Régions: trous multiples dans les urgences
Alors que les vacances approchent à grands pas, plusieurs urgences du Québec craignent de vivre de nouveau un été d'enfer faute de médecins. À l'heure actuelle, environ 130 quarts de travail sont toujours à découvert dans les urgences de plusieurs régions.
Selon une évaluation faite par le ministère de la Santé, plus d’une centaine de quarts de travail sont toujours non comblés en juin, juillet et août dans les urgences de la Mauricie, du Lac-Saint-Jean, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue.
Le Devoir a appris que la direction des affaires médicales du ministère de la Santé a même fait appel aux doyens des facultés de médecine pour tenter de recruter dans les hôpitaux universitaires des médecins disposés à dépanner certaines de ces urgences et éviter ainsi des ruptures de services en région.
L’an dernier, on se souviendra que le manque de médecins avait provoqué la fermeture de certaines urgences, notamment au Lac-Saint-Jean et à Shawinigan, où la mort d’un patient à deux pas de l’urgence avait entraîné une crise politique sans précédent pour le gouvernement du Parti québécois.
Or il semble que cette crise et la loi qui a été adoptée depuis pour mieux répartir les médecins n’aient pas réussi à régler totalement le problème du manque de main-d’oeuvre médicale dans les urgences de régions éloignées.
Informations prises, les dispositions de la loi 142, qui devaient obliger la grande majorité des médecins généralistes à donner de leur temps dans les urgences ou dans les hôpitaux, ne sont toujours pas appliquées, et ne le seront pas avant août ou septembre prochain.
«On savait que ça ne serait pas en place pour cet été, mais seulement pour l’automne. Mais à notre avis, la situation se présente beaucoup mieux [dans les urgences] que l’an dernier», a fait valoir vendredi le Dr Renald Dutil, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMOQ).
Pourtant, en date de vendredi, l’urgence de l’hôpital Carrefour Santé de Jonquière affichait toujours un horaire truffé d’une trentaine de quarts de travail non comblés pour juillet et août. Même portrait au Centre Maria-Chapdelaine de Dolbeau, où plus de 40 quarts sont toujours à découvert.
Même à Joliette, où l’on vient tout juste de compléter l’horaire de juin, le problème demeure entier pour les mois de juillet et août. Au Centre hospitalier du Centre de la Mauricie (CHCM) à Shawinigan, où l’on avait été forcé de fermer l’urgence la nuit l’été dernier faute de médecins, l’horaire affiche une vingtaine de trous.
«Habituellement, on comble les quarts à découvert avec des médecins-dépanneurs. Parfois à la dernière minute. C’est une situation à laquelle nous sommes fréquemment confrontés», a expliqué André Trottier, directeur intérimaire du CHCM.
En effet, sur 120 quarts à combler chaque mois, seulement la moitié sont remplis par des médecins de l’hôpital. Une vingtaine de gardes sont comblées par des médecins de l’hôpital Pierre-Boucher de Longueuil — qui est jumelé avec le CHCM — et le reste par des médecins-dépanneurs.
Malgré tout, on s’attend à un été moins difficile que l’an dernier, prévoit M. Trottier.
Au Carrefour de santé de Jonquière, où l’on avait dû fermer boutique l’an dernier pendant presque un mois entre 20h et 8h, il reste toujours 14 quarts à découvert en juillet et 16 en août.
«On a quelqu’un qui travaille à temps plein pour combler ces trous. On ne perd pas confiance. L’an dernier, il a fallu fermer pendant presque un mois. On ne pense pas devoir aller jusque-là cette année. Si c’est le cas, les patients seront référés à Chicoutimi ou à Alma», affirme la directrice générale de l’hôpital, Lucille Dumont.
Dans Lanaudière, on est aussi sur les dents. Le Centre hospitalier régional (CHRL) compte toujours sur l’appui de médecins-dépanneurs pour passer à travers l’été. Aux prises avec la menace de démission de quatre de ses 16 médecins de l’urgence, l’hôpital n’a toujours pas comblé ses horaires de garde pour juillet et août. Deux autres de ses médecins sont aussi en congé de maladie. «La situation est en voie de se régler. Il y a un mois, 20 % des quarts étaient à découvert, alors qu’il en reste 10 % aujourd’hui. On ne peut se permettre de fermer l’urgence», explique Pierrette Vachon, responsable des communications au CHRL.
Des négociations sont en cours entre l’hôpital et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour tenter de faire changer d’idée les médecins démissionnaires.
Pour certains, il est surprenant qu’après la crise vécue l’an dernier on n’ait pas plus de solutions à offrir pour les urgences mal en point. «C’est étonnant qu’on en soit rendu à faire appel aux doyens pour combler des quarts à découvert. Comment se fait-il qu’un an après s’être entendu avec la FMOQ, on se retrouve avec les mêmes problèmes», se demande le Dr Luc Bessette, urgentologue à l’hôpital Saint-Luc et membre du Réseau de médecine d’urgence du Québec (REMUQ).
Selon Dominique Breton, porte-parole du ministère de la Santé, les mécanismes habituels sont en place cet été pour donner un coup de main aux urgences, soit la banque de médecins-dépanneurs et le parrainage entre certains hôpitaux. Au 1er mai, pas moins de 494 médecins figuraient sur la liste de dépannage.
Selon une évaluation faite par le ministère de la Santé, plus d’une centaine de quarts de travail sont toujours non comblés en juin, juillet et août dans les urgences de la Mauricie, du Lac-Saint-Jean, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue.
Le Devoir a appris que la direction des affaires médicales du ministère de la Santé a même fait appel aux doyens des facultés de médecine pour tenter de recruter dans les hôpitaux universitaires des médecins disposés à dépanner certaines de ces urgences et éviter ainsi des ruptures de services en région.
L’an dernier, on se souviendra que le manque de médecins avait provoqué la fermeture de certaines urgences, notamment au Lac-Saint-Jean et à Shawinigan, où la mort d’un patient à deux pas de l’urgence avait entraîné une crise politique sans précédent pour le gouvernement du Parti québécois.
Or il semble que cette crise et la loi qui a été adoptée depuis pour mieux répartir les médecins n’aient pas réussi à régler totalement le problème du manque de main-d’oeuvre médicale dans les urgences de régions éloignées.
Informations prises, les dispositions de la loi 142, qui devaient obliger la grande majorité des médecins généralistes à donner de leur temps dans les urgences ou dans les hôpitaux, ne sont toujours pas appliquées, et ne le seront pas avant août ou septembre prochain.
«On savait que ça ne serait pas en place pour cet été, mais seulement pour l’automne. Mais à notre avis, la situation se présente beaucoup mieux [dans les urgences] que l’an dernier», a fait valoir vendredi le Dr Renald Dutil, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMOQ).
Pourtant, en date de vendredi, l’urgence de l’hôpital Carrefour Santé de Jonquière affichait toujours un horaire truffé d’une trentaine de quarts de travail non comblés pour juillet et août. Même portrait au Centre Maria-Chapdelaine de Dolbeau, où plus de 40 quarts sont toujours à découvert.
Même à Joliette, où l’on vient tout juste de compléter l’horaire de juin, le problème demeure entier pour les mois de juillet et août. Au Centre hospitalier du Centre de la Mauricie (CHCM) à Shawinigan, où l’on avait été forcé de fermer l’urgence la nuit l’été dernier faute de médecins, l’horaire affiche une vingtaine de trous.
«Habituellement, on comble les quarts à découvert avec des médecins-dépanneurs. Parfois à la dernière minute. C’est une situation à laquelle nous sommes fréquemment confrontés», a expliqué André Trottier, directeur intérimaire du CHCM.
En effet, sur 120 quarts à combler chaque mois, seulement la moitié sont remplis par des médecins de l’hôpital. Une vingtaine de gardes sont comblées par des médecins de l’hôpital Pierre-Boucher de Longueuil — qui est jumelé avec le CHCM — et le reste par des médecins-dépanneurs.
Malgré tout, on s’attend à un été moins difficile que l’an dernier, prévoit M. Trottier.
Au Carrefour de santé de Jonquière, où l’on avait dû fermer boutique l’an dernier pendant presque un mois entre 20h et 8h, il reste toujours 14 quarts à découvert en juillet et 16 en août.
«On a quelqu’un qui travaille à temps plein pour combler ces trous. On ne perd pas confiance. L’an dernier, il a fallu fermer pendant presque un mois. On ne pense pas devoir aller jusque-là cette année. Si c’est le cas, les patients seront référés à Chicoutimi ou à Alma», affirme la directrice générale de l’hôpital, Lucille Dumont.
Dans Lanaudière, on est aussi sur les dents. Le Centre hospitalier régional (CHRL) compte toujours sur l’appui de médecins-dépanneurs pour passer à travers l’été. Aux prises avec la menace de démission de quatre de ses 16 médecins de l’urgence, l’hôpital n’a toujours pas comblé ses horaires de garde pour juillet et août. Deux autres de ses médecins sont aussi en congé de maladie. «La situation est en voie de se régler. Il y a un mois, 20 % des quarts étaient à découvert, alors qu’il en reste 10 % aujourd’hui. On ne peut se permettre de fermer l’urgence», explique Pierrette Vachon, responsable des communications au CHRL.
Des négociations sont en cours entre l’hôpital et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour tenter de faire changer d’idée les médecins démissionnaires.
Pour certains, il est surprenant qu’après la crise vécue l’an dernier on n’ait pas plus de solutions à offrir pour les urgences mal en point. «C’est étonnant qu’on en soit rendu à faire appel aux doyens pour combler des quarts à découvert. Comment se fait-il qu’un an après s’être entendu avec la FMOQ, on se retrouve avec les mêmes problèmes», se demande le Dr Luc Bessette, urgentologue à l’hôpital Saint-Luc et membre du Réseau de médecine d’urgence du Québec (REMUQ).
Selon Dominique Breton, porte-parole du ministère de la Santé, les mécanismes habituels sont en place cet été pour donner un coup de main aux urgences, soit la banque de médecins-dépanneurs et le parrainage entre certains hôpitaux. Au 1er mai, pas moins de 494 médecins figuraient sur la liste de dépannage.
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