Eliahu Inbal aimerait diriger l'OSM
Invité à la fin du mois à diriger l'OSM lors du Festival de Lanaudière, le chef Eliahu Inbal laisse entendre qu'il serait intéressé à prendre la direction permanente de l'OSM et à succéder à Charles Dutoit, si on lui en faisait la proposition.
L'Orchestre symphonique de Montréal, on le sait, se cherche un directeur artistique, un chef permanent donc, quelqu'un qui peut organiser les saisons, choisir et trouver les invités tant à la baguette que comme soliste. Et qui a de la stature.
Ainsi, au détour d'une entrevue accordée au Devoir en prévision de son passage au Festival de Lanaudière, le chef Eliahu Inbal vient de laisser entendre qu'il serait intéressé à prendre la direction de l'OSM et à succéder à Charles Dutoit, si on lui en faisait la proposition. Ce chef, né à Jérusalem en 1936, est l'invité du Festival de Lanaudière pour diriger l'OSM, solistes et choeurs, pour le concert officiel d'ouverture le 28 juin prochain. Il fut pendant 16 ans (de 1970 à 1986) chef de l'Orchestre symphonique de la radio de Francfort sur le Main, qu'il a mené à des sommets mondialement reconnus, trois ans à la tête de l'opéra La Fenice de Venise, il est actuellement «titulaire» de l'Orchestre symphonique de Berlin (celui de l'Est, à ne pas confondre avec le Philharmoniker de l'ancien Berlin Ouest, celui de Claudio Abbado, Karajan et Furtwängler) et chef honoraire de la RAI (Radio italienne) à Turin.
Son catalogue discographique estÉ imposant. Il a déjà dirigé l'OSM. «Ce sont des musiciens que j'aime beaucoup, mais la salle où se produit l'orchestre [à savoir la salle Wilfrid-Pelletier] me semble plutôt médiocre.» C'est le début d'une ouverture qui va plus loin. C'est que, sans briguer ouvertement la succession de son ami Charles Dutoit, Eliahu Inbal confie que c'est le genre de formation (comprendre l'OSM) dont il pourrait, comme bien d'autres, aimer présider aux destinées.
Bien sûr, l'homme a des réserves, comme bien des cas de ce genre. Celles-ci sont d'abord liées à ses engagements actuels. Eliahu Inbal a même déjà dû refuser certaines invitations de l'OSM, voire a été obligé de se désister à la dernière minute pour ce qui était de monter au podium ici, à cause d'autres obligations ou certains travers de l'existence. Ensuite vient — ce qui deviendra probablement une condition sine qua non de tout aspirant à la direction de cette formation — le fait que l'orchestre doit pouvoir offrir à son directeur artistique une salle digne des aspirations de celui-ci et de la qualité des membres de l'orchestre.
Alors que certains paris — comme certaines rumeurs — vont bon train chez les échotiers locaux, un intérêt semble donc naître, à l'échelon international, pour ce qui est de prendre les rennes de l'OSM, suivant un jeu de roulette dont les croupiers sont maintenant choisis. Ainsi l'OSM annonçait hier les membres du comité de sélection de ce nouveau titulaire. Ce comité proposera quatre ou cinq noms au comité d'embauche qui, lui, est formé de membres du conseil d'administration de l'OSM.
Le comité de sélection, de treize membres et présidé par Bernard Shapiro, recteur et vice-chancelier de l'université McGill, se compose comme suit: Jean-Pierre Brossmann, directeur général du Théâtre du Châtelet (Paris); Welz Kaufmann, président et chef de direction du Festival de Ravinia (Chicago); Jean Paré, membre du comité exécutif de l'OSM; Murray Lapin, membre du conseil d'administration de l'OSM. Puis viennent Bernard Labadie, nouvellement nommé à la direction artistique de l'Opéra de Montréal (et dont on sait que Charles Dutoit ne prisait guère la présence en ces lieux), le père Fernand Lindsay csv, directeur artistique du Festival international de Lanaudière, le pianiste Louis Lortie (nul besoin de présentation), Madeleine Careau, la directrice générale dudit orchestre, de même que Paul Fortin, administrateur de la musique à l'OSM.
Du côté des musiciens de l'OSM, on trouve le violon solo Richard Roberts, de même que deux membres délégués par le comité des musiciens de l'OSM, soit Vivian Lee et Jean-Marc Leblanc.
Sans présumer de ce que le comité de sélection devra faire, ni des orientations qu'il peut légitimement prendre, on peut dire que la situation se met à bouger doucement. Il semble que le processus sera fait selon une sorte d'invitation. Certains chefs de grande envergure comme Eliahu Inbal, on l'a vu, pourraient bien se montrer intéressés. (Pour en savoir plus sur Eliahu Inbal et sa vision de la musique, on lira la version complète de l'entrevue accordée au Devoir qui paraîtra dans le Cahier Culture du 22 juin, à l'occasion de sa venue au Festival international de Lanaudière)
Cette dernière manifestation d'intérêt, pour discrète qu'elle soit, ne peut donc être que positive. L'aune à laquelle seront jugés les éventuels candidats est dorénavant établie.
Prochaine saison
En ce qui concerne la prochaine saison, la continuité sera assurée par Jacques Lacombe, ancien assistant de Charles Dutoit à l'OSM, qui sera au pupitre une fois par mois. Les chefs ont également tous été trouvés. Edo de Waart, Gilbert Levine, Roberto (pas Claudio) Abbado entre autres, et Michel Plasson et Emmanuel Villaume, qui participeront également à la traditionnelle visite automnale de l'OSM à Carnegie Hall.
Cette permanence n'empêche pas les désistements de se produire. Ainsi, le violoncelliste Yo-Yo Ma et le pianiste Emmanuel Ax ne seront pas présents à Montréal lors la saison prochaine, tout comme les Rostropovitch et Ashkenazy.
Le comité de sélection s'attelle donc à une tâche ardue et, sans vouloir s'imposer une échance trop précise, il compte arriver à une décision dans les délais les plus raisonnables. Sa tâche: attirer et retenir les meilleurs candidats — ceux qui ont à la fois le talent et le réseau nécessaires à la survie de l'OSM et à la sauvegarde de sa qualité —, et faire le choix le plus judicieux possible compte tenu des impératifs financiers et syndicaux qui s'inscriront dans les discussions en filigrane.
Tâche ardue entre toutes, mais il semble que le flambeau soit haut brandi, ce qui est plus qu'une nécessité pour l'OSM: c'est une question de survie. Les nouvelles brochures devraient être envoyées sous peu aux abonnés et disponibles à tous les intéressés. Le feuilleton continue.
L'Orchestre symphonique de Montréal, on le sait, se cherche un directeur artistique, un chef permanent donc, quelqu'un qui peut organiser les saisons, choisir et trouver les invités tant à la baguette que comme soliste. Et qui a de la stature.
Ainsi, au détour d'une entrevue accordée au Devoir en prévision de son passage au Festival de Lanaudière, le chef Eliahu Inbal vient de laisser entendre qu'il serait intéressé à prendre la direction de l'OSM et à succéder à Charles Dutoit, si on lui en faisait la proposition. Ce chef, né à Jérusalem en 1936, est l'invité du Festival de Lanaudière pour diriger l'OSM, solistes et choeurs, pour le concert officiel d'ouverture le 28 juin prochain. Il fut pendant 16 ans (de 1970 à 1986) chef de l'Orchestre symphonique de la radio de Francfort sur le Main, qu'il a mené à des sommets mondialement reconnus, trois ans à la tête de l'opéra La Fenice de Venise, il est actuellement «titulaire» de l'Orchestre symphonique de Berlin (celui de l'Est, à ne pas confondre avec le Philharmoniker de l'ancien Berlin Ouest, celui de Claudio Abbado, Karajan et Furtwängler) et chef honoraire de la RAI (Radio italienne) à Turin.
Son catalogue discographique estÉ imposant. Il a déjà dirigé l'OSM. «Ce sont des musiciens que j'aime beaucoup, mais la salle où se produit l'orchestre [à savoir la salle Wilfrid-Pelletier] me semble plutôt médiocre.» C'est le début d'une ouverture qui va plus loin. C'est que, sans briguer ouvertement la succession de son ami Charles Dutoit, Eliahu Inbal confie que c'est le genre de formation (comprendre l'OSM) dont il pourrait, comme bien d'autres, aimer présider aux destinées.
Bien sûr, l'homme a des réserves, comme bien des cas de ce genre. Celles-ci sont d'abord liées à ses engagements actuels. Eliahu Inbal a même déjà dû refuser certaines invitations de l'OSM, voire a été obligé de se désister à la dernière minute pour ce qui était de monter au podium ici, à cause d'autres obligations ou certains travers de l'existence. Ensuite vient — ce qui deviendra probablement une condition sine qua non de tout aspirant à la direction de cette formation — le fait que l'orchestre doit pouvoir offrir à son directeur artistique une salle digne des aspirations de celui-ci et de la qualité des membres de l'orchestre.
Alors que certains paris — comme certaines rumeurs — vont bon train chez les échotiers locaux, un intérêt semble donc naître, à l'échelon international, pour ce qui est de prendre les rennes de l'OSM, suivant un jeu de roulette dont les croupiers sont maintenant choisis. Ainsi l'OSM annonçait hier les membres du comité de sélection de ce nouveau titulaire. Ce comité proposera quatre ou cinq noms au comité d'embauche qui, lui, est formé de membres du conseil d'administration de l'OSM.
Le comité de sélection, de treize membres et présidé par Bernard Shapiro, recteur et vice-chancelier de l'université McGill, se compose comme suit: Jean-Pierre Brossmann, directeur général du Théâtre du Châtelet (Paris); Welz Kaufmann, président et chef de direction du Festival de Ravinia (Chicago); Jean Paré, membre du comité exécutif de l'OSM; Murray Lapin, membre du conseil d'administration de l'OSM. Puis viennent Bernard Labadie, nouvellement nommé à la direction artistique de l'Opéra de Montréal (et dont on sait que Charles Dutoit ne prisait guère la présence en ces lieux), le père Fernand Lindsay csv, directeur artistique du Festival international de Lanaudière, le pianiste Louis Lortie (nul besoin de présentation), Madeleine Careau, la directrice générale dudit orchestre, de même que Paul Fortin, administrateur de la musique à l'OSM.
Du côté des musiciens de l'OSM, on trouve le violon solo Richard Roberts, de même que deux membres délégués par le comité des musiciens de l'OSM, soit Vivian Lee et Jean-Marc Leblanc.
Sans présumer de ce que le comité de sélection devra faire, ni des orientations qu'il peut légitimement prendre, on peut dire que la situation se met à bouger doucement. Il semble que le processus sera fait selon une sorte d'invitation. Certains chefs de grande envergure comme Eliahu Inbal, on l'a vu, pourraient bien se montrer intéressés. (Pour en savoir plus sur Eliahu Inbal et sa vision de la musique, on lira la version complète de l'entrevue accordée au Devoir qui paraîtra dans le Cahier Culture du 22 juin, à l'occasion de sa venue au Festival international de Lanaudière)
Cette dernière manifestation d'intérêt, pour discrète qu'elle soit, ne peut donc être que positive. L'aune à laquelle seront jugés les éventuels candidats est dorénavant établie.
Prochaine saison
En ce qui concerne la prochaine saison, la continuité sera assurée par Jacques Lacombe, ancien assistant de Charles Dutoit à l'OSM, qui sera au pupitre une fois par mois. Les chefs ont également tous été trouvés. Edo de Waart, Gilbert Levine, Roberto (pas Claudio) Abbado entre autres, et Michel Plasson et Emmanuel Villaume, qui participeront également à la traditionnelle visite automnale de l'OSM à Carnegie Hall.
Cette permanence n'empêche pas les désistements de se produire. Ainsi, le violoncelliste Yo-Yo Ma et le pianiste Emmanuel Ax ne seront pas présents à Montréal lors la saison prochaine, tout comme les Rostropovitch et Ashkenazy.
Le comité de sélection s'attelle donc à une tâche ardue et, sans vouloir s'imposer une échance trop précise, il compte arriver à une décision dans les délais les plus raisonnables. Sa tâche: attirer et retenir les meilleurs candidats — ceux qui ont à la fois le talent et le réseau nécessaires à la survie de l'OSM et à la sauvegarde de sa qualité —, et faire le choix le plus judicieux possible compte tenu des impératifs financiers et syndicaux qui s'inscriront dans les discussions en filigrane.
Tâche ardue entre toutes, mais il semble que le flambeau soit haut brandi, ce qui est plus qu'une nécessité pour l'OSM: c'est une question de survie. Les nouvelles brochures devraient être envoyées sous peu aux abonnés et disponibles à tous les intéressés. Le feuilleton continue.
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