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Les théories du complot - 1

Antoine Robitaille   30 septembre 2010 
Le 7 janvier 1971, le felquiste Bernard Lortie arrive au palais de justice pour subir son procès. Comme les autres membres de la cellule Chénier, responsable de l’enlèvement de Pierre Laporte, il lève le poing, signe de leur détermination à poursuivre sa lutte.<br />
Photo : Bettman–Corbis
Le 7 janvier 1971, le felquiste Bernard Lortie arrive au palais de justice pour subir son procès. Comme les autres membres de la cellule Chénier, responsable de l’enlèvement de Pierre Laporte, il lève le poing, signe de leur détermination à poursuivre sa lutte.

À retenir

    • À l'occasion du 40e anniversaire de la Crise d'octobre, Le Devoir propose jusqu'à samedi une série en trois temps. Aujourd'hui, «Les théories du complot».
    • Demain: «Les documents secrets du CAD»
    • Tous les texte sur la Crise d'octobre 1970


Québec — La Crise d'octobre et la mort de Pierre Laporte, c'est à certains égards notre 11-Septembre. Dès après les événements, plusieurs auteurs se sont mis à échafauder des hypothèses sophistiquées pour contester la «version officielle», pour expliquer «autrement» ce qui s'était produit. En ce 40e anniversaire, ces théories — taxées souvent «du complot» par des historiens — refont surface, sur Internet, dans des essais. Mais aussi dans un roman très important, celui de Louis Hamelin, écrivain et collaborateur au Devoir: La Constellation du lynx (Boréal).


Pour Jean-François Duchaine, plusieurs de ces thèses font penser à celles des «truthers», comme s'autoproclament, aux États-Unis, les partisans des théories sur le 11-Septembre. Ancien procureur de la Couronne, M. Duchaine s'est vu confier, après la victoire du Parti québécois en 1976, la délicate mission d'enquêter sur la Crise d'octobre et la mort de Laporte. Le PQ avait promis de faire la lumière sur cette époque trouble. Il faut rappeler le contexte, insiste M. Duchaine: en octobre et novembre 1975 dans le journal Le Jour, l'essayiste et ex-felquiste Pierre Vallières avait publié des séries d'articles sur les «mystères» de la mort du ministre, otage du FLQ, articles qui avaient conduit en 1977 à son célèbre L'Exécution de Pierre Laporte, les dessous de l'opération Essai (Québec/Amérique). Il y écrivait que «les enlèvements d'octobre 1970 ont été prévus et souhaités par "les autorités en place" qui en contrôlèrent le déclenchement et le déroulement avec une précision presque "mathématique"».


Il n'était pas le premier à tenter d'interpréter de cette façon les «dessous» de la crise. L'écrivain Jacques Ferron avait aussi, à l'époque, plusieurs théories. L'ancien journaliste Claude-Jean Devirieux, de la télévision de Radio-Canada, a fourni au Devoir la vidéo d'une entrevue exclusive que le «docteur Ferron» lui avait accordée en 1973. Elle ne fut jamais diffusée, ses patrons trouvant les positions du docteur trop approximatives et trop peu fondées. M. Ferron connaissait bien les felquistes de la cellule Chénier pour avoir, lors de leur reddition en décembre 1970, été désigné, à leur demande, comme médiateur. Dans son interview de 1973 avec Devirieux, Ferron y va de plusieurs affirmations: la crise avait à ses yeux été savamment planifiée par Ottawa. De plus, «les États-Unis travaillaient sans doute au Québec [...] pour étudier quels pouvaient être les effets de la violence chez un peuple en voie de développement». Évoquant aussi, sur les suggestions du journaliste, l'étrange voyage de la famille Rose au Texas, juste après l'enlèvement de James Richard Cross, il laissait entendre que Paul Rose avait alors été «manipulé», sans doute par la CIA. Pour Ferron, il était clair que la police avait surveillé la maison de la rue Armstrong presque tout au long de la captivité de Pierre Laporte. Ce dernier, encore vivant dans le coffre de la Chevrolet, avait été achevé par un «truand» d'origine belge; sa disparition faisait du reste l'affaire du gouvernement Bourassa, en raison des liens entre le ministre du Travail et la mafia.

Hamelin et les «conspirationnistes»

Joint hier, le romancier se dit toutefois très critique quant à celles-ci. Il insiste: son ouvrage est un roman. D'autres, comme McLoughlin, auteur de Last Stop Paris (au sujet du meurtre inexpliqué d'un felquiste à Paris en 1971), ont opté pour l'essai. En fait, précise Hamelin: «McLoughlin a fait un essai qui utilise des techniques du roman. Moi, sur Octobre, j'ai fait le contraire: un roman, mais dont une partie est liée à l'histoire réelle, ou ce qu'on en connaît. Ce sont deux démarches opposées. La mienne est moins risquée.»

Cela ne rassure pas tout le monde. L'ex-felquiste Robert Comeau a confié avoir eu une rencontre orageuse avec Louis Hamelin, alors que ce dernier écrivait son roman: «Je n'ai pas aimé qu'il me dise: "Lorsque je ne sais pas ce qui est arrivé, j'invente". Je lui ai répondu que je craignais le résultat et l'effet sur l'Histoire.» Hamelin invoque bien sûr la liberté romanesque pour «inventer». N'empêche, dans les communiqués de Boréal, on cite l'écrivain Jacques Godbout parlant de ce roman comme un livre de référence: «Plus personne n'osera parler de ces événements sans se référer à la Constellation du lynx.»

«Je n'ai pas la prétention de dire la vérité, nuance Hamelin. Au fond, c'est la différence entre les conspirationnistes et moi. Eux en sont venus à penser qu'ils possèdent la vérité.» Il y a dans cette conception des choses, explique-t-il, une tendance religieuse: «Ils cherchent la Grande Explication, avec des majuscules.» Hamelin revendique plutôt la complexité: «J'ai cherché à comprendre comment un entrecroisement, une imbrication de forces sur le terrain ont abouti à la mort d'un homme.»

Les théories conspirationnistes les plus farfelues, celles qui «dérivent», ont l'inconvénient de discréditer toute tentative de mener une réflexion sérieuse sur de potentielles «manipulations politico-médiatiques», déplore Hamelin. Tout n'est toutefois pas à rejeter dans ces oeuvres. Vallières et Ferron «ont eu des intuitions qui semblent très valables». Surtout que, comme insistait Vallières dans son livre, à cette époque, il y a eu de réels complots avérés de la part du pouvoir: provocations policières, granges brûlées, coup de la Brinks.

Croire les acteurs?

«Plus on s'éloigne de l'événement, plus il y a un risque d'extrapoler et de faire des liens entre des choses qui n'ont aucun rapport réel», avertit toutefois Jean-François Duchaine. Il estime que son rapport avait infirmé, dès 1981, bien des hypothèses des théoriciens du complot, notamment celle d'une participation active de la CIA à la Crise d'octobre. Il soutient aussi que les reportages des derniers jours ne lui ont rien appris. Il garde un souvenir vif du moment où il a pu écouter pour la première fois la conversation enregistrée — illégalement — entre Jacques Rose et son avocat Robert Lemieux, que Radio-Canada citait la semaine dernière: «C'est un des seuls documents où un des felquistes explique un peu ce qui s'est passé.» Et la conversation ne contient «absolument rien» qui conforterait une quelconque théorie du complot, insiste-t-il.

Malgré cela, certains tiennent à rejeter les versions «officielles»: tant celle du pouvoir que celle des felquistes. Il faut revoir cette scène saisissante de La Liberté en colère, documentaire de Jean-Daniel Lafond (1994), où l'ex-membre de la cellule Chénier qui a séquestré Laporte, Francis Simard, affronte Pierre Vallières. Ce dernier multiplie les questions, mais comme bien des théoriciens du complot, ne semble jamais satisfait des réponses. Francis Simard est clairement irrité par ce doute affiché, qui semble servir de masque à une certitude. Dans un premier temps, il répond sur le ton de «je sais ce qui s'est passé, j'étais là!». Puis il s'impatiente: ce qu'il a écrit, dans Pour en finir avec octobre (1982), ce ne sont pas des «menteries». Mais Vallières insiste, puis soudain laisse tomber: «Ils ont voulu maquiller ce qui s'est réellement passé. Ça arrive. Le pouvoir manipule les gens de bonne volonté. Tu ne me feras pas accroire que le gouvernement fédéral ne peut pas être machiavélique. C'était ça, le but recherché: c'était de dire "l'indépendance, ça conduit à la mort". L'affaire de l'étranglement de Laporte, c'est une farce, c'est pas vrai. C'est une farce!» Dépité, Simard regarde au sol. Puis s'en va, sombre, en disant: «Fini. J'ai rien à rajouter.»

***

Avec la collaboration de Dave Noël, recherchiste du Devoir à Québec


 
 
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  • l poisson
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 01h59
    À lire: la lettre ouverte de Louis Fournier

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 06h17
    Shakespeare
    The whole world is a stage.

  • meme moi ici
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 07h23
    merci l poisson pour le lien
    on y apprend que René Lévesque y disait **le terrorisme est le symptôme vivant d'une maladie, il n'en est pas la cause». Il disait en outre: «Si nous conservons le même genre de société, nous aurons le même genre de choses. **
    il semble que nous en sommes revenus à ce genre de société et de gouvernance criminel, dont parlait ce très sage premier ministre et peut-être même pis qu'au temps de Bourrassas...

    M. Fournier fini ce texte très intéressant de la façon suivante ***
    ***Mais le combat n'est pas encore terminé. Le sera-t-il jamais un jour pour ce petit peuple francophone en quête d'un pays en Amérique du Nord?*****
    cependant, nous ne sommes pas un "petit" peuple, nous sommes un grand peuple , un peuple qui s'informe, un peuple qui réagit, voir les oppositions au gaz de schiste
    en 70, les gens avaient moins de moyens pour communiquer, pour se renseigner, mais ce peuple a bien grandit depuis, (a part quelques exceptions bien sur...)

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 07h51
    Ils sont les héritiers des Patriotes
    Nos Patriotes de 1837/38 ont aussi combattu un ennemi plus fort et ont perdu mais ils ont fait l'histoire. C'était le prix à payer. Ceux de 1837/38 ont payé encore plus chef en vies pendues et perdues, expatriés, fermes brûlées etc.

    Être brave n'est pas s'attaquer à un plus faible mais à un plus fort, sachant que les chances de gagner son point, sont très très minces.

  • meme moi ici
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 08h09
    @ M, Gilles Bousquet
    je n'avais jamais vu cela ainsi... ce lien que vous faites entre ces deux groupes traités en criminels, est des plus intéressant... les héros de notre histoire ne sont pas, nécessairement ceux qui nous ont été imposés à la petite école:)))

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 08h12
    Affaire classée
    Laporte est mort à cause d'une bavure de jeunes terroristes.
    Tout le reste, c'est de la manipulation. Manipulation qui a beaucoup plus servi les fédéralistes que les souverainistes.

    Québec

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 08h29
    La vérité pure et sans tache
    La vérité historique est un leurre. l'Histoire reste un outil, pour le présent et pour l'avenir. Il y a toutes sortes d'utilisateurs.

    Citation: “Je redoute et je hais la vérité absolue, la vérité totale et définitive, la vérité avec un grand V, qui est à la base de tous les sectarismes, de tous les fanatismes et de tous les crimes”.
    Jean Rostand

    Cela vaut autant pour les faiseurs de mythes que pour les fondamentalistes religieux.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 30 septembre 2010 09h15
    «A chacun sa vérité» (Luigi Pirandello)
    Parfaitement d'accord avec M. Saint-Cyr. Il n'y a absolument rien de «mythique» dans la crise d'octobre si ce n'est l'aventure de jeunes exaltés dont se sont servis par la suite autant les indépendantistes et fédéralistes à tout crin afin de manipuler chacun à leur façon l'opinion publique. à leur avantage.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 10h42
    Contexte
    La possibilité d'une implication directe ou indirecte de la CIA dans la crise d'octobre mérite d'être explorée car il faut se replacer dans le contexte des années 70. Au Chili la CIA était très active pour déstabiliser le gouvernement Allende et les documents d'archive démontrent clairement qu'elle a participé à la déstabilisation du pays en encourageant les grèves et, par la suite, un coup d'état qui serait éventuellement mené par le général Pinochet, le 11 septembre 1973.

    Pour en revenir au Québec et au Canada, ce qui se passait ici avait un intérêt très certain pour les États-Unis car, contrairement au Chili et à l'Amérique du sud, nous sommes en plein sur leur frontière nord et même entre leur état d'Alaska et les ÉU continentaux. Toute déstabilisation du Canada aurait eu des conséquences importantes pour les ÉU et ils avaient intérêt à l'empêcher (contrairement au Chili où ils avaient intérêt à déstabiliser le pays car il avait déjà élu un gouvernement socialiste) avant que le tout dégénère. Il serait très naïf de penser autrement.

    Reste à voir jusqu'à quel point la CIA s'est impliquée dans la crise et il serait intéressant d'examiner les archives de l'époque à la CIA car elles sont maintenant accessibles (tout comme celles sur le Chili) et cela pourrait au moins répondre à cette partie de la question. À l'époque de l'enquête de M. Duchaine ces archives étaient classées et non accessibles; donc il n'est pas surprenant qu'il n'ait pas eu d'information à ce sujet.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 10h59
    On essaye de diluer
    l'assassinat de Pierre Laporte...
    plus on explique, plus ça devient irréel, comme un roman-policier...
    Il y a une certitude: Monsieur Laporte est MORT et quelqu'un l'a tué...
    Qui est-ce? On ne le sait pas encore...

    Dans le Manifeste (la philosophie) des Felquistes
    on peut lire ceci:

    "Il pourra nous arriver d'avoir à lutter et TUER nos frères. Il ne faut pas RECULER devant un sentiment: la Patrie avant tout; l'honneur de nos frères de 1837 est à défendre. Nous n'avons pas le devoir de trahir."

    source:
    La crise d'octobre.
    Éditions du Jour 1971
    Gérard Pelletier.

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 30 septembre 2010 12h01
    À qui le crime profite
    On peut faire dire beaucoup de choses au passé mais s'il y a eu complot, la situation actuelle du Québec en est le résultat. Et comme par hasard, la situation actuelle n'est pas très reluisante. On devrait peut-être faire comme les astronomes avec la théorie du big bang. Ils remontent le temps à partir des éclats d'astre rassemblés...

  • Loraine King
    Inscrite
    jeudi 30 septembre 2010 12h39
    Manipulation
    Il faut rendre à César... Les membres du FLQ étaient experts en manipulation des média, et ils le demeurent.

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 12h49
    Mythes et Propagande vs Démocratie
    Jacques Rose a avoué que les flequistes ont paniqué et tué M.Laporte ; donc aucun complot de la pègre ou de la grc derrière ce meurtre.

    De plus le mythe comme quoi M.Trudeau est celui qui voulait la Loi des Mesures de Guerre ne tient plus...il était contre. Cependant devant les demandes signées des représentants démocratiques des québécois (M.Bourassa et M Drapeau) il a agi de façon responsable. Si le fédéral n'avait rien fait , le chaos social aurait décuplé et on aurait blâmé le fédéral d'avoir laisser la crise s'amplifier et les victimes se multiplier.


    Les arrestations arbitraires et les abus policiers furent faits par la police québécoise, pas par l'armée ou la GRC.. Mais n'oublions pas que ce sont les terroristes du FLQ qui sont les premiers responsables de la crise.


    Ce qui ressort le plus de tout cela c'est le mépris des terroristes pour les choix démocratiques de leurs concitoyens qui avaient élus MAJORITAIREMENT M.Bourassa et M. Trudeau. Pour eux les québécois étaient des caves, des inconscients manipulés ...et eux ils possédaient LA vérité et avait une mission historique qui était plus importante que la démocratie!!! TOUS les terroristes pensent ainsi.

    Un prisonnier politique est un citoyens mis en prison UNIQUEMENT à cause de ses convictions politiques. Aucune conviction politique ou religieuse ne peut légitimer un crime dans une société démocratique. Les autorités ont agi de façon responsable en ne cédant pas au chantage des terroristes pour faire libérer leurs amis criminels.


    Comme moi qui avait 20 ans à l'époque les journalistes sont tombés dans le piège de voir des Robins des Bois dans les terroristes du FLQ et ont nuit au travail des policiers..

  • BROMONTOIS
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 15h11
    VÉRITÉ , QUELLE EST-ELLE ?
    G.R.C. qui vole de la dynamite , écrit des communiqués appelant à la violence au nom du F.L.Q. , incendie une grange et (agent Samson g.r.c.) pose une bombe derrière M. Steinberg .
    Les cellules n'avaient pas de liens entre elles , aucun canal de communication entre elles , déclarations aux journaux (source inconnu) qu'il y avait une milice de séparatistes armés qui s'entraînaient dans le nord de la province .

    Je me demande si jamais nous saurons la vérité .

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 30 septembre 2010 15h23
    Un jeune Québécois des années 70
    Il était beau Bernard Lortie, son corps souple, ses traits harmonieux. Son regard est exalté, un peu fou. Il sourit en s'en allant à son procès mais il penche la tête comme en signe de soumission(à moins que ce soit pour foncer, comme un bélier?). Ce sourire était-il nerveux, un spasme? C'est un 7 janvier et il est en "queue-de-chemise", indifférent (ou insensible?) au froid. Son poing levé est volontaire, déterminé, détaché semble-t-il du reste du portrait. Il était si jeune, assez jeune pour ne pas connaître encore la peur.

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 15h31
    SI JEUNESSE SAVAIT...


    Ce qui se trouve vraiment dommage, (ici), c'est que l'on peut bien vouloir servir; la conscience politique, (qui permettrait la reconnaissance et la poursuite des efforts), fait défaut. Le PM Charest a certes écrit une lettre sublime pour défendre « sa réputation », mais il demeurera toujours inapte à la tête. Ceux d'un certain âge l'ont sûrement aperçu à son mieux, (en tant que ministre), pour l'ancien gouvernement Mulroney. Puisque les leaders de l'opposition se choisissent d'abord, (au lieu de rechercher plus coriace qu'eux); la table sera mise pour un quatrième mandat. Le peuple sait flairer, (tel qu’un bon cheval pouvant prévoir la pluie), si le sens, (associé à chacune des formations), se trouve adéquat ou pas. En présence d’aberration; (« on aura juste à taxer les riches »), il s'en remettra plus volontiers à ce qui lui semble le moins pire, «... parce que tous désirent vivre » (ARISTOTE).

    D’où provient l'immaturité? Des institutions religieuses prioritairement. Celles-ci viendront fixées le développement de l’élève en lui imposant une fausse conception, (laquelle lui nuira dans presque toutes les sphères). Pour imager, c’est comme si on lui disait d’y croire, (1) et que « le secret » de tout lui serait révélé. Mais c’est plutôt Mme Ginette Renaud qui a raison en affirmant qu’il faut du talent et travailler beaucoup, pour seulement espérer une petite chance de réussir...

    (1) Ce qui viendra rajouter de la difficulté, se trouve aussi le fait que notre base se trouve animale et que plusieurs mécanismes; (conformité au milieu, à l’histoire, corruption, partisannerie...), contribueront à la maintenir ou à nuire à son épanouissement. Freud visait particulièrement dans le mille en soumettant que l’enfant passera, (au mieux), par les mêmes étapes de développement que ses ancêtres, (et sûrement plus profond encore, selon C.G. Jung).

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant en psychologie du dévelop

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 16h07
    SI JEUNESSE SAVAIT ET SI VIELLESSE POUVAIT

    Ce qui se trouve vraiment dommage, (ici), c'est que l'on peut bien vouloir servir; la conscience politique, (qui permettrait la reconnaissance et la poursuite des efforts), fait défaut. Le PM Charest a certes écrit une lettre sublime pour défendre « sa réputation », mais il demeurera toujours inapte à la tête. Ceux d'un certain âge l'ont sûrement aperçu à son meilleur, (en tant que ministre), pour l'ancien gouvernement Mulroney. Puisque les leaders de l'opposition se choisissent d'abord, (au lieu de rechercher plus coriace); la table sera mise pour un quatrième mandat. Le peuple sait flairer, (tel qu’un bon cheval qui peut prévoir la pluie), si le sens, (associé à chacune des formations), se trouve adéquat ou pas. En présence d’aberration; (« on aura juste à taxer les riches »), il s'en remettra plus volontiers à ce qui lui semble le moins pire, «... parce que tous désirent vivre » (ARISTOTE).

    D’où provient l'immaturité? Des institutions religieuses prioritairement. Celles-ci viendront fixées le développement de l’élève en lui imposant une fausse conception, (un virus qui prendra insidieusement le contrôle de toutes ses sphères). Pour imager, c’est comme si on lui disait d’y croire, (1) et que « le secret » du tout lui serait révélé. Mais c’est plutôt Mme Ginette Renaud qui a raison en affirmant qu’il faut du talent et travailler beaucoup, pour seulement espérer une petite chance de réussir...

    (1) Ce qui viendra rajouter de la difficulté, se trouve aussi le fait que notre base se trouve animale et que plusieurs mécanismes; (conformité au milieu, à l’histoire; et au niveau social; la corruption, la partisannerie...), contribueront à la maintenir ou à nuire à son épanouissement. Freud visait particulièrement dans le mille en soumettant que l’enfant passera, (au mieux), par les mêmes étapes de développement que ses ancêtres, (et sûrement plus profond encore, selon C.G. Jung).

    Jean Rousseau,

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 16h44
    SI JEUNESSE SAVAIT ET SI VIEILESSE POUVAIT (2)

    Ce qui se trouve vraiment dommage, (ici), c'est que l'on peut bien vouloir servir, la conscience politique, (qui permettrait la reconnaissance et la poursuite des efforts), fait défaut. Le PM Charest a certes écrit une lettre sublime pour défendre « sa réputation », mais il demeurera toujours inapte à la tête. Ceux d'un certain âge l'ont sûrement aperçu à son meilleur, (en tant que ministre), pour l'ancien gouvernement Mulroney. Puisque les leaders de l'opposition se choisissent d'abord, (au lieu de rechercher plus coriace); la table sera mise pour son quatrième mandat. Le peuple sait flairer, (tel que le bon cheval; la pluie), si le sens, (associé à chacune des formations), se trouve adéquat ou pas. En présence d’aberration; (« on aura juste à taxer les riches »), il s'en remettra plus volontiers à ce qui lui semble le moins pire, «...parce que tous désirent vivre » (ARISTOTE).

    D’où provient l'immaturité? Des institutions religieuses prioritairement. Celles-ci viendront fixées le développement de l’élève en lui imposant une fausse conception, (un virus qui prendra insidieusement le contrôle de toutes ses sphères). Pour imager, c’est comme si on lui disait d’y croire, (1) et que « le secret » du tout lui serait révélé, (ou que le reste suivrait). Mais c’est Mme Ginette Reno qui a raison en affirmant qu’il faut du talent et travailler beaucoup, pour seulement espérer une petite chance de réussir...

    (1) Ce qui viendra rajouter de la difficulté, se trouve aussi le fait que notre base se trouve animale et que plusieurs mécanismes; (conformité au milieu, à l’histoire; et au niveau social; la corruption, la partisannerie...), contribueront à la maintenir ou à nuire à son épanouissement. Freud visait particulièrement dans le mille en soumettant que l’enfant passera, (au mieux), par les mêmes étapes de développement que ses ancêtres, (et sûrement plus profond encore, selon C.G. Jung).

    Jean Rousseau,

  • Lukas Lafond-Rivard
    Abonné
    jeudi 30 septembre 2010 16h49
    Théories du complot... Trouvons un autre syntagme.
    Quand on parle de complot, on passe pour paranoïaque. Et déjà presque jamais nous n'établissons de différence entre complot et conspiration. Je crois que si j'étais un libéral, terminaison niaise du possédé Friedman, je n'hésiterais pas une seconde à ne pas vanter aux médias mes manigances aux fins de contrôle de la richesse.

    Je décris la naïveté démocratique de notre peuple et sa croyance en un pouvoir prolétaire sans borne. Le Québec, riche pays d'Amérique, croit sans être apte à le prouver qu'il peut se régir de façon différente de tous les autres États qui se font presser dans la passoire néo-libérale.

    Le salut est dans le néo-conservatisme. C'est partout le même message. Ici, on nous sert la recette du libéralisme centro-dretteux. J'ai une écharde sous l'ongle.

  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 16h51
    Une mort accidentelle transfigurée en assassinat politique
    La version la plus probable, c’est que Laporte a cédé à la panique et qu’il s’est atrocement coupé aux mains lorsqu’il a brisé une vitre du petit pavillon de la rue Armstrong en tentant de s’évader, que les ravisseurs l’ont rattrapé in extrémiste, que ces derniers ont été incapables d’arrêter l’hémorragie, qu’ils ont a leur tour cédé à la panique en constatant qu’ils n’arrivaient pas à soigner convenablement les plaies aux avant-bras de Laporte, qu’ils ont consenti à libérer ce dernier et qu’ils ont donc déposé dans le coffre de la fameuse voiture un Laporte vivant quoique blessé, qu’ils sont allés garer pas très loin ladite voiture et qu’ils ont averti les autorités que Laporte était gravement blessé et qu’on devait se rendre rapidement à cet endroit précis pour le récupérer.

    De fait, les journalistes de l’époque qui ont couvert l’événement confirment qu’ils sont arrivés sur les lieux où se trouvait ladite voiture bien avant que la force constabulaire daigne s’y présenter, et qu’un certain temps s’est écoulé avant que l’on ouvre le coffre arrière.

    Sur les photos du corps de Pierre Laporte reposant dans le coffre de cette voiture, on remarque nettement les bandelettes qui lui enserrent les avant-bras.

    Laporte serait donc mort au bout de son sang, dans le coffre de la voiture. Devant le fait accompli, et parce que les autorités leur imputaient la mort de Laporte, les felquistes responsables du rapt décidèrent de récupérer l’événement en transformant une mort accidentelle en assassinat politique. Que l’on songe aux dissensions entre Francis Simard, les frères Rose et Pierre Vallière au sujet du rapport du coroner de l’époque, avec sa fameuse chaîne scapulaire

    Le hasard veut que je promène parfois mon chien dans le boisé à proximité de l’ancienne rue Armstrong (devenu la rue Bachand à la suite de la Crise d’Octobre). Compte-tenu des lieux, je me deman

  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 17h06
    Le bois de Longueuil
    Il est amusant de constater que le bois de Longueuil –qui était vaste à l’époque- séparait le lieu de séquestration de Laporte d’avec la résidence du docteur Jacques Ferron sur la rue Bellerive.

    Le docteur Ferron était un indépendantiste notoire bien connu de certains felquistes. À l’époque, le bois de Longueuil courait jusque dans la cour du docteur Ferron, tant et si bien qu’il aurait pu, en passant à travers bois sans se faire remarquer, aller soigner un Pierre Laporte blessé, parce que la rue Armstrong* jouxtait ce même boisé-là.

    * devenue la rue Bachand, à la suite de la Crise d’Octobre.

  • Micheline Gagnon
    Abonnée
    jeudi 30 septembre 2010 19h10
    Je me souviens...
    Je me souviens avoir travaillé avec un jeune homme qui avait fait partie des soldats «débarqués» à Montréal en octobre 1970. Il me racontait que cela faisait 3 mois qu'ils se préparaient ;a un tel événement. Bien sûr, personne ne leur avait avoué ce fait, mais lorsqu'il est «arrivé en ville» il a tout de suite pensé qu'il y avait un lien entre les exercices préparatoires et les événements.

  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 30 septembre 2010 20h11
    Redite, mais avec la partie tronquée
    Le hasard veut que je promène parfois mon chien dans le boisé à proximité de l’ancienne rue Armstrong (devenue la rue Bachand à la suite de la Crise d’Octobre).

    Compte-tenu des lieux, je me demande bien comment Laporte n’a pas bruyamment manifesté sa présence dans le voisinage à un moment ou à un autre, tant sont collés les uns aux autres ces modestes pavillons de banlieue.

  • Alexandre Dionne
    Abonné
    vendredi 1 octobre 2010 00h34
    @ Gilles Bousquet : un amalgame pour le moins discutable des FeLQuistes et des Patriotes !
    Je tiens à marquer un tout autre point de vue que le vôtre, en fait radicalement différent.

    La première différence entre la Rébellion du Parti et du mouvement paramilitaire patriotes d'une part et le mouvement terroriste felquiste de l'autre est sans nul doute possible la différence d'importance entre la légitimité populaire des premiers et celle des seconds : même devenus illégaux par les soins des autorités britanniques en place, les Patriotes avaient pour eux l'argument de la légitimité représentative avec eux. Les FeLQuistes, eux, n'avaient rien de tel, mais succombèrent, même si cela s'explique j'en conviens, au raccourci méprisant la lutte parlementaire et le consensus québécois derrière le respect des institutions constituées par l'histoire. Malgré des passerelles ou des sympathies idéocratiques, les Rinistes et les Péquistes n'ont pas succombé au « dernier argument des rois », la guerre !

    Le rappel du détail des circonstances connues ou extrapolées de l'enlèvement, de la découverte du corps, de la mort et des faits derrière les allégations d'assassinat de l'otage ministériel Laporte souffrira toujours de lacunes qui font opcacité. Le fait demeure que le premier complot est celui ayant conspiré l'enlèvement et le rapport de terreur propre à sous-tirer des gains politiques aux dirigeants de la part du FLQ. Certes. des fabrications destinées à manipuler le milieu gravitant autour du felquisme ont eu lieu, au déshoneur de la GRC et de leur patron, Pierre Elliott Trudeau. Néanmoins, Louis Fournier, qui rappelle le mot tout en nuances de René Lévesque, et combien d'autres conviennent de l'indubitable immoralité ou illégitimité politique du terrorisme felquiste.

  • Alexandre Dionne
    Abonné
    vendredi 1 octobre 2010 07h57
    Ajout à mon texte.
    Sous le texte paru dans Le Devoir du documentariste Gendron à propos des hypothèses hardies de Louis Hamelin, j'ai émis une longue distinction à faire, en deux colonnes, entre les conspirations imaginaires et les conspirations lucides.

    Pour me résumer, l'on peut notamment poser deux hypothèses après le travail salutaire du documentariste de Radio-Canada, à savoir :

    1) qu'il est possible de penser que l'escouade de M. Julien Giguère ait pu interférer à l'encontre de la réception du communiqué de la dernière chance de la part de la cellule Libération à la cellule Chénier pour déconseiller la menace de suppression et la suppression du ministre Laporte (et alors que c'est la cellule de Lanctôt qui, rapporte le documentaire, aurait détenu l'autorité morale de l'action à entreprendre) ;

    2) le fait de l'allégation justificative de l'intervention de la Loi des mesures martiales qui devient, dans le documentaire, la très probable science fiction de l'appréhension d'une insurrection felquiste d'envergure et, surtout, d'un coup contre l'État québécois par le groupe des Seize (!), qui ligue donc Drapeau-Saulnier-Bourassa-Trudeau-Lalonde et le Toronto Star contre Le Devoir et Ryan-Lévesque-Parizeau-Rocher et autres leaders politico-civils du Québec, donne plutôt à penser que cet instrument préventif servait plutôt selon toute vraisemblance l'intention d'atteindre la légitimité du nationalisme québécois et du PQ !

    Il faut distinguer ces actes potentiels que la suite très douteuse des agissements des autorités après la Crise d'Octobre permet de supposer raisonnablement (la seule mention du vol de listes des membres du PQ suffirait à le supposer !) d'hypothèses trop hardies.

  • Louis Horvath
    Inscrit
    vendredi 1 octobre 2010 16h02
    Socrate n'aurait pas fait la gaffe ...
    À défaut d'une réflexion profonde sur la question (qui s'en vient), je reste convaincu que le vrai Socrate n'aurait pas été si cave qu'à citer en anglais sur le site d'un journal français et EN PLUS sur un sujet qui traite de la survie de la langue française en Amérique.
    Et puis la question qui tue - Shakespeare n'a-t-il pas été traduit en français?

    Trouvé en 15 secondes :
    http://www.dico-citations.com/le-monde-entier-est-

  • Raymonde Chouinard
    Inscrit
    dimanche 3 octobre 2010 11h07
    Pierre Laporte...
    Compte-tenu des lieux, je me demande bien comment Laporte n’a pas bruyamment manifesté sa présence dans le voisinage à un moment ou à un autre, tant sont collés les uns aux autres ces modestes pavillons de banlieue. (Michel Chayer)
    -----------------------------------------

    Il était attaché et baillonné; difficile dans ces conditions d'ameuter les voisins....essayez donc ça vous-même juste pour voir!,.

    Il a bien essayé, une fois, de se lancer à travers la vitre mais, mal lui en a pris, car il s'est blessé et ses bourreaux l'ont achevé....!

  • Raymond Labelle
    Abonné
    mardi 5 octobre 2010 20h50
    Des réserves sur le scoop de Radio-Canada
    L'émission de la SRC "Tout le monde en parlait" aurait sorti un grand scoop: Pierre Laporte serait mort étranglé dans un moment de panique alors qu’on voulait seulement l’évacuer, car Pierre Laporte aurait hurlé en se faisant installer dans le coffre – pendant que Paul Rose était à Montréal. Tout ce scoop de la SRC repose sur l'enregistrement illégal d’une conversation entre Jacques Rose et Robert Lemieux (son avocat) en janvier 1971, en prison.

    Est-ce parce qu’il parle à Robert Lemieux et qu’il est enregistré à son insu que Jacques Rose dit la vérité? Pourquoi Paul Rose serait-il allé à Montréal? Comment s’est-il rendu? Les autres n’ont pas attendu son retour pour procéder à l’évacuation? Pourquoi?

    Me semble que si on est felquiste en octobre 70 et qu’on est pas à Montréal, on s’arrange pour ne pas y aller sous la Loi sur les mesures de guerre (ils étaient à Saint-Hubert).

    Dans cette conversation, Jacques Rose voulait peut-être protéger son frère en parlant de son absence – convaincre son avocat d’un homicide involontaire pour réduire la peine des membres allégués présents de la cellule et rendre l’avocat plus convaincant. Quoiqu’il en soit, je ne prends pas pour acquis que Jacques Rose disait la vérité à Robert Lemieux et il me semble que la SRC pourrait émettre des réserves sur cette version (involontaire) de Jacques Rose. D’ailleurs, Jacques Rose a manifesté son accord avec la version des autres membres de la cellule, étant cité comme collaborateur au livre de Francis Simard : « Pour en finir avec octobre ».

    Il aurait été intéressant que la SRC confronte les membres de la cellule Chénier avec cette version de Jacques Rose, en ajoutant les questions ci-haut mentionnées. Mais d’autres journalistes peuvent le faire. Bien sûr, la difficulté est peut-être d’obtenir le consentement des interviewés.

    Raymond Labelle.

    PS: Le passage ici évoqué de l'émission est au

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