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Lettres: Les enfants de la loi 101

Kina Konto - Greenfield Park, juillet 2003  14 juillet 2003 
Plusieurs études ont montré l'impact très positif de la loi 101 sur la connaissance du français chez les Québécois d'origine immigrante. Plusieurs études ont aussi montré, chiffre à l'appui, que le taux de chômage pouvait parfois atteindre 60 %, voire plus chez les jeunes Québécois nommés joliment «minorités visibles» francophones, instruits et diplômés des universités québécoises.

Pourquoi donc toujours reprocher aux immigrants le fait de tenter de s'instruire en anglais? Pourquoi ne pas demander aussi aux autres francophones les raisons qui les motivent à inscrire leurs enfants dans les cégeps et universités anglophones?

Arrêtons de biaiser le débat. Le taux de rétention de la langue française sur les nouveaux arrivants passe par la possibilité pour eux de trouver un emploi afin de garantir l'avenir de leurs familles. Plusieurs personnes formées cumulent des diplômes pour rester actives et éviter de sombrer dans le cercle vicieux de l'aide sociale. Pensez-vous qu'après avoir investi tant d'années aux études, et cru pendant longtemps à la possibilité de gagner sa vie après une formation, la seule perspective qui s'offre pour quelqu'un soit l'aide sociale? Quel être normal supporterait cela?

Nos jeunes francophones des minorités visibles ont peur de l'avenir. Ils voient leurs parents et leurs aînés traîner à la maison avec leurs diplômes. En tant que mère, cette situation me dérange beaucoup. S'il vous plaît, soyons honnêtes avec nous-mêmes. L'éducation obligatoire en français pour un immigrant n'est pas comme une «visite chez le dentiste» (Enfants de la loi 101, lettre de Patrice Boileau 8 juillet). Pour un immigrant francophone ou allophone qui décide de s'établir au Québec et non ailleurs au Canada, travailler en français est un premier choix, car il a tout quitté pour réussir et non pour grossir les statistiques sur les prestataires d'aide sociale.
 
 
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