La justice écope
Depuis 24 heures, pas moins de 35 pays ne reçoivent plus d'aide militaire des États-Unis. La raison? Aucun d'eux n'a accepté de signer un accord bilatéral articulé par Washington afin de soustraire les citoyens américains de poursuites qui porteraient l'empreinte de la Cour pénale internationale (CPI) qui, soit dit en passant, fête ces jours-ci sa première année d'exercice. À l'inverse, les 50 nations qui, selon les affirmations du département d'État, ont accepté de signer cet accord d'impunité bénéficieront d'une majoration du soutien militaire alloué par Washington.
Fait notable, la majorité des pays ayant refusé d'acquiescer à la requête de Washington ont agi de la sorte à cause ou grâce à l'Union européenne, qui s'avère être le noyau dur de la CPI depuis les premiers balbutiements de celle-ci. Depuis un an, une lutte sourde a cours derrière les rideaux entre l'administration Bush, qui estime qu'elle dispose sur son propre sol d'un cadre juridique en effet susceptible de traduire devant les tribunaux les criminels de guerre, et les Européens, qui estiment que cette infrastructure, parce que nationale, n'est pas apte à juger un ressortissant américain lorsque celui-ci est... ailleurs! Lorsque, en fait, celui-ci a trouvé refuge dans un pays qui n'a pas adhéré au traité de Rome qui a donné naissance à la CPI et que le président Clinton avait signé.
Les mesures de rétorsion arrêtées par l'administration Bush ont ceci de révélateur qu'elles logent à l'enseigne de l'arbitraire. Le cas de la Bulgarie est à cet égard très éloquent. On se rappellera que lors du bras de fer qui avait opposé les États-Unis à la majorité des membres du Conseil de sécurité lors de la crise irakienne, la Bulgarie avait collé aux vues américaines. En échange de son vote, la Bulgarie s'était fait promettre ceci: certaines des bases militaires américaines actuellement en Allemagne seraient déménagées sur son territoire. Mais voilà: comme ce pays a posé sa candidature à l'Union européenne, il a de facto accepté un certain nombre de valeurs et de choix politiques qui récusent notamment l'impunité.
Pour la même raison que la Bulgarie, les pays de l'Europe de l'Est ont fait faux bond à l'administration Bush. Bizarrement, si l'on peut dire, les nations qui occupent des positions jugées stratégiques par les États-Unis sont libres, en la matière, de faire ce qu'elles veulent. Par exemple, l'Argentine, qui a signé le traité de Rome, ne subira aucune punition. Étrangement, la Colombie va particulièrement écoper. Troisième principal bénéficiaire de l'aide militaire américaine, ce pays ne recevra plus un fifrelin même si la base de l'entente entre ces deux nations s'appelle la guerre à la drogue, commandée par le président Clinton.
Cette histoire prouve encore une fois que le parfum d'universalité a tourné.
Fait notable, la majorité des pays ayant refusé d'acquiescer à la requête de Washington ont agi de la sorte à cause ou grâce à l'Union européenne, qui s'avère être le noyau dur de la CPI depuis les premiers balbutiements de celle-ci. Depuis un an, une lutte sourde a cours derrière les rideaux entre l'administration Bush, qui estime qu'elle dispose sur son propre sol d'un cadre juridique en effet susceptible de traduire devant les tribunaux les criminels de guerre, et les Européens, qui estiment que cette infrastructure, parce que nationale, n'est pas apte à juger un ressortissant américain lorsque celui-ci est... ailleurs! Lorsque, en fait, celui-ci a trouvé refuge dans un pays qui n'a pas adhéré au traité de Rome qui a donné naissance à la CPI et que le président Clinton avait signé.
Les mesures de rétorsion arrêtées par l'administration Bush ont ceci de révélateur qu'elles logent à l'enseigne de l'arbitraire. Le cas de la Bulgarie est à cet égard très éloquent. On se rappellera que lors du bras de fer qui avait opposé les États-Unis à la majorité des membres du Conseil de sécurité lors de la crise irakienne, la Bulgarie avait collé aux vues américaines. En échange de son vote, la Bulgarie s'était fait promettre ceci: certaines des bases militaires américaines actuellement en Allemagne seraient déménagées sur son territoire. Mais voilà: comme ce pays a posé sa candidature à l'Union européenne, il a de facto accepté un certain nombre de valeurs et de choix politiques qui récusent notamment l'impunité.
Pour la même raison que la Bulgarie, les pays de l'Europe de l'Est ont fait faux bond à l'administration Bush. Bizarrement, si l'on peut dire, les nations qui occupent des positions jugées stratégiques par les États-Unis sont libres, en la matière, de faire ce qu'elles veulent. Par exemple, l'Argentine, qui a signé le traité de Rome, ne subira aucune punition. Étrangement, la Colombie va particulièrement écoper. Troisième principal bénéficiaire de l'aide militaire américaine, ce pays ne recevra plus un fifrelin même si la base de l'entente entre ces deux nations s'appelle la guerre à la drogue, commandée par le président Clinton.
Cette histoire prouve encore une fois que le parfum d'universalité a tourné.
Haut de la page

