La crise se prolonge
Jean-Robert Sansfaçon
18 juin 2003
Tout semble indiquer qu'il n'y aurait eu qu'un seul cas de vache atteinte d'encéphalopathie spongiforme (ou maladie de la vache folle) au Canada. Voilà qui rassure, mais qui laisse tout de même sans réponse la question de savoir s'il est plausible qu'une seule bête ait mangé de la farine animale contaminée.
Même si la réponse était affirmative, la crise serait loin d'être terminée pour les éleveurs. Entre 70 et 80 % de la production canadienne de bovins est normalement exportée vers les États-Unis, qui ont fermé leurs frontières depuis un mois. Les pertes sont considérables. Or voilà que le Japon vient d'exiger des autorités américaines qu'elles garantissent que leurs propres exportations de boeuf ne comportent aucune trace de viande canadienne, ce qui semble impossible à vérifier pour le moment faute de programme de traçabilité aux États-Unis. Les Américains, qui ne sont déjà pas pressés de rouvrir leurs frontières, utiliseront-ils ce nouveau prétexte pour retarder le moment d'acheter de nouveau du boeuf canadien?
Chaque jour qui passe fait perdre au moins 11 millions aux éleveurs. Hier, le gouvernement fédéral a annoncé la mise en place d'un programme à frais partagés d'un montant total de 300 millions, dont 40 % devront être assumés par les provinces. Il appartient maintenant au ministre du Commerce extérieur, Pierre Pettigrew, de faire pression sur les autorités américaines pour que celles-ci lèvent l'embargo. En cas de refus, on pourra conclure que la position américaine n'est pas une mesure de sécurité mais une mesure purement protectionniste.
Pour circonscrire la crise, il a fallu placer plusieurs troupeaux en quarantaine et abattre des centaines de bêtes afin de vérifier si elles étaient porteuses du prion, cette protéine responsable de la maladie. Même si tous les résultats se sont révélés négatifs, l'opération était indispensable. Du coup, voilà démontrée l'importance de compléter sans délai les programmes de traçabilité d'un bout à l'autre de la chaîne de production animale afin d'agir rapidement chaque fois que survient un événement du genre.
La production de masse présente des risques élevés de contamination des troupeaux. Il ne suffit plus d'injecter des antibiotiques aux bêtes de façon préventive pour se croire à l'abri d'une quelconque épidémie. Une telle pratique est non seulement inefficace dans le cas de certaines maladies comme celle de la vache folle, mais elle est aussi dangereuse pour la santé humaine et elle rebute de plus en plus les consommateurs.
À moins de croire naïvement qu'il est possible de revenir aux bonnes vieilles techniques de la ferme familiale d'antan, il faut innover en matière de techniques d'élevage pour qu'elles soient respectueuses de la santé animale et humaine, qu'elles répondent aux normes modernes de qualité des produits et aux attentes élevées des consommateurs. Si les producteurs ne le comprennent pas, ce sont eux qui en paieront le prix un jour ou l'autre.
Même si la réponse était affirmative, la crise serait loin d'être terminée pour les éleveurs. Entre 70 et 80 % de la production canadienne de bovins est normalement exportée vers les États-Unis, qui ont fermé leurs frontières depuis un mois. Les pertes sont considérables. Or voilà que le Japon vient d'exiger des autorités américaines qu'elles garantissent que leurs propres exportations de boeuf ne comportent aucune trace de viande canadienne, ce qui semble impossible à vérifier pour le moment faute de programme de traçabilité aux États-Unis. Les Américains, qui ne sont déjà pas pressés de rouvrir leurs frontières, utiliseront-ils ce nouveau prétexte pour retarder le moment d'acheter de nouveau du boeuf canadien?
Chaque jour qui passe fait perdre au moins 11 millions aux éleveurs. Hier, le gouvernement fédéral a annoncé la mise en place d'un programme à frais partagés d'un montant total de 300 millions, dont 40 % devront être assumés par les provinces. Il appartient maintenant au ministre du Commerce extérieur, Pierre Pettigrew, de faire pression sur les autorités américaines pour que celles-ci lèvent l'embargo. En cas de refus, on pourra conclure que la position américaine n'est pas une mesure de sécurité mais une mesure purement protectionniste.
Pour circonscrire la crise, il a fallu placer plusieurs troupeaux en quarantaine et abattre des centaines de bêtes afin de vérifier si elles étaient porteuses du prion, cette protéine responsable de la maladie. Même si tous les résultats se sont révélés négatifs, l'opération était indispensable. Du coup, voilà démontrée l'importance de compléter sans délai les programmes de traçabilité d'un bout à l'autre de la chaîne de production animale afin d'agir rapidement chaque fois que survient un événement du genre.
La production de masse présente des risques élevés de contamination des troupeaux. Il ne suffit plus d'injecter des antibiotiques aux bêtes de façon préventive pour se croire à l'abri d'une quelconque épidémie. Une telle pratique est non seulement inefficace dans le cas de certaines maladies comme celle de la vache folle, mais elle est aussi dangereuse pour la santé humaine et elle rebute de plus en plus les consommateurs.
À moins de croire naïvement qu'il est possible de revenir aux bonnes vieilles techniques de la ferme familiale d'antan, il faut innover en matière de techniques d'élevage pour qu'elles soient respectueuses de la santé animale et humaine, qu'elles répondent aux normes modernes de qualité des produits et aux attentes élevées des consommateurs. Si les producteurs ne le comprennent pas, ce sont eux qui en paieront le prix un jour ou l'autre.
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