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Le Hamas et le Djihad décrètent trois mois de trêve

N/A ZZZN/A   30 juin 2003 
Deux militaires, l’un israélien, l’autre palestinien, discutaient paisiblement au poste de contrôle de Netzarim, hier, peu avant le début d’un retrait israélien du nord de Gaza, qui a fait suite à un accord conclu vendredi dernier entre Israë
Photo : Agence Reuters
Deux militaires, l’un israélien, l’autre palestinien, discutaient paisiblement au poste de contrôle de Netzarim, hier, peu avant le début d’un retrait israélien du nord de Gaza, qui a fait suite à un accord conclu vendredi dernier entre Israë
Gaza — Après trois ans de violence, la paix semble se voir donner une chance concrète au Proche-Orient. Le Hamas et le Djihad islamique ont décrété hier une trêve de trois mois des attaques anti-israéliennes, suivis par le Fatah qui suspend ses actions pour six mois, peu avant que l'État hébreu n'entame son retrait du nord de la bande de Gaza.

Le Hamas et le Djihad islamique, les deux principaux mouvements islamistes responsables de la plupart des attentats suicide anti-israéliens, «ont décidé de suspendre les opérations militaires contre l'ennemi sioniste pour trois mois, à dater d'aujourd'hui», a déclaré Abdel Aziz Rantissi, cofondateur et porte-parole du Hamas, lisant un communiqué commun. Ce dernier a tout récemment échappé à une tentative d'assassinat de l'armée israélienne.

Le Fatah, qui réglait des querelles internes et dont des dirigeants avaient mal pris de ne pas être consultés, a rejoint les deux autres mouvements en soirée, décrétant pour sa part une trêve conforme à une proposition égyptienne, c'est-à-dire de six mois, selon des sources proches des pourparlers. Un quatrième groupe, le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), membre de l'OLP comme le Fatah de Yasser Arafat, a décrété de son côté une trêve de trois mois.

Le cessez-le-feu est largement l'oeuvre de l'ancien chef du Fatah en Cisjordanie, Marouan Barghouti, emprisonné en Israël pour son implication présumée dans des attentats qui ont coûté la vie à 26 Israéliens.

Les tractations continuaient hier avec dix factions de moindre importance. L'une d'elles, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), membre de l'OLP comme le Fatah de Yasser Arafat, s'est ralliée à la trêve sans vouloir la signer.

La trêve est cependant conditionnelle. Rantissi a souligné que son Mouvement de la résistance islamique ainsi que le Djihad islamique maintenaient leurs exigences: arrêt des opérations militaires israéliennes contre des cibles palestiniennes, y compris les attaques de militants, et libération des prisonniers palestiniens. «Nous nous considérerons libérés de cette initiative si l'ennemi israélien n'applique pas toutes ces conditions», a-t-il prévenu. Le Hamas refuse d'ailleurs de désarmer.

Dans le camp israélien, le scepticisme règne et l'on craint que les groupes armés ne profitent de ce répit pour reprendre des forces et fomenter d'autres attentats.

Israël a fait savoir qu'il ne faisait «aucun cas» de l'annonce de la trêve des islamistes tout en soulignant que son «seul interlocuteur pour obtenir le démantèlement des organisations terroristes [était] l'Autorité palestinienne».

Selon des sources officielles, Israël n'envisage pas de libération en masse de prisonniers palestiniens. Israël est d'autant plus prudent que deux des principaux mouvements engagés dans l'Intifada, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), n'ont pas fait connaître leurs intentions définitives vis-à-vis de la trêve.

Le gouvernement exige de l'Autorité palestinienne qu'elle démantèle les milices, comme le stipule la «feuille de route» du Quartette (États-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies), dans la perspective de la création d'un État palestinien à l'horizon 2005.

C'est pour défendre ce plan que la conseillère américaine à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, qui avait rencontré Mahmoud Abbas samedi, s'est entretenue hier à Jérusalem avec Ariel Sharon.

La discussion a porté, selon la radio israélienne, sur les détails du retrait israélien du nord de la bande de Gaza, l'assouplissement des restrictions de déplacement frappant les Palestiniens, la libération des prisonniers palestiniens et la reconstruction éventuelle de l'aéroport international palestinien de Gaza, partiellement détruit par Tsahal en 2001.

De Washington, la Maison-Blanche s'est montrée un peu plus enthousiaste face à la trêve, estimant que «tout ce qui permet de réduire la violence est un pas dans la bonne direction», et a exhorté le gouvernement palestinien à faire davantage en démantelant les groupes armés, comme l'exige la feuille de route.

Le nord de la bande de Gaza évacué

Hier soir, l'armée israélienne avait totalement évacué le secteur de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, conformément à l'accord signé vendredi soir entre les gouvernements israélien et palestinien. L'accord prévoit que les Palestiniens prendront la responsabilité du secteur évacué par l'armée israélienne, qui pourrait ensuite se retirer d'autres zones, comme celle de Bethléem en Cisjordanie.

Tsahal était entrée à Beit Hanoun plusieurs semaines auparavant pour tenter de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniens sur Sderot, ville israélienne située juste de l'autre côté de la clôture de la bande de Gaza.

D'après le général palestinien Abdel Razek Majaide, chef de la sécurité publique dans la bande de Gaza, l'État hébreu lèvera par ailleurs l'interdiction de déplacement pour les Palestiniens de moins de 35 ans, et 10 000 travailleurs ainsi que 5000 commerçants pourront entrer en Israël. Plus de 100 000 Palestiniens attendent de retourner y travailler.

Cet accord négocié par le chef de la sécurité palestinienne Mohammed Dahlan et le général israélien Amos Gilad prévoit aussi l'arrêt des exécutions extrajudiciaires de Palestiniens. En échange, l'Autorité s'engage à agir contre les candidats aux attentats suicide.

Autre signe de détente: Mme Rice a invité M. Abbas à la Maison-Blanche dans les jours prochains et le premier ministre a accepté. Depuis trois ans, le président George Bush boycotte Yasser Arafat, le jugeant impliqué dans le terrorisme.

Au cours de son bref séjour, Mme Rice a critiqué la poursuite de la construction par Israël d'une «clôture de sécurité» en Cisjordanie. Lancé en juin 2002, cet ouvrage devait théoriquement suivre grosso modo le tracé de la ligne de démarcation entre Israël et la Cisjordanie (la ligne verte), mais il s'enfonce de plus en plus en territoire palestinien, notamment pour englober des blocs de colonies juives.

Avec l'Agence France-Presse
Deux militaires, l’un israélien, l’autre palestinien, discutaient paisiblement au poste de contrôle de Netzarim, hier, peu avant le début d’un retrait israélien du nord de Gaza, qui a fait suite à un accord conclu vendredi dernier entre Israë La conseillère américaine à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a rencontré Mahmoud Abbas samedi (ci-dessus) avant de s’entretenir hier à Jérusalem avec Ariel Sharon.
 






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