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Lettre - Montréal: niveler par le silence

Ghislain Poirier (Poirier - DJ-producteur) — Montréal, le 1er septembre 2010  7 septembre 2010 
Monsieur Gérald Tremblay, maire de Montréal
Monsieur Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal
Monsieur Stéphane Bélanger, responsable du projet NOISE

Le temps d'un week-end, je suis allé jouer à Londres au Notting Hill Carnival — une gigantesque fête de quartier qui attire près d'un million de personnes en deux jours avec des défilés et des dizaines de haut-parleurs qui diffusent de la musique à haut volume dans les rues —, et quand je suis revenu à Montréal, j'ai découvert que le projet NOISE venait de prendre vie. Le jour et la nuit.

De quoi en retourne-t-il? C'est simple. Limpide. «Depuis la semaine dernière, un établissement qui laisse entendre de la musique hors de ses murs s'expose à des amendes allant de 1000 $ à 12 000 $: c'est dix fois plus que le tarif qui s'appliquait jusque-là aux personnes morales comme aux particuliers.»

Et pour encore mieux comprendre le contexte: «Le nouveau règlement contre le bruit a été adopté au milieu de l'été. La police du quartier (le PDQ 38), avec son projet NOISE, veillera à son application. L'augmentation des amendes pour les bars, restaurants et commerces fautifs est la mesure la plus sévère.»

Comme mesures, on a rarement vu plus répressif. Vous êtes carrément en train de tuer le poumon musical de Montréal. Vous devez en être très fier.

Je ne souhaite pas déménager hors de Montréal, comme plusieurs de mes collègues musiciens-DJ l'ont fait (oui, l'exil artistique existe...), mais force est d'admettre que vous semblez m'y pousser.

Est-ce avec de telles mesures et amendes que vous comptez faire de Montréal une métropole culturelle?

 
 
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  • Paul Gagnon - Inscrit
    7 septembre 2010 07 h 48
    Au revoir
    Il y en a qui devrait se faire soigner les oreilles car les lecteurs MP3 les rendent sourds. Ils se rendraient peut-être que la portion bruit d'usine est plus grande que la musique proprement dite dans ce qu'ils nous font endurer.
    Si c'est cela la culture alors je vous souhaite un bon voyage. Londres c’est bien, dit-on.
    J’ai une toute petite arme à l’œil en songeant au vide de nos misérables existences après le départ de tous ces grands z’artistes.
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  • Pierre Samuel - Abonné
    7 septembre 2010 09 h 49
    La dictature irréfutable de l'égocentrisme...
    En quoi est-ce répressif de conscientiser ceux qui imposent à autrui leur manque de savoir-vivre?

    Il est plus que temps que les égos surdimensionnés de ceux qui se croient seuls au monde soient ramenés à de plus justes proportions.

    «La liberté de quelqu'un s'arrête où celle d'autrui commence», dit l'adage. Pas évident, même dans nos sociétés dites civilisées... malheureusement pour ces adeptes de plus en plus nombreux de ce tintamarre généralisé qui tient lieu de seule et unique manière de vivre...
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  • Mario Plourde - Inscrit
    7 septembre 2010 11 h 39
    Un règlement mal fait et injuste
    La définition de ce qu'est une nuisance varie d'une personne à l'autre. On ne peut invoquer l'idée d'une personne rationnelle moyenne pour le qualifier. Or faute d'une mesure claire en décibel, c'est exactement l'erreur qu'induit le règlement. Dans la métropole culturelle du Québec, la deuxième du Canada, règne maintenant l'arbitraire. Le goût personnel d'un fonctionnaire anonyme va maintenant violer le respect dû à certaines parties hétérogènes de notre communauté, déchirant au passage le tissu social.

    S'il y avait un principe d'égalité avec l'épée Damoclèse que l'administration Tremblay impose, ça serait toute forme de bruit dépassant un seuil mesurable qui serait systématiquement suivie d'une amande de 12 000$ : à savoir les voitures à chaque infraction, tous les jours.

    Le nombre de véhicules qui ne sont pas encore électriques est ahurissant. Imposer des exigences de qualités maximales pour toute forme de bruit serait cohérent avec la rationalité employée par l'administration Tremblay. Après tout, on ne peut vivre dans un régime de deux poids deux mesures, surtout lorsqu'il est question d'espace public.
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  • - Abonné
    7 septembre 2010 12 h 01
    Être vieux, c'est dans la tête
    Les commentaires me précédant le prouve. Le tintamarre que vous évoquez tous les deux se situe dans le centre-ville de Montréal et sur le Plateau. Deux endroits reconnus pour être animés à l'année. Si l'on pousse votre raisonnement jusqu'au bout, pourquoi ne pas émettre d'amendes au Festival de Jazz, Francofolies et autres festivaux? Ils sont, après tout, générateurs d'énormément de bruits. Ne pas aimer ce que Mr Poirier fait est une chose. Vouloir le silence en ville, c'est utopique. Mieux vaut aller s'établir en campagne.

    Un des attraits à l'étranger de Montréal est justement sa scène culturelle très active. Des projets comme ceux-là ne sont mis en place que pour satisfaire des personnes qui devraient habiter à un autre endroit, mais qui préfère imposer leur opinion. Le syndrome "pas dans ma cour" existe même à Montréal...
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    7 septembre 2010 12 h 09
    Faisons comme la France : un loi contre le trop haut niveau de dB
    Enfin une loi qui protège contre la pollution sonore ! Il est temps que le Québec se réveille et prenne conscience des dommages physiques et mentaux que font les spectacles excessivement forts. La surdité et le stress qu'ils infligent sont loin d'être négligeables (un numéro de Québec Science a traité du sujet).

    Je me rappelle que j'allais souvent dans des concerts rocks et techno en France, où une loi empêche la musique de dépasser 105 dB. À ce que je sache, Paris n'est pas devenu un désert culturel pour autant !

    Quand je suis revenu à Montréal, j'ai arrêté d'aller à ces concerts, non seulement parce que la musique était trop forte, mais parce qu'elle était mal équilibrée. Les fréquences aigües étaient toujours trop fortes, sûrement parce que l'ingénieur du son était lui-même devenu sourd !

    Une limite de dB À L'INTÉRIEUR des murs des bars serait encore mieux à la fois pour le voisinage et pour les gens à l'intérieur. Le monde est écoeuré de crier comme des malades et d'avoir mal aux oreilles pendant des heures.

    Et il est vraiment le temps que Ghislain Poirier consulte un audiologiste !
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  • Sebastian Hell - Inscrit
    7 septembre 2010 20 h 08
    Faut vraiment clarifier la question des décibels...
    Avant d'émettre des commentaires, faudrait que les gens s'informent sur la situation...

    Il n'est pas question ici de niveaux sonores à faire trembler le Stade Olympique... le 26 août dernier, j'ai été mandaté pour engager des musiciens pour jouer au Parc Des Amériques lors de la vente trottoir de la rue St-Laurent, évènement annuel dont la Ville se vante année après année.

    J'ai reçu une amende de 528$ pour un show acoustique qui s'est terminé à 21h20 - on s'entend, une heure somme toute raisonnable. Et un show acoustique: une guitare en bois même pas branchée. Tout juste un micro pour la voix du chanteur, le volume ''à 1'' pour se faire entendre à 30 pieds à la ronde, à peine assez pour se rendre aux trois-quarts de ce minuscule parc.

    Quand j'ai mentionné à l'agent qu'il faisait probablement un excès de zèle et que j'enregistrais le spectacle avec ma caméra numérique, qu'un juge me donnerait probablement raison en cour, tout ce qu'il a trouvé à me dire est qu'en tant que nouvelle escouade, il se devait de montrer à son patron qu'il ''faisait sa job'' et que, dans le pire des cas, si je faisais appel, je gagnerais ma cause et lui serait payé et aurait un après-midi de congé pour aller en cour. Ça part bien, l'escouade 'noise'...
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