est de les aider à s'accepter tels qu'ils sont et à s'épanouir avec et dans leurs différences.
Comme je suis prêtre et professeur de théologie à la retraite (Université de Montréal et Université Saint-Paul), je me permets d'ajouter que je ne me suis situé dans mes propos ni comme défenseur d'une position de l'Église catholique ni spécifiquement comme théologien. J'ai simplement exprimé un avis personnel sur une question délicate où il est dangereux de se laisser entraîner dans une option qui aboutirait, sous prétexte de compassion et de justice, à faire plus de tort que de bien.
On comprendra facilement la requête de personnes de même sexe qui n'acceptent plus de ne pouvoir vivre au grand jour une orientation profonde qui les attire fortement vers des compagnons ou des compagnes de même sexe qu'elles. Ces hommes ou ces femmes qui n'ont pas choisi cette orientation qui semble inscrite dans leur nature voudraient profiter d'un encadrement social, voire institutionnel, qui les aide à s'épanouir en vivant les valeurs liées à la sexualité.
Cependant, une telle requête doit pouvoir se légitimer au-delà du cadre individuel, car elle touche des éléments qui sont illustrés par plusieurs disciplines scientifiques:
- l'histoire: le mariage entre deux personnes de sexe différent s'inscrit dans une tradition constante au sein des peuples les plus divers.... Une telle constance ne révèle-t-elle pas quelque chose de très profond qu'on n'aurait pas le droit de changer sans raisons majeures?
- la biologie nous enseigne, avec une constance évidente, la complémentarité nécessaire à la reproduction de la vie.
- l'anthropologie comme l'éthique insistent sur l'importance de l'altérité et sur le fait de l'altérité radicale qui démarque les deux sexes.
- la sociologie établit que le mariage constitue une institution qui vise à protéger les personnes, à faciliter l'approfondissement de l'amour et à offrir un cadre favorable à ce noyau de toute société qu'est la famille. Pourtant, cela n'est pas magique, ni pour les couples hétérosexuels ni pour les couples homosexuels.
Or, d'après moi, pour des raisons très profondes qui vont au-delà des droits individuels, il serait néfaste de nier l'enracinement historique, biologique, anthropologique et sociologique du terme «mariage» pour exprimer la réalité sociale récente que constitue l'union de deux personnes de même sexe. La voie qu'a adoptée le Québec en 2002, en introduisant l'union civile pour donner à l'union de fait un encadrement juridique constitue une solution tout à fait adéquate.
Certains laissent entendre que le fait de réserver le mariage aux seuls couples hétérosexuels comporte une discrimination envers ceux qui veulent assumer leur homosexualité. Mais, depuis quand la négation des faits constitue-t-elle la seule solution aux multiples disparités rencontrées dans toutes les sociétés? Les sociétés contemporaines n'aideraient en rien les couples homosexuels en laissant croire qu'ils ne diffèrent aucunement des couples dits «traditionnels». On pourrait même dire qu'elles leur nuiraient, en ne leur permettant pas de faire la vérité. La meilleure façon d'aider les personnes homosexuelles, en particulier les adolescents/adolescentes, c'est de les aider à s'accepter tels qu'ils sont et à s'épanouir avec et dans leurs différences.
Comme je suis prêtre et professeur de théologie à la retraite (Université de Montréal et Université Saint-Paul), je me permets d'ajouter que je ne me suis situé dans mes propos ni comme défenseur d'une position de l'Église catholique ni spécifiquement comme théologien. J'ai simplement exprimé un avis personnel sur une question délicate où il est dangereux de se laisser entraîner dans une option qui aboutirait, sous prétexte de compassion et de justice, à faire plus de tort que de bien.
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