Palestine - Un cri du coeur
Il faut cesser de revendiquer la paix au Moyen-Orient
Paul Lévesque - Médecin
15 juin 2002
Rarement le conflit israélo-palestinien aura-t-il été aussi médiatisé que ces derniers temps. Pourtant, jamais une réalité bien connue n'a-t-elle été aussi occultée que maintenant. Je parle ici de cette donnée historique incontournable et irréfutable: Israël est d'abord et avant tout un fait colonial.
Un fait colonial au même titre que l'Afrique du Sud ou l'Algérie française. Un pays constitué par des colons venus d'Europe et qui, avec l'aide d'un gouvernement impérial européen — la Grande-Bretagne —, se sont emparés de territoires et de richesses prétendument «libres» en expulsant ou en exterminant les habitants qui s'y trouvaient déjà, en l'occurrence les Palestiniens.
Depuis 50 ans, l'humanité tente de trouver une façon de faire réparation pour les atrocités liées au colonialisme, cette page parmi les plus sombres de l'histoire de l'Occident. Or les dirigeants israéliens non seulement refusent de reconnaître les torts dont ils ont été responsables mais insistent pour perpétuer cette politique rétrograde et l'étendre à tous les territoires qu'ils occupent illégalement depuis 1967. Non seulement ils poursuivent de façon accélérée, au mépris de l'opinion internationale, la colonisation de ces territoires, ils ont aussi repris à leur compte les méthodes les plus abjectes et les plus barbares qui, ailleurs, ont justifié la mobilisation de forces d'interposition internationales: le nettoyage ethnique.
Il ne faut pas se le cacher: l'assaut des derniers mois d'Israël en territoire palestinien, la destruction systématique des administrations civiles et des infrastructures n'ont qu'un seul et unique but: l'évacuation forcée et la dispersion des populations qui s'y trouvent ou leur réduction dans des enclaves concentrationnaires, des «réserves» où, rongées par la désintégration morale et physique, elles connaîtront le même sort que celui que nous avons fait subir aux populations amérindiennes...
Dans ce contexte, il est absolument inadmissible de mettre sur un même pied, comme le font de nombreux commentateurs, la violence des agresseurs et celle de leurs victimes. Demander avant toute chose la fin des attentats terroristes, comme le font les dirigeants israéliens, leur ami George Bush et plusieurs autres, c'est comme demander à quelqu'un qu'on a saisi à la gorge et qu'on tient la tête sous de l'eau de cesser de se débattre...
On dit que les Palestiniens ont droit à leur territoire. C'est plus qu'un droit, c'est une question de vie ou de mort. L'histoire a amplement démontré qu'avec le développement de l'économie de marché, tous les peuples dont l'identité ne repose pas sur une assise territoriale dont ils contrôlent les frontières et les ressources sont voués à la disparition. C'est pourquoi, à mon avis, il faut cesser de revendiquer la paix au Moyen-Orient. Il faut revendiquer plutôt l'évacuation des territoires occupés par Israël, le démantèlement de toutes les colonies qui s'y trouvent et l'institution d'un statut international pour Jérusalem. C'est la seule voie vers une paix juste et durable.
La lutte du peuple palestinien est au carrefour des plus grandes préoccupations qui doivent nous animer à l'heure actuelle. Elle symbolise la fin définitive de l'époque coloniale en même temps qu'elle nous montre que la survie d'un peuple doit s'appuyer sur certaines solidarités étrangères à la logique du commerce et du marché. Elle ouvre le chemin vers un pluralisme authentique et véritable, la seule voie possible pour l'humanité. Comme le Vietnam l'a été à une certaine époque, la cause du peuple palestinien doit devenir le point de ralliement de tous ceux qui ont à coeur de faire de la planète un monde meilleur.
Un fait colonial au même titre que l'Afrique du Sud ou l'Algérie française. Un pays constitué par des colons venus d'Europe et qui, avec l'aide d'un gouvernement impérial européen — la Grande-Bretagne —, se sont emparés de territoires et de richesses prétendument «libres» en expulsant ou en exterminant les habitants qui s'y trouvaient déjà, en l'occurrence les Palestiniens.
Depuis 50 ans, l'humanité tente de trouver une façon de faire réparation pour les atrocités liées au colonialisme, cette page parmi les plus sombres de l'histoire de l'Occident. Or les dirigeants israéliens non seulement refusent de reconnaître les torts dont ils ont été responsables mais insistent pour perpétuer cette politique rétrograde et l'étendre à tous les territoires qu'ils occupent illégalement depuis 1967. Non seulement ils poursuivent de façon accélérée, au mépris de l'opinion internationale, la colonisation de ces territoires, ils ont aussi repris à leur compte les méthodes les plus abjectes et les plus barbares qui, ailleurs, ont justifié la mobilisation de forces d'interposition internationales: le nettoyage ethnique.
Il ne faut pas se le cacher: l'assaut des derniers mois d'Israël en territoire palestinien, la destruction systématique des administrations civiles et des infrastructures n'ont qu'un seul et unique but: l'évacuation forcée et la dispersion des populations qui s'y trouvent ou leur réduction dans des enclaves concentrationnaires, des «réserves» où, rongées par la désintégration morale et physique, elles connaîtront le même sort que celui que nous avons fait subir aux populations amérindiennes...
Dans ce contexte, il est absolument inadmissible de mettre sur un même pied, comme le font de nombreux commentateurs, la violence des agresseurs et celle de leurs victimes. Demander avant toute chose la fin des attentats terroristes, comme le font les dirigeants israéliens, leur ami George Bush et plusieurs autres, c'est comme demander à quelqu'un qu'on a saisi à la gorge et qu'on tient la tête sous de l'eau de cesser de se débattre...
On dit que les Palestiniens ont droit à leur territoire. C'est plus qu'un droit, c'est une question de vie ou de mort. L'histoire a amplement démontré qu'avec le développement de l'économie de marché, tous les peuples dont l'identité ne repose pas sur une assise territoriale dont ils contrôlent les frontières et les ressources sont voués à la disparition. C'est pourquoi, à mon avis, il faut cesser de revendiquer la paix au Moyen-Orient. Il faut revendiquer plutôt l'évacuation des territoires occupés par Israël, le démantèlement de toutes les colonies qui s'y trouvent et l'institution d'un statut international pour Jérusalem. C'est la seule voie vers une paix juste et durable.
La lutte du peuple palestinien est au carrefour des plus grandes préoccupations qui doivent nous animer à l'heure actuelle. Elle symbolise la fin définitive de l'époque coloniale en même temps qu'elle nous montre que la survie d'un peuple doit s'appuyer sur certaines solidarités étrangères à la logique du commerce et du marché. Elle ouvre le chemin vers un pluralisme authentique et véritable, la seule voie possible pour l'humanité. Comme le Vietnam l'a été à une certaine époque, la cause du peuple palestinien doit devenir le point de ralliement de tous ceux qui ont à coeur de faire de la planète un monde meilleur.
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