Irak: un tribunal jugera les crimes des anciens dirigeants
Photo : Agence Reuters
Ce soldat américain de la 3e division d’infanterie attendait hier la visite du major général Buford Blount à la base de Habbaniyah, située à l’ouest de Bagdad. Il avait appris la veille que lui et ses camarades demeureraient en Irak beaucoup pl
Les attaques contre l'armée américaine en Irak ne faiblissant pas, nombre de GI vont devoir rester plus longtemps que prévu dans ce pays où le premier exécutif de l'après-guerre a décidé de créer un tribunal pour les crimes de guerre commis sous l'ancien régime.
Portant un coup au moral des troupes, un haut responsable militaire américain a confirmé hier que la troisième division d'infanterie de l'armée, qui a déployé jusqu'à 16 500 soldats pendant la guerre, resterait en Irak pour «une durée indéterminée» tandis que CNN annonçait un peu plus tôt que 9000 GI qui s'attendaient à rentrer chez eux devraient rester dans le pays.
Le Pentagone a toutefois indiqué avoir repoussé le retour des éléments de la 3e division d'infanterie en raison de problèmes de sécurité, mais il compte faire revenir l'ensemble de la division d'ici la fin de l'automne.
Le secrétaire à la Défense américain, Donald Rumsfeld, et le commandant en chef des forces américaines dans la région, le général John Abizaid, «ont l'intention de faire rentrer les troupes restantes d'ici la fin de l'automne» en les remplaçant par des contingents d'autres unités américaines ou d'autres pays alliés, ont indiqué des responsables militaires.
Plus de 147 000 soldats américains sont actuellement en Irak, ainsi que 13 000 soldats de la coalition, surtout britanniques, selon le Pentagone. «Nous avons suffisamment d'hommes pour créer un environnement sûr et sécurisé en Irak», a assuré un responsable.
Au moins 80 militaires américains ont été tués depuis le 1er mai en Irak, date à laquelle le président George W. Bush avait déclaré la fin des hostilités. Sur ce total, 32 militaires ont été tués au combat et 48 hors combat.
Parallèlement, l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer, a annoncé que le travail de la coalition serait terminé quand l'Irak aura une Constitution et tiendra des élections libres, sans fixer de date à ces objectifs et alors que le Conseil de gouvernement transitoire, premier exécutif irakien d'après-guerre, s'est tout juste constitué dimanche à Bagdad.
Ce dernier a décidé hier de créer un tribunal pour juger les crimes de guerre, à la veille de l'anniversaire de la prise du pouvoir par Saddam Hussein, toujours en fuite.
Le Conseil a décidé, lors d'une réunion à Bagdad, de «la création d'un tribunal pour crimes de guerre et le rétablissement des droits des Irakiens qui ont été victimes de l'oppression du régime déchu de Saddam Hussein».
«Un comité formé notamment de juristes a été mis sur pied pour appliquer ces décisions», a-t-on indiqué dans l'entourage de Mohammad Bahr Al-Ouloum, qui présidait la séance.
Commentant la formation dimanche de ce conseil, l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer, a estimé qu'il s'agissait «d'une étape essentielle» vers l'élaboration d'une Constitution ouvrant la voie à des élections libres et démocratiques.
«La Constitution est une affaire irakienne qui sera élaborée par les Irakiens et pour les Irakiens», a-t-il précisé. Elle sera adoptée par référendum.
Interrogé sur la création du tribunal chargé de juger les anciens dirigeants du Baas, il a estimé que cette question était aussi l'affaire du gouvernement, réaffirmant que la coalition continuait de poursuivre les partisans de Saddam Hussein.
Hier, pour la première fois depuis quatre mois, plusieurs milliers d'anciens officiers de l'armée dissoute de Saddam Hussein ont commencé à recevoir leur solde à Bagdad. La dissolution par M. Bremer de l'ancienne armée et des multiples services de sécurité (quelque 400 000 hommes) a privé de ressources près d'un demi-million de foyers et provoqué le mécontentement de la population.
Les attaques, de plus en plus sophistiquées, selon un responsable de l'armée américaine, sont devenues le lot quotidien des soldats servant en Irak. Elles ont fait lundi un mort et six blessés dans leurs rangs, portant à au moins 80 le nombre de soldats tués en Irak depuis le 1er mai, dont 32 au combat. Lundi toujours, une attaque à la grenade a eu lieu dans le centre de Bagdad, à proximité d'un bâtiment réquisitionné par les forces américano-britanniques, mais n'a fait aucune victime.
Dans le nord du pays, des dizaines de corps ont été exhumés sous la supervision d'experts américains dans deux charniers mis au jour dans la région d'al-Hadar, au sud de Mossoul.
D'autre part, la justice italienne a ouvert une information judiciaire sur l'affaire des vrais-faux documents sur le programme nucléaire irakien, a indiqué hier le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, à Rome.
«L'Italie et les services secrets italiens n'ont jamais fourni de documentation sur cette affaire à d'autres services secrets, ni à quiconque», a-t-il seulement déclaré, en réitérant le démenti formel opposé par la présidence du conseil lundi.
Les services secrets italiens ont été montrés du doigt ces jours-ci dans la presse italienne et internationale comme la source possible de documents relatifs au programme d'armement nucléaire de l'Irak, et plus précisément sur une tractation engagée par Bagdad pour se procurer de l'uranium au Niger.
Aux États-Unis, le président américain George W. Bush, sur la défensive devant la polémique déclenchée par ses déclarations controversées concernant ces tentatives irakiennes d'achat d'uranium au Niger, a maintenu lundi que la guerre contre l'Irak était bien justifiée.
Le président américain, confronté à des interrogations et à des critiques croissantes dans la presse et au Congrès, a défendu la qualité des services de renseignement américains, comme la CIA, elle aussi sur la sellette.
La Maison-Blanche a reconnu il y a une semaine que le fait d'avoir mentionné des tentatives d'achat d'uranium en Afrique par Bagdad dans le discours présidentiel sur l'état de l'Union le 28 janvier dernier avait été une erreur. Mais le gouvernement Bush s'est défaussé sur la CIA, affirmant que celle-ci avait validé les renseignements présentés par le président. Pourtant, la presse américaine laisse entendre que la CIA avait depuis longtemps des doutes sérieux sur la crédibilité des informations concernant cet aspect des projets nucléaires irakiens.
Enfin, les pays arabes ont salué la création du Conseil de gouvernement transitoire, y voyant une étape vers la restauration de la souveraineté irakienne, mais se montrant néanmoins sceptiques puisque celui-ci demeure sous la houlette des États-Unis.
Téhéran, pour sa part, a salué avec prudence la création de ce conseil qui doit être «une étape qui mènera à la restitution du pouvoir aux Irakiens, à la fin de l'occupation», et la Syrie a estimé qu'il ne devait s'agir que d'«un début qui sera soumis à l'épreuve du peuple irakien».
Portant un coup au moral des troupes, un haut responsable militaire américain a confirmé hier que la troisième division d'infanterie de l'armée, qui a déployé jusqu'à 16 500 soldats pendant la guerre, resterait en Irak pour «une durée indéterminée» tandis que CNN annonçait un peu plus tôt que 9000 GI qui s'attendaient à rentrer chez eux devraient rester dans le pays.
Le Pentagone a toutefois indiqué avoir repoussé le retour des éléments de la 3e division d'infanterie en raison de problèmes de sécurité, mais il compte faire revenir l'ensemble de la division d'ici la fin de l'automne.
Le secrétaire à la Défense américain, Donald Rumsfeld, et le commandant en chef des forces américaines dans la région, le général John Abizaid, «ont l'intention de faire rentrer les troupes restantes d'ici la fin de l'automne» en les remplaçant par des contingents d'autres unités américaines ou d'autres pays alliés, ont indiqué des responsables militaires.
Plus de 147 000 soldats américains sont actuellement en Irak, ainsi que 13 000 soldats de la coalition, surtout britanniques, selon le Pentagone. «Nous avons suffisamment d'hommes pour créer un environnement sûr et sécurisé en Irak», a assuré un responsable.
Au moins 80 militaires américains ont été tués depuis le 1er mai en Irak, date à laquelle le président George W. Bush avait déclaré la fin des hostilités. Sur ce total, 32 militaires ont été tués au combat et 48 hors combat.
Parallèlement, l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer, a annoncé que le travail de la coalition serait terminé quand l'Irak aura une Constitution et tiendra des élections libres, sans fixer de date à ces objectifs et alors que le Conseil de gouvernement transitoire, premier exécutif irakien d'après-guerre, s'est tout juste constitué dimanche à Bagdad.
Ce dernier a décidé hier de créer un tribunal pour juger les crimes de guerre, à la veille de l'anniversaire de la prise du pouvoir par Saddam Hussein, toujours en fuite.
Le Conseil a décidé, lors d'une réunion à Bagdad, de «la création d'un tribunal pour crimes de guerre et le rétablissement des droits des Irakiens qui ont été victimes de l'oppression du régime déchu de Saddam Hussein».
«Un comité formé notamment de juristes a été mis sur pied pour appliquer ces décisions», a-t-on indiqué dans l'entourage de Mohammad Bahr Al-Ouloum, qui présidait la séance.
Commentant la formation dimanche de ce conseil, l'administrateur en chef américain en Irak, Paul Bremer, a estimé qu'il s'agissait «d'une étape essentielle» vers l'élaboration d'une Constitution ouvrant la voie à des élections libres et démocratiques.
«La Constitution est une affaire irakienne qui sera élaborée par les Irakiens et pour les Irakiens», a-t-il précisé. Elle sera adoptée par référendum.
Interrogé sur la création du tribunal chargé de juger les anciens dirigeants du Baas, il a estimé que cette question était aussi l'affaire du gouvernement, réaffirmant que la coalition continuait de poursuivre les partisans de Saddam Hussein.
Hier, pour la première fois depuis quatre mois, plusieurs milliers d'anciens officiers de l'armée dissoute de Saddam Hussein ont commencé à recevoir leur solde à Bagdad. La dissolution par M. Bremer de l'ancienne armée et des multiples services de sécurité (quelque 400 000 hommes) a privé de ressources près d'un demi-million de foyers et provoqué le mécontentement de la population.
Les attaques, de plus en plus sophistiquées, selon un responsable de l'armée américaine, sont devenues le lot quotidien des soldats servant en Irak. Elles ont fait lundi un mort et six blessés dans leurs rangs, portant à au moins 80 le nombre de soldats tués en Irak depuis le 1er mai, dont 32 au combat. Lundi toujours, une attaque à la grenade a eu lieu dans le centre de Bagdad, à proximité d'un bâtiment réquisitionné par les forces américano-britanniques, mais n'a fait aucune victime.
Dans le nord du pays, des dizaines de corps ont été exhumés sous la supervision d'experts américains dans deux charniers mis au jour dans la région d'al-Hadar, au sud de Mossoul.
D'autre part, la justice italienne a ouvert une information judiciaire sur l'affaire des vrais-faux documents sur le programme nucléaire irakien, a indiqué hier le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, à Rome.
«L'Italie et les services secrets italiens n'ont jamais fourni de documentation sur cette affaire à d'autres services secrets, ni à quiconque», a-t-il seulement déclaré, en réitérant le démenti formel opposé par la présidence du conseil lundi.
Les services secrets italiens ont été montrés du doigt ces jours-ci dans la presse italienne et internationale comme la source possible de documents relatifs au programme d'armement nucléaire de l'Irak, et plus précisément sur une tractation engagée par Bagdad pour se procurer de l'uranium au Niger.
Aux États-Unis, le président américain George W. Bush, sur la défensive devant la polémique déclenchée par ses déclarations controversées concernant ces tentatives irakiennes d'achat d'uranium au Niger, a maintenu lundi que la guerre contre l'Irak était bien justifiée.
Le président américain, confronté à des interrogations et à des critiques croissantes dans la presse et au Congrès, a défendu la qualité des services de renseignement américains, comme la CIA, elle aussi sur la sellette.
La Maison-Blanche a reconnu il y a une semaine que le fait d'avoir mentionné des tentatives d'achat d'uranium en Afrique par Bagdad dans le discours présidentiel sur l'état de l'Union le 28 janvier dernier avait été une erreur. Mais le gouvernement Bush s'est défaussé sur la CIA, affirmant que celle-ci avait validé les renseignements présentés par le président. Pourtant, la presse américaine laisse entendre que la CIA avait depuis longtemps des doutes sérieux sur la crédibilité des informations concernant cet aspect des projets nucléaires irakiens.
Enfin, les pays arabes ont salué la création du Conseil de gouvernement transitoire, y voyant une étape vers la restauration de la souveraineté irakienne, mais se montrant néanmoins sceptiques puisque celui-ci demeure sous la houlette des États-Unis.
Téhéran, pour sa part, a salué avec prudence la création de ce conseil qui doit être «une étape qui mènera à la restitution du pouvoir aux Irakiens, à la fin de l'occupation», et la Syrie a estimé qu'il ne devait s'agir que d'«un début qui sera soumis à l'épreuve du peuple irakien».
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