Réforme au secondaire - Simard confirme le retard d'un an
Le sort de la réforme au secondaire est intimement lié à la prochaine négociation de la convention collective avec les enseignants. En effet, les clés du succès de cette réforme, dont l'implantation est repoussée d'un an, reposent notamment sur des modifications dans l'organisation du travail des enseignants et une nouvelle structure du temps scolaire.
«Un chantier qui se poursuit», tel était le titre de la présentation du ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, qui faisait hier le point sur les importants changements à venir dans le réseau secondaire. Si plusieurs des volets présentés sont effectivement encore «en chantier» — le programme de formation est en rédaction, la politique d'évaluation aussi, les manuels ne sont pas prêts —, le ministre affirme miser d'abord sur un retour aux matières de base (plus de français et d'histoire), et particulièrement sur un meilleur encadrement des élèves.
Si cet encadrement est l'une des clés du succès de la réforme, il en est aussi le plus important défi, au dire de l'ensemble des acteurs du réseau de l'éducation. Le titulariat implique une présence accrue d'un même professeur auprès d'un groupe d'élèves et le travail des enseignants en équipe nécessitera un profond changement dans la culture du secondaire.
Même si la convention collective actuelle n'empêche pas complètement les nouveaux aménagements, les directions d'école comptent sur la prochaine négociation pour mieux baliser les possibilités de travail dans l'esprit de la réforme. Rappelons que la prochaine négociation de la convention collective des enseignants a été reportée au printemps prochain. «Il est évident qu'il y a un dialogue à poursuivre avec les enseignants», répond le ministre de l'Éducation — qui émerge tout juste d'une négociation ardue avec les enseignants sur le dossier de l'équité salariale —, précisant cependant que des écoles ont fait des tentatives fructueuses sans que la convention ait heurté leurs ambitions.
Côté organisation scolaire, un avis du Conseil supérieur de l'éducation a clairement indiqué, au printemps 2001, que le temps «devait être aménagé autrement au secondaire» pour favoriser la réussite des élèves. Ainsi, changer quatre à six fois de classe par jour, en passant d'une période de 60 ou 75 minutes à l'autre, «n'est pas le modèle approprié», a concédé hier le sous-ministre adjoint, Robert Bisaillon, peu avant la présentation du ministre. Même si certains milieux passeront sans doute directement à de nouvelles manières de faire, pour d'autres des changements dans l'organisation du temps scolaire devront être balisés par les lignes directrices de la convention collective. «C'est un objet de négociation locale», explique M. Bisaillon.
«Je formule le souhait que les gens arrivent à travailler en équipe», a expliqué hier André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, satisfait des grandes lignes de cette réforme. Je pense qu'on a un petit peu oublié ça au Québec. Nous avons le défi de s'accrocher à des écoles qui ont des projets particuliers, comme Agir autrement, et qui ont un petit peu oublié les textes de convention.»
«Lors de la dernière négociation, nous avions buté sur la question de l'organisation du travail dans le cadre de projets spéciaux», rappelle Robert Morin, président de la Fédération québécoise des directeurs d'établissement d'enseignement (FQDE). «Il est clair que, si on veut s'assurer de pratiques généralisées au Québec, pour ne pas avoir de résistance locale dans certains milieux, il faudrait s'assurer que, lors des prochaines négociations, on en arrive à une entente», ajoute Jacques Delfosse, président de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire.
Les changements annoncés hier étaient nombreux et de tout ordre. Sur le plan du calendrier d'implantation, même s'il a refusé tout au long de cette conférence de presse de prononcer le mot «report», le ministre a confirmé effectivement hier un retard d'un an dans l'implantation de la réforme au secondaire, prévue initialement pour septembre 2003 et maintenant déplacée à septembre 2004.
La réforme sera implantée dès septembre prochain au 3e cycle du primaire (5e et 6e années), où l'on ne bénéficiera pas cependant, comme pour les deux autres cycles précédents, d'une année d'implantation graduelle, passant plutôt automatiquement en mode obligatoire. Le boycottage de la formation liée à la réforme, exercé cette année par les enseignants plongés dans le dossier de l'équité salariale, est la cause essentielle des modifications annoncées hier au primaire. Toujours au dernier cycle du primaire, les deux premières étapes de l'année prochaine pourront être consacrées à la formation, à l'appropriation et à l'expérimentation de la réforme, pour les 70 % des enseignants qui n'ont pas encore eu de formation, a expliqué le ministre.
Grande nouveauté: le secondaire sera divisé en deux cycles, avec 1re et 2e secondaire d'un côté, et 3e, 4e et 5e de l'autre. On fait passer de 450 à 600 le nombre d'heures de français de la 1re à la 3e secondaire. Plutôt que de goûter à l'histoire en 2e et 5e secondaire seulement, il y en aura désormais tout au long du parcours, ce qui hausse de 200 à 450 le nombre d'heures d'enseignement de l'histoire au secondaire.
Pour modifier ainsi le programme d'étude, on n'augmente pas le nombre d'heures d'enseignement global mais on crée un «programme intégré de science et technologie» pendant les quatre premières années du secondaire. Ainsi, les cours actuels d'écologie, de sciences physiques, de biologie et d'initiation à la technologie y seront fusionnés, ce qui permet de rehausser l'enseignement du français et de l'histoire. Le ministre souhaite aussi proposer au gouvernement un nouveau programme d'arts pour les 4e et 5e années du secondaire, où rien n'est actuellement prévu.
Côté évaluation, même si la politique incluant les réseaux primaire et secondaire ne sera pas prête avant juin 2003, le ministre confirme aussi l'avènement des bilans des apprentissages, sorte de relevés sur l'état des apprentissages et des compétences de l'élève que l'on remettra à la fin des 2e, 4e et 5e années du secondaire. En fin de première et de troisième année? «Il y aura de l'évaluation continue», explique le ministre.
«Un chantier qui se poursuit», tel était le titre de la présentation du ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, qui faisait hier le point sur les importants changements à venir dans le réseau secondaire. Si plusieurs des volets présentés sont effectivement encore «en chantier» — le programme de formation est en rédaction, la politique d'évaluation aussi, les manuels ne sont pas prêts —, le ministre affirme miser d'abord sur un retour aux matières de base (plus de français et d'histoire), et particulièrement sur un meilleur encadrement des élèves.
Si cet encadrement est l'une des clés du succès de la réforme, il en est aussi le plus important défi, au dire de l'ensemble des acteurs du réseau de l'éducation. Le titulariat implique une présence accrue d'un même professeur auprès d'un groupe d'élèves et le travail des enseignants en équipe nécessitera un profond changement dans la culture du secondaire.
Même si la convention collective actuelle n'empêche pas complètement les nouveaux aménagements, les directions d'école comptent sur la prochaine négociation pour mieux baliser les possibilités de travail dans l'esprit de la réforme. Rappelons que la prochaine négociation de la convention collective des enseignants a été reportée au printemps prochain. «Il est évident qu'il y a un dialogue à poursuivre avec les enseignants», répond le ministre de l'Éducation — qui émerge tout juste d'une négociation ardue avec les enseignants sur le dossier de l'équité salariale —, précisant cependant que des écoles ont fait des tentatives fructueuses sans que la convention ait heurté leurs ambitions.
Côté organisation scolaire, un avis du Conseil supérieur de l'éducation a clairement indiqué, au printemps 2001, que le temps «devait être aménagé autrement au secondaire» pour favoriser la réussite des élèves. Ainsi, changer quatre à six fois de classe par jour, en passant d'une période de 60 ou 75 minutes à l'autre, «n'est pas le modèle approprié», a concédé hier le sous-ministre adjoint, Robert Bisaillon, peu avant la présentation du ministre. Même si certains milieux passeront sans doute directement à de nouvelles manières de faire, pour d'autres des changements dans l'organisation du temps scolaire devront être balisés par les lignes directrices de la convention collective. «C'est un objet de négociation locale», explique M. Bisaillon.
«Je formule le souhait que les gens arrivent à travailler en équipe», a expliqué hier André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, satisfait des grandes lignes de cette réforme. Je pense qu'on a un petit peu oublié ça au Québec. Nous avons le défi de s'accrocher à des écoles qui ont des projets particuliers, comme Agir autrement, et qui ont un petit peu oublié les textes de convention.»
«Lors de la dernière négociation, nous avions buté sur la question de l'organisation du travail dans le cadre de projets spéciaux», rappelle Robert Morin, président de la Fédération québécoise des directeurs d'établissement d'enseignement (FQDE). «Il est clair que, si on veut s'assurer de pratiques généralisées au Québec, pour ne pas avoir de résistance locale dans certains milieux, il faudrait s'assurer que, lors des prochaines négociations, on en arrive à une entente», ajoute Jacques Delfosse, président de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire.
Les changements annoncés hier étaient nombreux et de tout ordre. Sur le plan du calendrier d'implantation, même s'il a refusé tout au long de cette conférence de presse de prononcer le mot «report», le ministre a confirmé effectivement hier un retard d'un an dans l'implantation de la réforme au secondaire, prévue initialement pour septembre 2003 et maintenant déplacée à septembre 2004.
La réforme sera implantée dès septembre prochain au 3e cycle du primaire (5e et 6e années), où l'on ne bénéficiera pas cependant, comme pour les deux autres cycles précédents, d'une année d'implantation graduelle, passant plutôt automatiquement en mode obligatoire. Le boycottage de la formation liée à la réforme, exercé cette année par les enseignants plongés dans le dossier de l'équité salariale, est la cause essentielle des modifications annoncées hier au primaire. Toujours au dernier cycle du primaire, les deux premières étapes de l'année prochaine pourront être consacrées à la formation, à l'appropriation et à l'expérimentation de la réforme, pour les 70 % des enseignants qui n'ont pas encore eu de formation, a expliqué le ministre.
Grande nouveauté: le secondaire sera divisé en deux cycles, avec 1re et 2e secondaire d'un côté, et 3e, 4e et 5e de l'autre. On fait passer de 450 à 600 le nombre d'heures de français de la 1re à la 3e secondaire. Plutôt que de goûter à l'histoire en 2e et 5e secondaire seulement, il y en aura désormais tout au long du parcours, ce qui hausse de 200 à 450 le nombre d'heures d'enseignement de l'histoire au secondaire.
Pour modifier ainsi le programme d'étude, on n'augmente pas le nombre d'heures d'enseignement global mais on crée un «programme intégré de science et technologie» pendant les quatre premières années du secondaire. Ainsi, les cours actuels d'écologie, de sciences physiques, de biologie et d'initiation à la technologie y seront fusionnés, ce qui permet de rehausser l'enseignement du français et de l'histoire. Le ministre souhaite aussi proposer au gouvernement un nouveau programme d'arts pour les 4e et 5e années du secondaire, où rien n'est actuellement prévu.
Côté évaluation, même si la politique incluant les réseaux primaire et secondaire ne sera pas prête avant juin 2003, le ministre confirme aussi l'avènement des bilans des apprentissages, sorte de relevés sur l'état des apprentissages et des compétences de l'élève que l'on remettra à la fin des 2e, 4e et 5e années du secondaire. En fin de première et de troisième année? «Il y aura de l'évaluation continue», explique le ministre.
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