Lettres: Enfants de la loi 101
Patrice Boileau - Carignan, le 25 juin 2003
8 juillet 2003
Plutôt étrange que d'avoir choisi la veille de la Fête nationale pour présenter cet article.
Un article qui, avouons-le franchement, ne nous apprend rien de neuf quant au taux de rétention que la langue française exerce sur les nouveaux arrivants. L'ensemble des études qui touchent le sujet abordé par Clairandrée Cauchy débouchent toutes à peu près sur le même constat: le passage obligé dans les maisons d'enseignement francophones du Québec représente pour une large majorité des immigrants une visite chez le dentiste. À preuve: plusieurs d'entre eux font des pieds et des mains afin d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise, au risque d'aller jusqu'à acquitter les coûts importants exigés par des écoles privées non subventionnées. S'ils ne peuvent y parvenir, le calvaire durera jusqu'à la fin du secondaire. Car, de par le nombre de ces enfants qui fuient par la suite en direction des collèges anglophones, cela ne fait pas de doute qu'ils sont légion à pester contre la loi 101.
Revoilà donc la sempiternelle question à poser: que faire pour corriger le tir? Parce que, actuellement, près de 80 % de ces étudiants grossissent les rangs des Anglo-Québécois, alors que, pourtant, la loi 101 est censée favoriser l'inverse. Devrions-nous prolonger jusqu'au cégep le séjour de ceux-ci dans le réseau francophone de l'éducation? Cette mesure risque-t-elle cependant de provoquer davantage la grogne chez les nouveaux arrivants? Parviendrait-elle alors à renverser la lourde tendance que nous observons actuellement? Je ne crois pas.
C'est le Canada qui accueille les immigrants. Son titre de pays bilingue (surtout grâce au Québec, ne soyons pas dupes!) autorise le libre choix de la langue à ces derniers. Dans ce contexte, quel quidam désire s'assimiler à un groupe minoritaire? Les francophones disparaissent lentement partout au Canada; alors, pourquoi participer aussi à ce génocide culturel? Nous sommes donc tout au plus une curiosité culturelle, un groupe courageux dont le combat rappelle celui de Don Quichotte. Baragouiner quelques mots de français, sans pour autant en épouser l'histoire, constitue donc pour l'instant un choix logique pour bon nombre d'immigrants du Québec.
Les gens en quête d'une terre d'accueil préfèrent naturellement une nation forte, dynamique, capable de s'affirmer sur la scène internationale. Le statut politique actuel du Québec l'empêche d'offrir tout cela: les chiffres désastreux quant à l'attrait du français chez les communautés culturelles québécoises l'attestent. Seule l'adhésion de ces gens à une majorité déclarée peut renverser la situation. Un État du Québec, dont le tissu social est francophone à plus de 80 %, règlerait le problème une fois pour toutes. Le fait de pouvoir entièrement gérer l'immigration et d'affirmer sa francité sans retenue donnerait l'heure juste à ceux qui désirent s'installer dans notre maison. Choisir le Québec comme pays d'adoption doit susciter l'enthousiasme à l'idée d'y vivre en français. Ce qui est loin d'être le cas en ce moment...
Un article qui, avouons-le franchement, ne nous apprend rien de neuf quant au taux de rétention que la langue française exerce sur les nouveaux arrivants. L'ensemble des études qui touchent le sujet abordé par Clairandrée Cauchy débouchent toutes à peu près sur le même constat: le passage obligé dans les maisons d'enseignement francophones du Québec représente pour une large majorité des immigrants une visite chez le dentiste. À preuve: plusieurs d'entre eux font des pieds et des mains afin d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise, au risque d'aller jusqu'à acquitter les coûts importants exigés par des écoles privées non subventionnées. S'ils ne peuvent y parvenir, le calvaire durera jusqu'à la fin du secondaire. Car, de par le nombre de ces enfants qui fuient par la suite en direction des collèges anglophones, cela ne fait pas de doute qu'ils sont légion à pester contre la loi 101.
Revoilà donc la sempiternelle question à poser: que faire pour corriger le tir? Parce que, actuellement, près de 80 % de ces étudiants grossissent les rangs des Anglo-Québécois, alors que, pourtant, la loi 101 est censée favoriser l'inverse. Devrions-nous prolonger jusqu'au cégep le séjour de ceux-ci dans le réseau francophone de l'éducation? Cette mesure risque-t-elle cependant de provoquer davantage la grogne chez les nouveaux arrivants? Parviendrait-elle alors à renverser la lourde tendance que nous observons actuellement? Je ne crois pas.
C'est le Canada qui accueille les immigrants. Son titre de pays bilingue (surtout grâce au Québec, ne soyons pas dupes!) autorise le libre choix de la langue à ces derniers. Dans ce contexte, quel quidam désire s'assimiler à un groupe minoritaire? Les francophones disparaissent lentement partout au Canada; alors, pourquoi participer aussi à ce génocide culturel? Nous sommes donc tout au plus une curiosité culturelle, un groupe courageux dont le combat rappelle celui de Don Quichotte. Baragouiner quelques mots de français, sans pour autant en épouser l'histoire, constitue donc pour l'instant un choix logique pour bon nombre d'immigrants du Québec.
Les gens en quête d'une terre d'accueil préfèrent naturellement une nation forte, dynamique, capable de s'affirmer sur la scène internationale. Le statut politique actuel du Québec l'empêche d'offrir tout cela: les chiffres désastreux quant à l'attrait du français chez les communautés culturelles québécoises l'attestent. Seule l'adhésion de ces gens à une majorité déclarée peut renverser la situation. Un État du Québec, dont le tissu social est francophone à plus de 80 %, règlerait le problème une fois pour toutes. Le fait de pouvoir entièrement gérer l'immigration et d'affirmer sa francité sans retenue donnerait l'heure juste à ceux qui désirent s'installer dans notre maison. Choisir le Québec comme pays d'adoption doit susciter l'enthousiasme à l'idée d'y vivre en français. Ce qui est loin d'être le cas en ce moment...
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