Tony Blair écarte toute démission
Londres — Tony Blair a écarté toute idée de démissionner et de rappel du Parlement après la mort, apparemment par suicide, de l'expert gouvernemental en armement David Kelly, reconnu hier contre toute attente par la BBC comme sa «source principale» dans le dossier des ADM irakiennes.
Le premier ministre britannique, en tournée en Asie pour parler notamment des ambitions nucléaires nord-coréennes, s'est dit «absolument» déterminé à poursuivre son mandat et a estimé avoir «des épaules solides» pour le faire.
Semblant fatigué mais moins ébranlé que la veille lorsqu'un journaliste lui avait demandé s'il avait «du sang sur les mains» et s'il allait démissionner, Tony Blair a été formel: «Évidemment, je pense que je fais ce qui est bien pour le pays, sinon je ne ferais pas ce travail.»
Le chef du gouvernement a écarté l'idée de rappeler le Parlement comme l'a réclamé le chef de l'opposition conservatrice Iain Duncan Smith, après la confirmation samedi de la mort du Dr Kelly, qui se serait suicidé.
Le quotidien français Libération écrit ce matin qu'après avoir marché environ deux heures jeudi après-midi à travers la campagne d'Oxfordshire, cet ancien inspecteur en armement des Nations unies — au coeur depuis quelques semaines de la polémique politico-médiatique sur l'engagement britannique en Irak —, a pris un chemin de traverse et s'est arrêté à l'ombre d'un bosquet. Il aurait fait une entaille à l'un des ses poignets, avalé un tube de médicaments anti-douleur et attendu la mort.
Le Sunday Times faisait état hier de courriels écrits par le Dr Kelly juste avant sa mort, dans lesquels il mentionne des «acteurs de l'ombre qui manigancent» et dénonce la pression «intolérable» de son employeur, le ministère de la Défense (Mod).
Source principale
La polémique a pris une nouvelle ampleur hier quand Richard Sambrook, directeur de l'information à la BBC, a confirmé que David Kelly était bel et bien la source du reportage d'Andrew Gilligan, journaliste spécialisé dans les affaires de défense de la BBC. Cette même source estimant, d'après la BBC, que le dossier du mois de septembre justifiant l'entrée en guerre contre l'Irak avait été exagéré et «pimenté» par Downing Street à des fins politiques. Refusant jusqu'ici de révéler l'identité de sa source, la BBC a finalement décidé, en accord avec la famille de David Kelly, de mettre fin aux spéculations qui font rage depuis bientôt deux mois sur cette affaire.
Sans viser particulièrement le gouvernement, la BBC a toutefois précisé «avoir eu du mal, ces dernières semaines, à empêcher que le Dr Kelly soit identifié comme la source de ces informations».
Cette révélation ne risque cependant pas de calmer les esprits, aujourd'hui plus que jamais chauffés à vifs par la mort de celui que tous s'accordent à décrire comme «l'intégrité faite homme».
Le public britannique ne peut s'empêcher aujourd'hui de penser que David Kelly n'a été qu'un leurre jeté en pâture dans l'arène publique et savamment orchestré par les spécialistes de la direction de la communication de Tony Blair afin de détourner la lumière du véritable débat voulu par les membres du Parlement britannique depuis la fin du conflit: à savoir le bien-fondé de l'entrée en guerre contre l'Irak. Le Parlement aimerait que le gouvernement réponde à deux questions en particulier: existe-t-il réellement des armes de destruction massive? Et si non, Tony Blair a-t-il consciemment trompé son parti, le Parlement et l'opinion publique?
Selon M. Blair, «rappeler le Parlement produirait plus de fièvre que de lumière». Il s'en est surtout remis à l'enquête lancée sur les circonstances de la mort de David Kelly, en se disant prêt à y témoigner.
De Séoul, le premier ministre, qui avait refusé de se soumettre aux questions de la commission parlementaire sur les conditions d'entrée en guerre de la Grande-Bretagne contre l'Irak, a ajouté qu'il parlerait personnellement au juge Lord (Brian) Hutton.
«Le processus juste et approprié est que je parle au juge qui dirige l'enquête de la même manière que d'autres le feront, qu'il puisse mener à bien sa tache, établir les faits et ensuite faire connaître ces faits et le jugement qu'il porte sur eux», a-t-il dit.
Boulets rouges contre la BBC
Des proches de Tony Blair, qui avait dès samedi attaqué la BBC, ont redoublé de critiques hier tandis que le premier ministre appelait «au respect et à la réserve» par égard pour la famille de la victime.
Reprenant à dessein les termes utilisés par la famille du défunt appelant toutes les parties «à réfléchir longuement et sérieusement», Eric Illsley, membre travailliste de la commission des Affaires étrangères des Communes, a estimé que «la BBC devait à présent se regarder longuement et sérieusement dans la glace».
L'un des plus proches alliés de Tony Blair, l'ancien ministre Peter Mandelson, s'est pour sa part livré à un véritable réquisitoire et fustigé l'attitude «déplorable» de la BBC.
«Je suis satisfait que la BBC ait fait cette annonce», a simplement dit à Séoul M. Blair qui se rendait en soirée à Pékin. Selon lui, «l'enquête indépendante [...] mise en place établira les faits». Une partie de la presse dominicale a quant à elle déjà dit en douter. L'enquête devrait durer plusieurs semaines, a indiqué le Mod.
Le premier ministre britannique, en tournée en Asie pour parler notamment des ambitions nucléaires nord-coréennes, s'est dit «absolument» déterminé à poursuivre son mandat et a estimé avoir «des épaules solides» pour le faire.
Semblant fatigué mais moins ébranlé que la veille lorsqu'un journaliste lui avait demandé s'il avait «du sang sur les mains» et s'il allait démissionner, Tony Blair a été formel: «Évidemment, je pense que je fais ce qui est bien pour le pays, sinon je ne ferais pas ce travail.»
Le chef du gouvernement a écarté l'idée de rappeler le Parlement comme l'a réclamé le chef de l'opposition conservatrice Iain Duncan Smith, après la confirmation samedi de la mort du Dr Kelly, qui se serait suicidé.
Le quotidien français Libération écrit ce matin qu'après avoir marché environ deux heures jeudi après-midi à travers la campagne d'Oxfordshire, cet ancien inspecteur en armement des Nations unies — au coeur depuis quelques semaines de la polémique politico-médiatique sur l'engagement britannique en Irak —, a pris un chemin de traverse et s'est arrêté à l'ombre d'un bosquet. Il aurait fait une entaille à l'un des ses poignets, avalé un tube de médicaments anti-douleur et attendu la mort.
Le Sunday Times faisait état hier de courriels écrits par le Dr Kelly juste avant sa mort, dans lesquels il mentionne des «acteurs de l'ombre qui manigancent» et dénonce la pression «intolérable» de son employeur, le ministère de la Défense (Mod).
Source principale
La polémique a pris une nouvelle ampleur hier quand Richard Sambrook, directeur de l'information à la BBC, a confirmé que David Kelly était bel et bien la source du reportage d'Andrew Gilligan, journaliste spécialisé dans les affaires de défense de la BBC. Cette même source estimant, d'après la BBC, que le dossier du mois de septembre justifiant l'entrée en guerre contre l'Irak avait été exagéré et «pimenté» par Downing Street à des fins politiques. Refusant jusqu'ici de révéler l'identité de sa source, la BBC a finalement décidé, en accord avec la famille de David Kelly, de mettre fin aux spéculations qui font rage depuis bientôt deux mois sur cette affaire.
Sans viser particulièrement le gouvernement, la BBC a toutefois précisé «avoir eu du mal, ces dernières semaines, à empêcher que le Dr Kelly soit identifié comme la source de ces informations».
Cette révélation ne risque cependant pas de calmer les esprits, aujourd'hui plus que jamais chauffés à vifs par la mort de celui que tous s'accordent à décrire comme «l'intégrité faite homme».
Le public britannique ne peut s'empêcher aujourd'hui de penser que David Kelly n'a été qu'un leurre jeté en pâture dans l'arène publique et savamment orchestré par les spécialistes de la direction de la communication de Tony Blair afin de détourner la lumière du véritable débat voulu par les membres du Parlement britannique depuis la fin du conflit: à savoir le bien-fondé de l'entrée en guerre contre l'Irak. Le Parlement aimerait que le gouvernement réponde à deux questions en particulier: existe-t-il réellement des armes de destruction massive? Et si non, Tony Blair a-t-il consciemment trompé son parti, le Parlement et l'opinion publique?
Selon M. Blair, «rappeler le Parlement produirait plus de fièvre que de lumière». Il s'en est surtout remis à l'enquête lancée sur les circonstances de la mort de David Kelly, en se disant prêt à y témoigner.
De Séoul, le premier ministre, qui avait refusé de se soumettre aux questions de la commission parlementaire sur les conditions d'entrée en guerre de la Grande-Bretagne contre l'Irak, a ajouté qu'il parlerait personnellement au juge Lord (Brian) Hutton.
«Le processus juste et approprié est que je parle au juge qui dirige l'enquête de la même manière que d'autres le feront, qu'il puisse mener à bien sa tache, établir les faits et ensuite faire connaître ces faits et le jugement qu'il porte sur eux», a-t-il dit.
Boulets rouges contre la BBC
Des proches de Tony Blair, qui avait dès samedi attaqué la BBC, ont redoublé de critiques hier tandis que le premier ministre appelait «au respect et à la réserve» par égard pour la famille de la victime.
Reprenant à dessein les termes utilisés par la famille du défunt appelant toutes les parties «à réfléchir longuement et sérieusement», Eric Illsley, membre travailliste de la commission des Affaires étrangères des Communes, a estimé que «la BBC devait à présent se regarder longuement et sérieusement dans la glace».
L'un des plus proches alliés de Tony Blair, l'ancien ministre Peter Mandelson, s'est pour sa part livré à un véritable réquisitoire et fustigé l'attitude «déplorable» de la BBC.
«Je suis satisfait que la BBC ait fait cette annonce», a simplement dit à Séoul M. Blair qui se rendait en soirée à Pékin. Selon lui, «l'enquête indépendante [...] mise en place établira les faits». Une partie de la presse dominicale a quant à elle déjà dit en douter. L'enquête devrait durer plusieurs semaines, a indiqué le Mod.
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